Objectif n°2 : Aider davantage les familles vulnérables
Le fait pour un enfant de débuter son existence par une période au cours de laquelle il risque d’être confronté à la pauvreté monétaire apparaît comme une injustice majeure, doublée de la probabilité d’un risque accru d’une situation défavorisée à l’âge adulte. Les prestations familiales et les aides au logement visent à réduire ce risque de pauvreté enfantine grâce au soutien qu’elles procurent aux revenus des ménages modestes. C’est pourquoi il est utile de mesurer chez les enfants de moins de 18 ans, le niveau et l’évolution du taux de pauvreté ainsi que l’intensité de cette pauvreté, qui permet d'apprécier à quel point le niveau de vie des enfants pauvres est éloigné du seuil de pauvreté.
Graphique 1 ● Part des enfants de moins de 18 ans vivant dans des familles dont les ressources sont inférieures au seuil de pauvreté (60 % du niveau de vie médian), intensité de la pauvreté des enfants et taux de pauvreté de l’ensemble de la population

* Ruptures de séries, voir « Précisions méthodologiques ».
(1) : Le point 2020 présente des fragilités liées aux difficultés de production en 2020.
Sources : Insee-DGI, enquêtes Revenus fiscaux et sociaux rétropolées 2004 ; Insee-DGFIP-Cnaf-Cnav-CCMSA, enquêtes Revenus fiscaux et sociaux 2005 à 2022.
Champ : France métropolitaine, individus vivant dans un logement ordinaire dont le revenu déclaré est positif ou nul et dont la personne de référence n'est pas étudiante.
Note : L’intensité de la pauvreté des enfants est l’écart relatif entre le niveau de vie médian des enfants pauvres et le seuil de pauvreté défini au niveau de l’ensemble de la population.
Note de lecture : En 2022, 20,4% des enfants se trouvaient en situation de pauvreté. Cette même année, les enfants vivant dans des ménages en situation de pauvreté avaient un niveau de vie médian inférieur de 19,1 % au seuil de pauvreté.
Le taux de pauvreté monétaire des enfants est de 20,4 % en 2022
En 2022, 20,4 % des enfants âgés de moins de 18 ans vivent dans des familles pauvres, contre 14,4 % pour l’ensemble de la population. La proportion d’enfants dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté (1 216 euros en 2022) diminue légèrement en 2022. Certaines familles ont notamment bénéficié de la revalorisation de 50 % de l’allocation de soutien familial (ASF) visant à soutenir financièrement les familles monoparentales, ainsi que du versement d’une « prime exceptionnelle de rentrée » à destination des bénéficiaires des minima sociaux, majorée en fonction du nombre d’enfants à charge. L’écart entre le taux de pauvreté des enfants et celui de l’ensemble de la population s’est creusé dans les années 2000. Il est ensuite resté à un niveau élevé dans les années 2010 et au début des années 2020.
Pour compléter l’analyse, l’intensité de la pauvreté, soit l’écart relatif entre le niveau de vie médian des enfants pauvres et le seuil de pauvreté, permet de rendre compte des disparités de situations entre les familles pauvres. En 2022, les enfants vivant dans des ménages en situation de pauvreté ont ainsi un niveau de vie médian inférieur de 19,1 % au seuil de pauvreté : comme le taux de pauvreté, l’intensité de la pauvreté des enfants est en baisse en 2022.
Les enfants vivant dans des familles monoparentales ou avec des parents sans emploi sont particulièrement exposés à la pauvreté
La pauvreté des enfants est très liée à certaines caractéristiques socio-économiques des ménages. En 2022, près de quatre enfants sur dix (38,5 %) vivant dans une famille monoparentale sont en situation de pauvreté (soit 18,1 points de plus que celui de l’ensemble des enfants).
Le taux de pauvreté des enfants résulte également de la situation vis-à-vis de l’emploi de leurs parents : en 2022, un tiers (33,4%) des enfants dont au moins l’un des deux parents est sans emploi et plus de sept enfants sur dix (71,0 %) parmi ceux dont les deux parents sont sans emploi vivent dans un ménage dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté.
Graphique 2 ●Taux de pauvreté selon la configuration familiale et l’activité des parents

* Ruptures de séries, voir « Précisions méthodologiques ».
(1) : Le point 2020 présente des fragilités liées aux difficultés de production en 2020.
Sources : Insee-DGI, enquêtes Revenus fiscaux et sociaux rétropolées 2004 ; Insee-DGFIP-Cnaf-Cnav-CCMSA, enquêtes Revenus fiscaux et sociaux 2005 à 2022.
Champ : personnes vivant en France métropolitaine dans un logement ordinaire, dans un ménage dont le revenu déclaré est positif ou nul et dont la personne de référence n'est pas étudiante.
La pauvreté monétaire au niveau européen
En 2022, le taux de pauvreté des enfants âgés de moins de 18 ans en France est légèrement inférieur à la moyenne des pays de l’Union européenne (-1,6 %). Les pays du Sud et de l’Est de l’Europe ont en moyenne des taux de pau-vreté infantile plus élevés que les pays baltes et des pays du nord de l’Europe, traduisant en cela de fortes dispari-tés. Dans la majorité des pays, à l’exception de neuf pays (du nord et de l’est), ce taux de pauvreté infantile est supé-rieur à celui de l’ensemble de la population. La Bulgarie, la Roumanie ainsi que l’Espagne se distinguent par des taux de pauvreté infantile et de l’ensemble de la population particulièrement élevés (respectivement entre 32,2 % et 41,5 % parmi les enfants et entre 26,0 % et 34,4 %dans la population générale).
Organisme responsable de la production de l’indicateur : Insee - DSS
Construction de l’indicateur
Le seuil de pauvreté retenu ici est égal à 60 % du niveau de vie médian (ensemble de la population). Le niveau de vie d’un individu est égal au revenu disponible du ménage dans lequel il vit, divisé par le nombre d’unités de consommation correspondant à la composition de ce ménage. Le système d’unités de consommation habituellement utilisé compte une part pour le premier adulte du ménage, 0,5 part pour les autres personnes âgées de 14 ans et plus et 0,3 part pour les personnes âgées de moins de 14 ans. Le seuil de pauvreté s’établissait ainsi à 1 158 euros par mois en 2021.
L’intensité de la pauvreté est calculée comme l'écart relatif entre le niveau de vie médian des personnes en situation de pauvreté monétaire et le seuil de pauvreté calculé précédemment.
Précisions méthodologiques
L’indicateur est calculé à partir des données de l’enquête Revenus fiscaux et sociaux réalisée annuellement par l’Insee à partir de données de l’enquête Emploi en continu de l’Insee et de sources administratives fournies par la DGFIP, la Cnaf, la Cnav et la CCMSA. Le champ retenu est celui des personnes vivant en France métropolitaine, dans des ménages vivant en logement ordinaire dont le revenu déclaré à l’administration fiscale est positif ou nul et dont la personne de référence n’est pas étudiante. Il exclut les personnes résidant en institution ainsi que les personnes sans domiciliation.
Compte tenu de sa source, cet indicateur est fourni avec retard : les données relatives à l’année n sont disponibles à l’été de l’année n+2.
Ruptures de séries : à partir de 2010, les estimations de revenus financiers mobilisent l'enquête Patrimoine 2010.
L'enquête a également été rénovée en 2012. Les majorations de pensions de retraite pour avoir élevé 3 enfants ou plus ainsi que l’avantage en nature constitué par la participation des employeurs aux contrats collectifs de complémentaire santé sont maintenant comptabilisés dans le revenu disponible mesuré par l'enquête Revenus fiscaux et sociaux. De plus, les estimations de revenus financiers utilisent l'enquête Patrimoine 2014-15 à partir de 2012.
La chaîne de production de l’ERFS a de nouveau été rénovée à partir de 20201. La refonte de l’Enquête Emploi en 2021 a mis en œuvre plusieurs changements méthodologiques, parmi lesquels la rénovation du questionnaire pour se conformer à l’entrée en vigueur d’un nouveau règlement européen encadrant l’enquête, la modernisation du protocole de collecte ou encore la refonte de la méthode de pondération. La nécessité d’adapter l’ERFS à ces changements a conduit à procéder simultanément, en 2021, à une révision de la chaîne de production de l’enquête et de certains choix méthodologiques, en particulier dans la correction de la non-réponse.
Les données pour la France en comparaison européenne diffèrent de celles présentées dans les autres figures, qui sont basées sur les enquêtes sur les revenus fiscaux et sociaux (ERFS). Pour les comparaisons européennes, la source statistique utilisée est l’enquête Statistics on income and living conditions (Dispositif EU-Silc), qui porte sur un champ différent (France hors Mayotte, contre France métropolitaine pour l’ERFS) et propose des statistiques comparables entre pays européens. L'année retenue (ici 2022) correspond à l'année de perception des revenus et non à celle de collecte de l'enquête Statistics on income and living conditions (Dispositif EU-Silc 2022) qui est l'année retenue dans les publications d'Eurostat.
1Division Revenus des ménages et Pôle Revenus fiscaux et sociaux, « Impact de la rénovation de l’enquête Revenus fiscaux et sociaux en 2021 sur la mesure des niveaux de vie, des indicateurs d’inégalités et de pauvreté », Insee Méthodes n° 145, novembre 2023
Intégralité du REPSS - Famille - Edition 2025
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