1.7. Effectifs de retraités

1.7.1 Effectifs de retraités de l'ensemble des régimes

Une hausse modérée mais continue de l’effectif total de retraités

Le nombre global de retraités de droit direct de l’ensemble des régimes obligatoires de sécurité sociale atteint 16,7 millions en 2019, dont 8,0 millions d’hommes et 8,8 millions de femmes (cf. graphique 1). Il est en hausse de 1,8 % par rapport à 2018. Cette croissance, inférieure à celle observée sur la période 2006-2010 (2,6 % par an en moyenne), s’inscrit dans la tendance des dernières années. Le recul progressif de l’âge légal de départ à la retraite à partir de 2011 permet d’expliquer ce ralentissement.

Bien qu’elles aient moins participé au marché du travail que les hommes, les femmes représentent un peu plus de la moitié (52 %) des bénéficiaires de droit direct en raison d’une espérance de vie plus longue. L’effectif des femmes à la retraite s’accroît, en outre, plus rapidement du fait de la progression de leurs taux d’activité au fil des générations : il a augmenté de 2,1 % entre 2018 et 2019, tandis que celui des hommes n’a crû que de 1,8 %.

Un nombre de nouveaux retraités en baisse en 2019, après deux années consécutives de hausse

En 2019, 720 000 personnes, dont 52 % de femmes et 48 % d’hommes, ont liquidé une première pension de droit direct. Entre 2004 et 2019, la part des femmes parmi l’en¬semble des retraités de droit direct a augmenté de 1,6 point passant de 50,8 % à 52,4 %.
Avec l’arrivée à l’âge de 60 ans des générations du baby-boom, le flux des nouveaux retraités a progressé à partir de 2006, mais plusieurs réformes l’ont affecté de manière variée à partir de 2009. D’une part, le durcissement des conditions d’accès aux départs anticipés pour carrière longue a conduit à réduire le nombre de primo-liquidants de 12,3 % en 2009 (conséquence du relèvement de la durée d’assurance prévu par la loi de 2003). D’autre part, le recul de l’âge minimal légal a contribué à une forte baisse en 2011 et en 2012, puis s’est traduit par une forte hausse en 2013, davantage de personnes atteignant l’âge légal d’ouverture des droits que lors des deux années précédentes. Par ailleurs, la fermeture progressive, à partir du 1er janvier 2012, du dispositif de départ anticipé pour les fonctionnaires parents d’au moins 3 enfants a fortement participé à réduire les effectifs liquidant leur pension en 2012, mais avait, à l’inverse, contribué à un accroissement du nombre de liquidations en 2011, du fait d’un comportement d’anticipation par les personnes concernées. La baisse en 2014 et 2015 s’explique par le décalage progressif de l’âge d’ouverture des droits à la retraite et de l’âge d’annulation de la décote instaurés par la réforme de 2010. L’augmentation de l’âge légal d’ouverture des droits a un effet jusqu’en 2017. Les effets de l’âge d’annulation de la décote se produisent de 2016 à 2022. L’assouplissement des départs anticipés pour carrières longues mis en place le 1er novembre 2012 a contribué à une hausse du nombre de nouveaux retraités en 2012 et en 2013. À partir de 2014, les départs à la retraite diminuent, notamment à 62 ans (-12 points entre 2013 et 2017). La baisse des taux de retraités entre 62 ans et 65 ans pourrait être liée à la modification des règles du cumul emploi-retraite consécutive à la réforme des retraites de 2014. Le nombre de nouveaux retraités a diminué de 3,8 % en 2019 alors qu’il progressait depuis 2017 (+9,8 % en 2017 et +5,9 % en 2018). Cette dernière année, autant de personnes atteignent l’âge légal d’ouverture des droits mais un peu moins de personnes atteignent l’âge légal d’annulation de la décote par rapport à l’année précédente.

Une hausse du nombre de pensions versées

Le nombre de retraités diffère du nombre de pensions versées par l’ensemble des régimes de retraite. En effet, un même individu peut recevoir des pensions de plusieurs régimes : un assuré peut percevoir une pension de base et une pension d’un régime complémentaire mais il peut également avoir été affilié à plusieurs régimes de base au cours de sa vie active et percevoir ainsi plusieurs pensions de base. Il s’agit, dans ce dernier cas, d’un retraité « polypensionné ». En 2019, le nombre de pensions versées par les régimes de retraite de base et complémentaires s’est élevé à 38,9 millions, en baisse de 5,1 % par rapport à 2018. Les retraités perçoivent en moyenne 1,4 pension au titre d’un avantage de base et 2,3 pensions si on inclut également les pensions complémentaires.

Près d’un tiers de polypensionnés parmi les retraités de droit direct

Fin 2019, 31 % des retraités de droit direct sont dits polypensionnés, car ils bénéficient de pensions de retraite versées par au moins deux régimes de base (cf. graphique 2). La part de polypensionnés est plus élevée chez les hommes (37,5 % en 2019, contre 26,7 % chez les femmes) car ils ont généralement une carrière plus longue et donc une plus forte probabilité de changer de régime. En outre, davantage d’hommes exercent des métiers de travailleurs indépendants. Or, la majorité des personnes affiliées à la Sécurité sociale des indépendants a également cotisé à d’autres régimes de base (le plus souvent au régime général) au cours de sa carrière.

La liquidation unique des régimes alignés (Cnav, MSA, SSI) instaurée en juillet 2017

Depuis le 1er juillet 2017, la Cnav, la MSA salariés et la SSI (géré depuis le 1er janvier 2018 par la Cnav) procèdent à la liquidation unique des régimes alignés (Lura). Ainsi, lors de leur départ à la retraite, la pension des polyaffiliés de ces régimes n’est calculée et versée que par un seul de ces régimes. Les personnes concernées sont donc les personnes affiliées à au moins deux des trois régimes Cnav, MSA salariés et SSI. En 2019, 25 % des pensions versées par la Cnav le sont dans le cadre de la Lura. C’est également le cas de 72 % des pensions versées par la MSA Salariés et de 79 % pour de celles versées pat la SSI (cf. graphique 3). La part des pensions versées dans le cadre de la Lura progresse : entre 2018 et 2019. Les femmes sont en proportion moins nombreuses que les hommes parmi les nouvelles pensions liquidées dans le cadre de la Lura à la CNAV (respectivement 20 % contre 30 %, soit un écart de 10 points) et à la SSI (77 % contre 80 %).

Graphique 1 ● Nombre de retraités de droit direct dans l’ensemble des régimes (base et complémentaire)

Re.1.7.1_G1.jpg

Sources : EACR, EIR, modèle ANCETRE de la Drees. 
Champ : Retraités titulaires d’un droit direct dans un régime de retraite de base ou complémentaire, résidant en France ou à l’étranger, vivants au 31 décembre de l’année n. Le « stock » se compose des retraités titulaires d’un droit direct dans un régime de retraite de base ou complémentaire au cours de l’année n, vivants au 31 décembre de l’année n. Le « flux » est constitué des retraités titulaires d’un droit direct dans un régime de retraite de base ou complémentaire ayant liquidé un droit à retraite pour la première fois au cours de l’année n.

Graphique 2 ● Proportion de retraités de droit direct d'un régime de base polypensionnés

Re.1.7.1_G2.jpg

Sources : EACR, EIR, modèle ANCETRE de la Drees.
Champ : retraités titulaires d’un droit direct dans un régime de retraite de base, résidant en France ou à l’étranger, vivants au 31 décembre de l’année n. Le terme « polypensionnés » désigne les retraités titulaires d’un droit direct dans plusieurs régimes de retraite de base au cours de l’année n.

Graphique 3 ● Part des nouvelles pensions de droit direct versées en 2019 au titre de la liquidation unique des régimes alignés (Lura)

Re.1.7.1_G3.jpg

Note de lecture : Parmi les nouvelles pensions liquidées en 2019 à la CNAV, à la MSA salariés et à la SSI*, 31 % ont été versées au titre de la Lura.
Source : DREES, EACR, 2019.
Champ : Retraités titulaires d’un droit direct à la Cnav, à la MSA salariés ou à la SSI*, résidant en France ou à l’étranger, vivants au 31 décembre de l’année n.
*Depuis le 1er janvier 2018, la protection sociale des travailleurs indépendants, jusqu’ici gérée par le RSI, est confiée au régime général de la Sécurité sociale et s’appelle SSI (sécurité sociales des indépendants). La part des femmes ayant effectué une carrière complète (et, parallèlement, la proportion de femmes polypensionnées) augmente globalement au fil des années.

Définition :
Par retraités de droit direct, on entend l’ensemble des assurés bénéficiant d’un droit propre à une prestation vieillesse versé en rente. Dès lors, sont exclues les personnes bénéficiant exclusivement d’une prestation au titre d’un droit dérivé (pensions de réversion, pensions vieillesse de veufs ou veuves), percevant une prestation de droit direct non contributive au titre du minimum vieillesse (allocation aux vieux travailleurs salariés - AVTS -, …), ou ayant perçu un versement forfaitaire unique (VFU).

Construction de l’indicateur : 
Le modèle ANCETRE (Actualisation annuelle par Calage pour l’Estimation Tous Régimes des Effectifs de retraités) permet d’estimer tous les ans les principales grandeurs tous régimes (effectifs de retraités, montant des pensions, nouveaux retraités, ...).
L’enquête annuelle auprès des caisses de retraite (EACR) repose sur des données administratives fournies par les caisses de retraite. Portant sur la situation en fin d’année de quinze régimes de base et cinq régimes complémentaires en 2018, cette enquête couvre la quasi-totalité du champ des retraités. Les données relatives à l’année n sont disponibles en fin d’année n+1.
L’échantillon interrégimes de retraités (EIR) est également construit à partir des données administratives des caisses de retraite, mais celles-ci sont regroupées par individu. L’EIR permet notamment, contrairement à l’EACR, d’avoir des informations sur les polypensionnés et donc d’estimer le nombre de retraités. Cette base concerne les retraités nés et résidant en France ou à l’étranger.
Le modèle ANCETRE a été conçu pour rapprocher au mieux les données de l’EIR et celles de l’EACR. Il actualise la dernière version disponible de l’EIR en faisant vieillir les retraités déjà présents et en ajoutant de nouveaux retraités. La montée en charge de certains dispositifs comme le recul de l’âge légal est notamment simulée. Les évolutions des effectifs et des pensions des principales caisses de retraite fournies par l’EACR et les évolutions démographiques fournies par l’Insee sont également prises en compte.
Les évolutions entre 2008 et 2011, entre 2012 et 2015, ainsi qu’entre 2016-2019 sont à prendre avec précaution, les données 2008-2011 étant estimées à partir de l'EIR 2008, les données 2012-2015 étant estimées à partir de l'EIR 2012 et les données 2016-2019 à partir des résultats de l’EIR 2016.
Les données relatives à l'année 2018 estimées à partir du modèle ANCETRE ont été révisées : elles sont à présent calculées à partir de l'EIR 2016. Cette révision peut induire une rupture de série entre les valeurs en 2016 et en 2017.
Pour plus d’informations, se reporter au Panorama Drees « Les retraités et les retraites » - édition 2021.
 

Organisme responsable de la production de l’indicateur : DSS

Téléchargements complémentaires