Les principaux dispositifs de soutien aux revenus des retraités
Afin de garantir un niveau de vie satisfaisant aux retraités, il existe au sein du système de retraite des mécanismes de solidarité entre et au sein de chaque génération. Ainsi, la plupart des régimes de base ont mis un place un minimum de pension, qui relève cette dernière lorsqu’elle est inférieure à un seuil, variable selon la durée d’assurance du retraité.
Il s’agit d’un dispositif de solidarité, le montant de minimum de pension reçu n’ayant pas de lien direct avec le montant des cotisations versées, mais qui a un caractère contributif, le bénéfice du minimum et son montant dépendant généralement de la durée d’assurance dans le régime. Les minima de pension se distinguent de ce point de vue du minimum vieillesse (allocation de solidarité aux personnes âgées ou Aspa), dont le versement est indépendant de la durée d’assurance, et dont le financement est assuré par le Fonds de solidarité vieillesse (cf. indicateur 1.13).
L’éligibilité aux minima dépend, quel que soit le régime, de l’obtention du taux plein (au titre de la durée d’assurance, de l’âge, ou d’un autre motif, comme l’inaptitude) et d’une condition de subsidiarité : l’assuré doit avoir liquidé l’ensemble de ses pensions. En effet, des seuils d’écrêtement visent à éviter que des assurés ayant une pension globale élevée soient éligibles à un minimum dans un régime où leur pension est faible.
Le minimum de pension dépend du régime de l’assuré (cf. tableau 1). Créé en 1983, le minimum contributif (Mico) concerne les assurés du régime général (anciens salariés et travailleurs indépendants) et les salariés agricoles. Il est au plus de 747,69 € au 1er janvier 2025 pour les assurés disposant de la durée d’assurance requise (DAR) pour leur génération. Si ce n’est pas le cas, ce montant est proratisé, c’est à dire réduit proportionnellement aux trimestres manquants. Le barème est, par ailleurs, majoré de 145,96 € (également proratisés) pour les assurés ayant cotisé au moins 120 trimestres. Si le montant de l’ensemble des pensions, après minimum, dépasse le plafond d’écrêtement (1 394,96 € depuis le 1er novembre 2024), le montant du Mico est réduit en conséquence. A la suite de la réforme de 2023, le barème du Mico a été revalorisé de 25 € au 1er septembre 2023, et majoré de 75 € supplémentaires pour une carrière de plus de 120 trimestres cotisés (ces montants sont toujours réduits pour des carrières incomplètes ou non entièrement cotisées). Cette revalorisation correspond à une hausse totale des barèmes de 100 €. Par ailleurs, les barèmes du Mico et de son montant majoré sont désormais indexés sur le Smic, et non plus sur l’inflation comme c’était le cas auparavant.
La situation des exploitants agricoles est spécifique car ils peuvent bénéficier de deux minima : la pension minimale de référence (PMR), qui complète la pension de base, et le complément différentiel de retraite complémentaire obligatoire (CD-RCO), majorant la retraite complémentaire. Seule la première est ouverte aux conjoints collaborateurs et aux aidants familiaux, pour un montant de 893,65 € en janvier 2025. La cible du CD-RCO est égale à 85% du Smic agricole net (1 200,26 € en janvier 2025). Pour y prétendre, il faut justifier du taux plein au titre de la durée d’assurance (ou de l’âge en Outre-mer). Depuis septembre 2023, seule la condition d’une liquidation à taux plein persiste, et ce quel qu’en soit le motif.
Les revalorisations liées à la réforme de 2023 ont également concerné les personnes déjà retraitées. Ces dernières (quand leur pension ne dépassait pas un certain seuil) se sont vu attribuer un montant de 100 € proratisés selon des modalités similaires à celles de la majoration du Mico. L’étude d’impact de la réforme a prévu 1,8 million de retraités bénéficiaires de cette revalorisation.
A fin 2024, 1,3 million de retraités du régime général (anciens travailleurs salariés et indépendants) sont concernés par cette revalorisation exceptionnelle (cf. Encadré)
Le minimum garanti (Miga) est le minimum des fonctionnaires et de la plupart des assurés des régimes spéciaux (cf. encadré 4). Son montant, de 1 354,16 € en 2025, est plus élevé que le Mico ou la PMR, car les régimes concernés sont des régimes intégrés : les assurés ne perçoivent pas de retraite complémentaire (cf. fiche 1.1). A l’inverse, la retraite à l’Agirc-Arrco s’ajoute à la pension de base (y compris Mico) pour les salariés du privé. Contrairement aux autres minima, le montant du Miga n’est pas strictement proportionnel à la durée de service. Quand l’assuré a entre 15 et 40 années de service, le montant est déterminé par une formule qui lui est plus favorable, et partir de 40 années de service, le Miga est servi intégralement, même s’il manque quelques trimestres à l’assuré pour atteindre la DAR.
Selon les régimes, lors du décès d’un assuré bénéficiaire d’un minimum de pension, celui-ci peut ou non être inclus dans le calcul de la pension de réversion versée au conjoint survivant.
Certains assurés, poly-pensionnés, sont éligibles à plusieurs minima de pensions. Dans ce cas, c’est le minimum dont le plafond d’écrêtement est le plus élevé qui est calculé en premier (souvent le Mico). La PMR est cependant calculée avant le CD-RCO. Une fois le calcul des autres minima effectué, le Mico est à nouveau écrêté si le nouveau montant des pensions dépasse le plafond d’écrêtement.
Tableau 1 ● Paramètres législatifs au 1er janvier 2025

Source : DSS
Le Mico, servi par le régime général ou la MSA (salariés), est de loin le minimum le plus versé. En 2023, environ 5,6 millions d’assurés en étaient bénéficiaires. Cela représente environ un assuré sur trois au RG, et plus d’un sur deux à la MSA. En revanche, les montants moyens sont plus importants au régime général qu’à la MSA.
Le Miga est versé à près de 500 000 retraités de la fonction publique territoriale ou hospitalière (CNRACL), et 158 000 retraités de la fonction publique d’Etat (SRE). Les montant moyens perçus sont supérieurs à ceux versés par les autres régimes. Cela peut notamment s’expliquer par une part importante de très courtes carrières au régime général, ce qui n’est pas le cas dans les régimes de la fonction publique. Les faibles montants perçus par les salariés agricoles et les agriculteurs exploitants s’expliquent eux aussi par des carrières plus souvent incomplètes au sein du régime (mais potentiellement complètes en considérant l’ensemble des régimes). Néanmoins, les montants perçus s’améliorent avec les années grâce aux revalorisations de ces minimas. En effet, depuis 2021, le CD-RCO permet d’atteindre 85% du SMIC net agricole (au lieu de 75%), accroissant le montant moyen perçu de 23 € par mois pour les nouveaux bénéficiaires de 2022 par rapport à ceux de 2021. De même, l’amélioration de la PMR en 2022 a fait progresser le montant moyen perçu par les nouveaux bénéficiaires de 17 € par mois.
Enfin, un même assuré peut percevoir plusieurs minima de pension. C’est le cas des agriculteurs exploitants, qui peuvent percevoir la PMR et le CD-RCO, mais aussi des assurés poly-pensionnés. Il n’est par conséquent pas possible d’additionner les effectifs du tableau 2 pour obtenir un effectif tous régimes. La Drees, à partir des données de l’échantillon interrégimes de retraités 2020, estime que 37 % des retraités de droit direct bénéficiaient cette année-là d’un minimum de pension, soit 5,8 millions de retraités.
Tableau 2 ● Effectifs et montants de minima perçus par les bénéficiaires en 2023

Note : Les données SRE sont celles au 1er janvier 2024. Le montant moyen au RG correspond à celui du flux 2023.
Champ : Ensemble des bénéficiaires de droit direct. Au régime général, sont comptabilisés les retraités anciens travailleurs salariés et indépendants.
Sources : Cnav - Stock SNSP TS-TI en paiement au 31/12/2023, MSA, SRE, CNRACL.
Depuis la création des différents dispositifs, les effectifs de nouveaux bénéficiaires ont beaucoup évolué (cf. tableau 3), en lien avec les changements portés aux dispositifs (cf. précisions méthodologiques).
Au régime général, le nombre de bénéficiaires a fortement baissé en 2012, en lien avec l’introduction de l’écrêtement tous régimes. Auparavant, des assurés ayant une faible pension au RG et une pension élevée dans un autre régime percevaient le Mico, ce qui n’est désormais plus le cas. L’introduction de cette règle a par ailleurs engendré une hausse des délais de gestion (cf. infra). Par conséquent, les effectifs de nouveaux bénéficiaires sont sous-estimés sur les flux récents, et sont appelés à être révisés. A titre d’exemple, au régime général en mars 2021, le Mico n’avait pu être calculé que pour 10 % des nouveaux bénéficiaires 2020, et 80 % des nouveaux bénéficiaires 2016.
En 2023, l’effectif des nouveaux bénéficiaires du Mico au RG s’établit donc provisoirement à 95 900 assurés. A la MSA, en 2023, sont recensés 12 600 bénéficiaires du Mico, 5 900 bénéficiaires de la PMR, et 5 100 bénéficiaires du CD-RCO. Dans la fonction publique, l’essentiel des nouveaux bénéficiaires sont des retraités de la FPH et de la FPT. En 2023, on compte ainsi plus de 17 800 nouveaux bénéficiaires du Miga à la CNRACL, contre 2 400 au SRE. Un nouveau retraité de la CNRACL sur quatre est bénéficiaire du Miga, contre seulement 4 % des nouveaux retraités du SRE (cf. tableau 4). Entre 2022 et 2023, le nombre de nouveaux bénéficiaires de ces minima a diminué, hormis parmi les anciens salariés agricoles, en lien avec des départs moins nombreux depuis la réforme des retraites de septembre 2023. Le Mico ayant été relevé dans le cadre de la réforme, le nombre de retraités éligibles à la MSA salariés a augmenté.
Au RG, la part des flux portés au minimum contributif est passée de 46 % en 2011 à 22 % en 2019 pour les retraités anciens travailleurs salariés. Lorsque l’on ajoute les retraités anciens travailleurs indépendants, cette part est de 15 % en 2022. On constate une évolution similaire à la MSA-Salariés. Ces très forts reculs sont à nouveau liés à l’introduction de la règle d’écrêtement, dont les effets sont moins importants dans les autres régimes.
La part des flux portés aux minima de pension est toutefois en recul dans presque tous les régimes. Cette évolution est corrélée à celle des départs à la retraite, affectés par les effets des réformes de 2010 (recul de l’âge légal) et de 2023 ainsi que du décret du 2 juillet 2012 (accès élargi à la retraite anticipée). Entre 2022 et 2023 les parts de nouveaux bénéficiaires sont restés stables dans tous les régimes, sauf à la MSA non-salariés, car les nouveaux retraités sont également moins nombreux.
Les changements démographiques (arrivée des générations du baby-boom à 60 puis 65 ans) ont également modifié la structure des départs, avec un effet sur le nombre et la part de nouveaux bénéficiaires de minima. Enfin, les flux les plus récents sont amenés à être fortement révisés, à mesure que les assurés réunissent l’ensemble des conditions nécessaires au calcul (cf. infra).
A partir de 2024, et à mesure que le Mico pourra être calculé pour les assurés liquidant à partir de septembre 2023, les bénéficiaires de cette prestation devraient être plus nombreux, du fait de la revalorisation des barèmes et de leur indexation sur le smic, plutôt que sur l’inflation.
Tableau 3 ● Evolution des effectifs de nouveaux bénéficiaires des minima de pension

Sources : Cnav, MSA, SRE, CNRACL.
Note : Au régime général, à partir de 2020, sont comptabilisés les retraités anciens travailleurs salariés et indépendants.
Tableau 4 ● Evolution de la part des bénéficiaires des minima de pension parmi les nouveaux retraités

Note : Au régime général, à partir de 2020*, sont comptabilisés les retraités anciens travailleurs salariés et indépendants.
Sources : Cnav constaté, situation fin 2023 (échantillon 1/20e), MSA, SRE, CNRACL.
L’effectif total des bénéficiaires des minima de pension est beaucoup moins fluctuant que celui des nouveaux bénéficiaires. En effet, il est nettement moins sensible aux évolutions conjoncturelles, du fait du poids des flux passés. Ainsi, même la mesure d’écrêtement introduite en 2012 n’a que peu modifié le nombre total de bénéficiaires. Au RG, l’effectif de bénéficiaires du Mico, qui était plutôt en baisse depuis 2014 est reparti à la hausse en 2020 en lien avec l’intégration des anciens travailleurs indépendants, avant une nouvelle chute en 2022. A la MSA, les effectifs de bénéficiaires du Mico sont en baisse régulière depuis plusieurs années. Les effectifs de bénéficiaires du CD-RCO et de la PMR diminuaient, respectivement jusqu’en 2021 et 2022, dates auxquelles ces prestations ont été revalorisées.
Tableau 5 ● Evolution des effectifs de bénéficiaires des minima de pension

Note : Au régime général, à partir de 2020*, sont comptabilisés les retraités anciens travailleurs salariés et indépendants.
Sources : Cnav - séries labellisées (Stock SNSP TS-TI en paiement au 31/12/2023), MSA, SRE, CNRACL.
Certains assurés ayant liquidé dans un régime n’ont pas encore rempli la condition de subsidiarité, c’est-à-dire avoir demandé toutes leurs retraites personnelles à l'ensemble des régimes de base et complémentaires, français et étrangers. Quand ils remplissent la condition, un délai supplémentaire est nécessaire pour que l’ensemble des montants de pension soient disponibles. Avant, le calcul des minima ne peut donc être effectué (le calcul définitif peut prendre plusieurs années, si l’assuré est affilié à plusieurs régimes et ne fait pas valoir l’ensemble de ses droits à retraite simultanément). Au RG, si le montant théorique du minimum contributif dépasse le seuil de 15 % du minimum entier majoré (134,0 € par mois au 1er janvier 2025) et que l’assuré remplit la condition de subsidiarité, une avance est versée jusqu’à ce que le calcul soit possible.
Avant application de l’écrêtement tous régimes, et sur le champ des retraités anciens travailleurs salariés, 255 000 assurés partant en retraite en 2012 auraient pu bénéficier du minimum contributif (cf. tableau 6). Du fait de la règle d’écrêtement et de la condition de subsidiarité, seuls 170 700 retraités le perçoivent réellement au 31 décembre 2023 (cf. graphique 1). Sur les 217 500 assurés partis en 2023 potentiellement bénéficiaires, seuls 95 900 perçoivent réellement le Mico. Cependant, le Mico n’a pas encore pu être calculé pour de nombreux assurés partis cette année-là.
Depuis la mise en place de la mesure d’écrêtement, parmi les assurés anciens travailleurs salariés pour lesquels le calcul du minimum contributif a été effectué en 2019, 40 % ont vu leur majoration réduite à zéro (écrêtement total) car la pension tous régimes dépassait le montant du minimum contributif potentiel à servir. Ce cas est plus fréquent chez les assurés ayant cotisé à plusieurs régimes que chez les assurés ayant effectué toute leur carrière au régime général (55 % parmi les polypensionnés contre 2 % parmi les monopensionnés). En outre, la part des assurés dont le minimum contributif n’est pas réduit (pas d’écrêtement) est plus importante chez les femmes que chez les hommes car elles perçoivent des pensions tous régimes plus faibles, dépassant moins souvent le seuil d’écrêtement.
Tableau 6 ● Nouveaux retraités potentiellement bénéficiaires du minimum contributif

Source : Cnav constaté, situation fin 2023 (échantillon 1/20e).
Note : Au régime général, à partir de 2020*, sont comptabilisés les retraités anciens travailleurs salariés et indépendants.
Graphique 1 ● Nouveaux retraités dont la pension est portée au minimum contributif (MICO) du régime général
Source : Cnav constaté, situation fin 2023 (échantillon 1/20e).
Champ : assurés pour lesquels le calcul du minimum contributif a été effectué.
Note : Au régime général, à partir de 2020*, sont comptabilisés les retraités anciens travailleurs salariés et indépendants.
Au RG, les femmes représentent 73 % du flux des pensionnés portés au minimum contributif en 2023. 40 % de ces nouveaux bénéficiaires partent avec le taux plein car ils justifient de la durée d’assurance requise pour leur génération (et les femmes sont plus nombreuses que les hommes). 31 % bénéficient du taux plein parce qu’ils partent à partir de l’âge d’annulation de la décote (et les femmes sont plus nombreuses dans ce cas) et 29 % car ils sont reconnus inaptes ou invalides (ou s’ils partent en départ anticipé pour handicap, amiante ou incapacité permanente) et les hommes sont davantage concernés (cf. tableau 7).
En 2023, pour les retraités anciens travailleurs salariés et indépendants, le montant moyen du Mico est de l’ordre de 141 € par mois (en euros constants à valeur 2020), et le poids moyen du Mico dans l’ensemble de la pension des bénéficiaires est de 34 %. Si les femmes sont nettement plus nombreuses parmi les bénéficiaires, le montant moyen perçu par les femmes et le poids moyen du Mico dans leur pension sont proches de ceux des hommes (cf. tableau 8).
La distribution cumulée de la pension globale servie par le régime général en 2023 aux nouveaux bénéficiaires du minimum contributif au RG (hors minimum vieillesse et pension de réversion) est représentée par le graphique 2. La moitié des femmes bénéficiaires a une pension mensuelle inférieure à 562 € (461 € pour les hommes).
Concernant le montant de Mico perçu par les nouveaux retraités du RG en 2023, on constate que la médiane est inférieure à la moyenne, puisque la moitié des femmes (respectivement des hommes) perçoit un montant mensuel inférieur à 134 € (respectivement 125 €). Les 5 derniers centiles reçoivent des montants largement supérieurs à la moyenne : chez les hommes ils perçoivent plus de 310 € par mois et chez les femmes plus de 305 € par mois.
L’étude d’impact de la réforme de 2023 estime que les nouveaux bénéficiaires du Mico percevront 400 € de plus par an en moyenne du fait de la revalorisation exceptionnelle. 1,3 million de retraités déjà bénéficiaires du Mico avant la réforme ont été concernés par la revalorisation exceptionnelle pour un montant moyen de 620 € par an (cf. encadré 1).
Tableau 7 ● Distribution du flux de nouveaux bénéficiaires au régime général, par motif d’atteinte du taux plein

Source : Cnav constaté, flux de l’année 2023 (échantillon 1/20e).
Note : Au régime général, à partir de 2020*, sont comptabilisés les retraités anciens travailleurs salariés et indépendants.
Tableau 8 ● Montant et poids moyen du Mico dans la pension des bénéficiaires en 2023 (€ constants 2020)

Source : Cnav constaté, flux de l’année 2023 (échantillon 1/20e).
Champ : assurés pour lesquels le calcul du minimum contributif a été effectué en 2023 pour les retraités anciens travailleurs salariés et indépendants.
Graphique 2 ● Distribution cumulée des flux de nouveaux bénéficiaires du MICO en 2022
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Source : Cnav constaté, flux de l’année 2023 (échantillon 1/20e).
Champ : assurés pour lesquels le calcul du minimum contributif a été effectué en 2023 pour les retraités anciens travailleurs salariés et indépendants.
Note : la valeur du montant global des pensions du dernier centile correspond à des montants de pension globale supérieurs au seuil de l'écrêtement car il s'agit d’assurés qui bénéficient de la majoration pour tierce personne qui est exclue du montant de la pension comparée au seuil d’écrêtement.
Construction de l’indicateur
La loi de financement rectificative de la sécurité sociale (LFRSS) pour 2023 (article 18) a prévu de majorer le montant du minimum contributif pour les retraités à compter du 1er septembre 2023 (soit + 25 euros mensuels pour le minimum de base et + 100 euros mensuels pour le minimum majoré) et d’attribuer, sous conditions, une majoration exceptionnelle aux salariés du privé, aux salariés agricoles, aux artisans et aux commerçants bénéficiant d’une retraite avant le 1er septembre 2023.
A fin 2024, au régime général, près de 1,3 million de retraités ont reçu une majoration exceptionnelle de leur pension. Les femmes représentent 67 % des bénéficiaires.
Cette majoration exceptionnelle est d’un montant maximal de 100 euros par mois pour l’année 2023, en cas de carrière complète, et le montant est proratisé en fonction de la durée cotisée dans le cas contraire.
La majoration exceptionnelle est assujettie à un écrêtement au sein du régime verseur : la pension incluant la majoration exceptionnelle théorique entière ou proratisée, ne peut pas dépasser le montant entier du minimum contributif majoré (soit 847,57 euros au 1er septembre 2023), lui-même également proratisé par la durée validée dans le régime. Comme pour le minimum contributif, elle est également soumise au seuil d’écrêtement tous régimes (1 352,23 euros au 1er septembre 2023). Au même titre que les retraites de base, des minima de pension et de certains minima sociaux, la majoration exceptionnelle a été revalorisée d’un coefficient de 1,053 au 1er janvier 2024.
Le montant moyen mensuel versé aux assurés en paiement au 31/12/2024 est de 51,80 € brut soit 622 € par an. Il est plus élevé pour les femmes que pour les hommes (58,29 € bruts mensuels contre 38,79 €).
Tableau 9 ● Retraités du régime général bénéficiant de la majoration exceptionnelle au 31/12/2024

Champ : Retraités du régime général en paiement au 31/12/2024 qui bénéficient de la MAJEX
Source : Cnav - stock SNSP TS-TI en paiement au 31/12/2024
Source des données :
Les données proviennent de la Cnav, du SRE, de la CNRACL et de la MSA, et couvrent la métropole et les DOM. Les données concernant l’impact de la réforme de 2023 proviennent de l’étude d’impact associée au projet de loi, laquelle s’appuie largement sur le modèle Prisme de la Cnav pour simuler les impacts.
Construction de l’indicateur :
La part des flux portés au minimum contributif est construite en rapportant le nombre des nouvelles pensions qui sont relevées au niveau du minimum contributif (éventuellement majoré) au flux total des nouvelles pensions (droits contributifs directs) de l’année. Ces deux grandeurs sont mesurées sur un échantillon au 1/20e de la population totale des assurés sociaux. Elles sont exprimées en date d’effet.
Jusqu’en 2019, les données concernent les retraités anciens travailleurs salariés. A partir de 2020, les données sur les anciens travailleurs indépendants sont intégrées dans le flux de départs à la retraite du régime général (source : Système d’Information Statistique de Liquidation Unique des Régimes Alignés – SIS Lura).
Les données collectées lors des échanges inter-régimes de retraite (EIRR) sont utilisées pour vérifier l'attribution et le montant des retraites de l'intéressé, comme le montant servi au titre du minimum contributif par la Cnav, le montant théorique potentiel du minimum contributif (avant écrêtement), l’information sur le statut du minimum contributif (calculé ou en attente des informations), ou encore la date de subsidiarité, permettent de construire cet indicateur.
Les données sont calculées à partir des pensions liquidées pour lesquelles il y a effectivement eu un versement. Les données n’intègrent donc pas les pensions déjà liquidées dont le versement n’est pas encore intervenu. L’indicateur est donc susceptible d’être révisé sur le passé.
Evolution des dispositifs :
La réforme du 21 août 2003 (art. 26) a instauré une majoration du minimum contributif au titre des seules périodes ayant donné lieu au versement de cotisations à la charge de l’assuré. Les périodes considérées comme cotisées sont les périodes ayant donné lieu à des cotisations à un régime de base français. Au 1er avril 2009, le dispositif du minimum contributif majoré a été modifié : la majoration est désormais attribuée sous la condition de totaliser au moins 120 trimestres cotisés tous régimes.
Depuis le 1er janvier 2012, pour avoir droit au minimum contributif, l’assuré doit avoir demandé toutes ses retraites personnelles à l'ensemble des régimes de base et complémentaires, français et étrangers, ainsi que des organisations internationales (condition de subsidiarité). Un mécanisme d’écrêtement du minimum contributif a également été mis en place : le total des retraites personnelles (base et complémentaire) de l’assuré ne doit pas dépasser le plafond autorisé pour le minimum contributif. Ce seuil a fait l’objet d’une revalorisation exceptionnelle de 9 % en 2014 dans le cadre des mesures de justice prévues par la dernière réforme des retraites : il est ainsi passé de 1 028 € en 2013 à 1 120 € en 2014. Depuis 2014, le plafond est revalorisé chaque année aux mêmes dates et dans les mêmes conditions que le Smic et s’établit à 1 394,86 € depuis le 1er janvier 2025. Si le plafond autorisé est dépassé, la majoration due au titre du minimum est réduite.
Le minimum contributif est servi intégralement dès lors que les assurés justifient d’une durée validée dans le régime au moins égale à la durée requise pour l’application du taux plein, compte tenu de l’année de naissance de l’assuré ; à défaut, il est servi au prorata de la durée d’assurance validée dans le régime. Même servi entier, le minimum contributif majoré est nettement moins élevé que le minimum vieillesse. Cependant, le Mico est complété par la retraite servie par les régimes complémentaires (Arrco, Agirc…). In fine, la plupart des bénéficiaires de l’Aspa (principale allocation du minimum vieillesse) sont également bénéficiaires du Mico (en 2016, d’après la Drees, 80 % des allocataires de l’Aspa percevaient par ailleurs une pension relevée au Mico).
Le Miga a été introduit en 1975 dans les régimes de la fonction publique, il s’agit du plus ancien minimum de pension. Plusieurs régimes spéciaux ont un minimum de pension basé sur les mêmes règles.
A la MSA non-salariés, la PMR a été introduite en 2009, avec deux barèmes différents, l’un pour les chefs d’exploitation (PMR1), l’autre pour les conjoints-collaborateurs et aidants familiaux (PMR2). En 2022, la PMR2 a été relevée au niveau de la PMR1. Le CD-RCO, introduit en 2015, était alors fixé à 75 % du Smic net agricole. Il a été revalorisé en 2022 à 85 % du Smic net agricole.
Barèmes au 1er janvier des minima de pension
Source : Législation
*Montants des barèmes, pour une carrière complète. Les montants sont exprimés en euros courants, en valeur au 1er janvier de l’année. L’indice des prix à la consommation hors tabac (IPCHT) est présenté à titre de comparaison.
Organisme responsable de la production de l’indicateur : DSS, CNAV
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Synthèse du REPSS - Retraites - Edition 2025
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