Objectif n°5 : Renforcer l’efficience du système de soins et développer la maîtrise médicalisée des dépenses
La chirurgie ambulatoire est une source d'amélioration des prises en charge des patients et d'optimisation des ressources humaines et financières. C'est pourquoi le développement d'une chirurgie ambulatoire substitutive à la chirurgie à temps complet est une priorité pour les établissements de santé, comme il l'est pour le ministère en charge de la santé et l'Union nationale des caisses d'assurance maladie. L’objectif était d’atteindre fin 2016 un taux global de chirurgie ambulatoire de 50 %. En 2015, le périmètre du taux global a été élargi pour refléter davantage l’ensemble de l’activité réalisée au bloc opératoire par les chirurgiens et se rapprocher le plus possible des comparaisons internationales (cf. précisions méthodologiques). Ce changement de périmètre a mécaniquement augmenté les cibles nationales à atteindre : 54,7 % en 2016 et 66,2 % en 2020.
Conséquence de la crise sanitaire liée à la Covid-19, les cibles 2020 et 2021 ont été gelées, les travaux ayant repris en 2023, aucune cible n’a été fixée pour les années 2022 et 2023. Toutefois, en dépit de la baisse d’activité de chirurgie liée aux reports des activités non-covid pour faire face aux différentes vagues épidémiques, les taux nationaux et régionaux de chirurgie ambulatoire ont progressé, de 0,2 point en 2020 et de 2,9 points en 2021.
De nouveaux objectifs cibles ont été fixés dans le cadre des CPOM Etat-ARS 2024-2028 visant à atteindre un taux de chirurgie ambulatoire à 75 % d’ici 2028.
Pour répondre à cet objectif et afin d’appuyer le déploiement de la chirurgie ambulatoire, un groupe de travail a été mis en place par la Direction générale de l'offre de soins (DGOS) associant la Direction de la sécurité sociale (DSS), la Caisse nationale de l’assurance maladie (CNAM), l’Agence nationale de la performance sanitaire et médico-sociale (ANAP).
Le taux national de chirurgie ambulatoire s’élevait à 59,2 % en 2019 et, en dépit de la crise sanitaire, a progressé de 3,1 points entre 2019 et 2021, dont 2,9 points entre 2020 et 2021, pour s’établir à 62,3 % (cf. Tableau 1). Le secteur des cliniques privées (ex-OQN) conserve son avance par rapport au secteur ex-DG[1]. Le premier a progressé de 3,9 points entre 2019 et 2021 pour s’établir à 71,4 % alors que le secteur ex-DG a connu progression moins marquée (1,4 point) pour atteindre 50 % en 2021.
Le taux de chirurgie ambulatoire s’élevait à 62,3% en 2021 et a progressé de 2,1 points entre 2021 et 2023 pour atteindre 64,4 %. Entre 2022 (63,5 %) et 2023, le taux de chirurgie ambulatoire a progressé de 0,9 points.
Graphique 1 ● Part des séjours en chirurgie ambulatoire

Source – ATIH – traitement DGOS Note : l’objectif 2020 a été gelé en raison du contexte sanitaire
Tableau 1 ● Part des séjours en chirurgie ambulatoire par secteur

Sources : ATIH, PMSI-MCO, 2010-2023.
Champ : nouveau périmètre (voir méthodologie)
Carte 1 ● Part des séjours en chirurgie ambulatoire par régions en 2023

Sources : ATIH, PMSI-MCO, 2023 – traitement DGOS, © IGN 2022
[1] Néologisme désignant les établissements financés par la dotation globale, avant la mise en place de la tarification à l’activité (établissements visés aux alinéas a, b et c de l’article L. 162-22-6 du code de la sécurité sociale dont les établissements publics de santé et les établissements privés à but non lucratif participant au service public hospitalier).
Précisions sur le dispositif
Priorité nationale depuis 2011, le développement de la chirurgie ambulatoire a fait l’objet d’un programme de travail commun pluriannuel mené par la Haute autorité de Santé et par l’Agence Nationale d’Appui à la Performance. L’essor de la chirurgie ambulatoire s’inscrit, en outre, dans le cadre plus global du « virage ambulatoire », axe fort de la Stratégie nationale de santé. Identifié comme enjeu majeur de l’évolution de l’offre de soins par les projets régionaux de santé et schémas régionaux d’organisation des soins (SROS-PRS) pour les années 2012-2016, le développement de la chirurgie ambulatoire l’est également dans les projets régionaux de santé 2ème génération et les nouveaux schémas régionaux de santé (SRS 2023-2028).
Des actions ont été menées ces dernières années portant sur les domaines de la régulation, de la réglementation, de la politique tarifaire (généralisation d’un tarif unique à tous les groupes homogènes de malades de chirurgie ambulatoire et suppression des bornes basses de chirurgie de niveau 1 pour favoriser les prises en charge innovantes en 2014), de la formation, des organisations et de la mise sous accord préalable des établissements de santé. La mise sous accord préalable des établissements a été étendue de 17 à 38 gestes marqueurs en 2012, 43 gestes en 2013 et 55 gestes en 2015. La liste a été largement diffusée en juillet 2015, afin que les professionnels et les établissements se l’approprient pour l’évaluation de leur pratique en chirurgie ambulatoire.
Pour autant, il existe encore un potentiel inexploité. Ainsi, sur la base des préconisations du rapport élaboré par l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS) et l’Inspection Générale des Finances (IGF) relatif aux « perspectives du développement de la chirurgie ambulatoire en France », rendu public en janvier 2015, le ministère a défini :
Pour faire encore davantage progresser la chirurgie ambulatoire, l’enjeu est maintenant d’investir des prises en charge plus complexes (actes plus techniques, patients plus complexes) tout en assurant la qualité et la sécurité des soins et une meilleure coordination avec la ville :
Par ailleurs, les indicateurs en matière de chirurgie ambulatoire se sont enrichis :
La mesure de la satisfaction et de l’expérience des patients a fait l’objet d’une campagne en 2021 et les résultats sont disponibles dans un rapport sur le site de la HAS. Compte tenu de la crise sanitaire et de son impact sur le dispositif lors de la campagne nationale 2020, il n’y a pas de comparaison entre la campagne nationale 2020 et la campagne nationale 2021. Il s’agit de la quatrième campagne nationale e-Satis CA réalisée par la HAS sur 967 établissements de santé, parue en 2021. Elle montre un score global de satisfaction des patients très encourageant (84,3 % des patients satisfaits), tout particulièrement élevé pour l’accueil du patient, l’information en amont et pendant le séjour, la prise en charge médicale et paramédicale du patient. La qualité des informations reçues est jugée « bonne » à « excellente » par 9 patients sur 10 (93,8%). En revanche des marges de progrès existent en ce qui concerne la qualité de la sortie (transmission des informations) et du retour à domicile.
« Visuchir régions », disponible depuis le 8 juin 2022, s’adresse aux institutions régionales (Assurance Maladie et agences régionales de santé). Son objectif majeur consiste à aider à la recomposition chirurgicale régionale et à préparer les Contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens (CPOM) signés entre les établissements et les ARS.
Construction de l'indicateur
L’analyse de l’évolution de la pratique de la chirurgie ambulatoire est effectuée au moyen d’un indicateur construit selon une méthodologie qui permet de ne cibler que les actes réalisables en ambulatoire selon les sociétés savantes. Le périmètre de cet indicateur a évolué en 2015 :
Il recouvre l’analyse de l’activité de chirurgie ambulatoire réalisée en prenant en compte l’ensemble de l’activité de chirurgie (taux global de chirurgie ambulatoire), hors CMD 14 et 15 (recouvrant les activités d’obstétrique et de néonatalogie).
Le taux de chirurgie ambulatoire est déterminé à partir de l’analyse des bases PMSI au travers du ratio : nombre de GHM en C sans nuitée rapporté à l’ensemble des GHM en C (hors CMD 14 et 15) correspondant au tableau 1.
Comme évoqué supra, le périmètre de cet indicateur a évolué en 2015 : en plus des GHM en C (hors CMD 14 et 15), entrent dans le périmètre de cet indicateur, 7 racines de GHM (dents, accès vasculaires, biopsie prostatique, chirurgie esthétique et IVG instrumentales) (tableau 2).
Organisme responsable de la production de l’indicateur : DGOS
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Données du REPSS Maladie - Edition 2025
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