Objectif n°5 : Renforcer l’efficience du système de soins et développer la maîtrise médicalisée des dépenses

2.11.5. Transferts des patients vers des unités de soin adaptées

Finalité

L’indicateur, au travers de la durée moyenne de séjour en médecine et en chirurgie (MC), dit de soins aigus (tout comme l’obstétrique) avant transfert en soins de suite et de réadaptation (SSR) ou en hospitalisation à domicile (HAD), vise à évaluer l’adéquation de l’utilisation des lits hospitaliers en Médecine ou Chirurgie (MC). En effet, l’hospitalisation dans un service de soins de médecine ou de chirurgie doit être justifiée par la nature des actes effectués et/ou par l’état de santé du patient. Dans certains cas, l’hospitalisation complète en MC peut être évitée, notamment par le recours à l’ambulatoire ou à l’HAD. Si une hospitalisation complète en MC est nécessaire, l’organisation de la sortie doit permettre d’assurer la continuité des soins ce qui peut imposer, dans certains cas, la poursuite de soins de nature hospitalière hors d’une structure de soins aigus : HAD, prise en charge en SSR.

L’indicateur suit l’évolution de la durée moyenne de séjour (DMS, en nuitées) en médecine et en chirurgie pour les séjours suivis d’un transfert vers un service de SSR ou d’HAD. La DMS MC peut être expliquée médicalement par l’état de santé du patient et la lourdeur de la charge en soins. Ce niveau de sévérité est évalué et renseigné au sein des établissements pour chaque séjour réalisé, selon une échelle allant de 1 à 4 (le niveau 4 correspondant au niveau de sévérité le plus important).

L’indicateur porte sur les séjours de niveaux de sévérité le plus faible (niveau 1) puisqu’il s’agit de mesurer si la durée de séjour aurait pu être réduite par un mode de prise en charge alternatif.

Résultats

L’analyse de la durée moyenne des séjours en médecine et en chirurgie sans sévérité significative (niveau 1) permet d'établir les constats suivants :
-  en médecine : pour les patients transférés en SSR ou en HAD, il est observé une baisse notable et continue de la DMS qui est passée de 7,1 nuitées en 2011 à 4,9 en 2020 ;
- en chirurgie : on observe la même tendance sur la DMS des séjours pour les patients transférés en SSR ou en HAD qui est passée en moyenne de 8,2 nuitées en 2011 à 5,5 nuitées en 2020.

Graphique 1 ● Durée moyenne de séjour en médecine de niveau 1 pour les patients transférés en SSR ou en HAD

Ma.2.11.5_G1.jpg

Source : PMSI-ATIH.

Graphique 2 ● Durée moyenne de séjour en chirurgie de niveau 1 pour les patients transférés en SSR ou en HAD

Ma.2.11.5_G2.jpg

Source : PMSI-ATIH.

Ces constats ne sont toutefois pas complets dans la mesure où l’indicateur n’aborde pas l’intégralité de la problématique des inadéquations hospitalières. Afin d’approfondir cette question, il est important d’observer l’évolution annuelle du pourcentage des transferts de séjours médecine et chirurgie (MC) vers d’autres prises en charge (SSR, USLD, HAD, médico-social, cf. tableau ci-après).

Il s’agit là de mettre en perspective la diversité des prises en charge pouvant faire suite à une hospitalisation en MC.

Tableau 1 ● Sorties vers les autres services hospitaliers ou médico-sociaux des patients hospitalisés en soins aigus

2.11.5_1.jpg

Source : PMSI-ATIH Note : « SSR » : soins de suite et réadaptation, « USLD » : unités de soins de longue durée, « HAD » : hospitalisation à domicile

Tableau 2 ● Évolution annuelle des sorties vers les autres services hospitaliers ou médico-sociaux des patients hospitalisés en soins aigus

2.11.5_2.jpg

Source : PMSI-ATIH Note : « SSR » : soins de suite et réadaptation, « USLD » : unités de soins de longue durée, « HAD » : hospitalisation à domicile

Le transfert en soins de suite et réadaptation (SSR) constitue toujours le mode de sortie par transfert le plus fréquent en 2020 : 76,0 % dans les établissements publics et privés non-lucratifs (ex-DG) et 91,1 % dans les cliniques privées (ex-OQN) des sorties hors domicile. L’hospitalisation à domicile (HAD) constitue un mode de sortie moins fréquent en proportion (4,3 % en ex-DG et 3,5 % en ex-OQN) mais ce mode de transfert est le seul à enregistrer une progression entre 2019 et 2020. On peut noter que les sorties vers le médico-social sont particulièrement représentées dans le secteur ex-DG (15,0 % des sorties hors domicile contre 4,0 % en ex-OQN). Cette observation est à rapprocher de la structure des classes d’âge des patients hospitalisés en médecine et chirurgie en fonction des secteurs montrant une plus forte représentation des patients de 80 ans et plus dans le secteur ex-DG que dans le secteur ex-OQN. On note toutefois une augmentation des transferts vers le médico-social dans le secteur ex-OQN (0,7 % en 2011 et 4,0 % en 2020), ce qui pourrait traduire une évolution du profil de patientèle prise en charge dans ces établissements.

La croissance continue des transferts en HAD et le ralentissement des transferts en SSR, conjugués à une réduction de la DMS des séjours de chirurgie et de médecine quand ceux-ci sont suivis d’un transfert en HAD ou en SSR, peut traduire :
- une meilleure fluidité des filières MCO vers SSR ou HAD,
- de moindres indications de transferts vers SSR (par exemple, à la faveur de la récupération améliorée après chirurgie) et un développement de la filière MCO vers HAD.

L’indicateur est construit à partir du recensement (via le PMSI) des séjours d’hospitalisation en médecine ou en chirurgie de niveau 1 qui ont été suivis d’un transfert vers un service de SSR ou vers une HAD. L’évolution de la durée moyenne de séjour, comptée en nombre de nuitées, a été calculée pour ces séjours, selon la discipline, médecine ou chirurgie, et le type d’établissement (public ou privé). L’évolution annuelle du nombre de transferts de médecine et de chirurgie vers d’autres services hospitaliers ou médico-sociaux, (tableau 2) est construit à partir du recensement (via le PMSI) des séjours d’hospitalisation en médecine ou en chirurgie qui ont été suivis d’un transfert en SSR, HAD, USLD ou établissement médico-social. Le Programme de Médicalisation des Systèmes d’Information en MCO (PMSI-MCO) recueille pour chaque séjour des informations sur les caractéristiques des patients (sexe, âge, lieu de résidence), sur le ou les diagnostics et sur les actes réalisés pendant le séjour, ainsi que le niveau de sévérité (de 1 à 4). Les modalités de la variable PMSI décrivant les destinations de sortie à la fin du séjour hospitalier retenues sont les suivants : 2 - sortie vers une unité de soins de suite et de réadaptation 3 - sortie vers une unité de soins de longue durée, 6 - sortie avec hospitalisation à domicile et 7 - sortie vers une structure d’hébergement médico-sociale. Enfin, il est à préciser que désormais, deux types d’indicateurs sont désormais utilisables pour les établissements MCO sur ScanSanté : - à vocation intra-hospitalière, le taux de ré-hospitalisation de 1 à 7 jours (ajusté à l’activité de l’établissement) ; - à vocation territoriale, le taux de ré-hospitalisation de 1 à 30 jours. Ces indicateurs, qui nécessiteront un temps d’appropriation par les acteurs, permettront aux établissements et aux acteurs du territoire de mieux appréhender la question des réadmissions. Les données 2019 ont été recalculées afin de prendre en compte les corrections apportées par certains établissements en 2021 sur les séjours terminés en 2019.

Organisme responsable de la production de l’indicateur : DGOS

Téléchargements complémentaires