Objectif n°1 : Assurer un niveau de vie adapté aux retraités et garantir la solidarité entre retraités

2.5. Réduire l’écart de pension entre femmes et hommes

Finalité

La réforme des retraites de 2014 réaffirme « l’objectif de solidarité entre les générations et au sein de chaque génération, notamment par l’égalité entre les femmes et les hommes ». La meilleure prise en compte des périodes d’interruption de carrières doit notamment contribuer à réduire les écarts de pension entre les femmes et les hommes.

Résultats

Le graphique suivant donne le montant brut des pensions de droit direct (droit acquis en contrepartie de l’activité professionnelle et donc en particulier des cotisations versées qui y sont liées) et de droit dérivé. Il permet de décrire les montants versés aux hommes et aux femmes tous régimes confondus en euros constants.

Graphique 1 ● Pension brute moyenne par mois

Re.2.5_G1.jpg

Sources : EACR, EIR, modèle ANCETRE de la Drees, Inflation INSEE / calculs DSS.
Champ : retraités titulaires d’un droit direct dans un régime de retraite de base ou complémentaire, résidant en France ou à l’étranger, vivants au 31 décembre de l’année n. 
Note : les montants sont arrondis à la dizain

Graphique 2 ● Ecart de niveau de pension de droit direct entre hommes et femmes

Re.2.5_G2.jpg

(1)  Partie de la retraite dont bénéficiait ou aurait pu bénéficier l’assuré décédé, versée à l’époux survivant
Sources : EACR, EIR, modèle ANCETRE de la Drees.
Champ : retraités titulaires d’un droit direct dans un régime de retraite de base ou complémentaire, résidant en France ou à l’étranger, vivants au 31 décembre de l’année n.
Note de lecture : En 2019, les femmes disposaient en moyenne d’une pension de droit direct inferieure de 37 % à celle des hommes. En prenant en compte les pensions de réversion cet écart est de 24 %

En 2019, les pensions brutes moyennes en euros constants ont baissé de 1,2 % par rapport à 2018 pour les femmes et les hommes. Entre 2018 et 2019, les écarts de pension de droit direct entre les femmes et les hommes se sont réduits de 1 point, alors qu’avec prise en compte des pensions de réversion ces écarts sont stables depuis 2016 (24 %). L’ensemble des avantages de retraite de droit direct perçus par les femmes s’élève à 1 120 € par mois, soit 63 % du montant moyen perçu par les hommes. Si l’on prend en compte la pension de réversion, la pension des femmes s’élève alors à 1 380 €, soit 76 % du montant perçu par les hommes (écart de 24 %). Si les régimes de retraite de base assurent une certaine redistribution entre genres en raison des dispositions non contributives qui avantagent les carrières incomplètes (notamment les majorations de durée d’assurance pour enfants), la logique des régimes complémentaires est davantage contributive.
Ces écarts sont tout d’abord le reflet des inégalités entre femmes et hommes dans la durée des carrières validées pour l’assurance vieillesse. En effet, les femmes interrompent plus fréquemment leurs carrières pour éduquer les enfants et recourent également plus fréquemment au temps partiel. Les règles de validation de trimestres permettent cependant d’amortir pour partie les conséquences d’une activité à temps réduit sur les droits à la retraite.
Les écarts de pension par genre découlent également des disparités salariales pendant la vie active qui se reflètent dans les droits à la retraite acquis du fait du caractère contributif du système de retraite français. Ces effets sont néanmoins pour partie atténués par des mécanismes de solidarité entre assurés, dont certains bénéficient majoritairement aux femmes comme les majorations de durées d’assurance pour enfants, l’assurance vieillesse des parents au foyer et les minimas de pensions.

Sur une plus longue période, les écarts de pension de droit direct entre les femmes et les hommes se réduisent lentement. En effet, si depuis 2004 les écarts de pensions de droit direct (y compris avec pension de réversion) entre les femmes et les hommes ne cessent de diminuer (passant respectivement de 46 % à 37 % et de 30 % à 24 %, soit une baisse de 9 et 6 points), cette évolution est contenue sur les dernières années. Cela s’explique par le fait que le complément de pension (comprenant la pension de réversion), qui bénéficie davantage aux femmes qu’aux hommes en proportion du montant de pension, a évolué moins vite que les pensions de droit direct. En effet, le montant de la pension de réversion d’une femme dépend du montant que percevait son mari. De plus, avec l’augmentation de la pension de droit direct des femmes, de plus en plus de femmes dépassent la condition de revenu maximum nécessaire pour bénéficier d’une pension de réversion.
D’après le Conseil d’orientation des retraites (COR), les écarts entre le montant moyen des pensions des femmes et des hommes devraient continuer de diminuer, atteignant 19 % vers 2025 pour descendre à 11 % vers la fin des années 2050, et se stabiliser autour de 12 % à partir de 2060. Ainsi les écarts de pension entre les femmes et les hommes continueraient de se réduire d’ici 2070, sans disparaître totalement notamment du fait d’écarts de salaire persistants . Notons que les changements récents de méthodologie dans le rapport du COR relatifs aux hypothèses retenues pourraient modifier les résultats présentés.
 

Par « retraités de droit direct », on entend l’ensemble des assurés bénéficiant d’un droit propre à une prestation vieillesse versé en rente. Dès lors, sont exclues les personnes bénéficiant exclusivement d’une prestation au titre d’un droit dérivé (pensions de réversion, pensions vieillesse de veufs ou veuves), percevant une prestation de droit direct non contributive au titre du minimum vieillesse (allocation aux vieux travailleurs salariés - AVTS …), ou ayant perçu un versement forfaitaire unique (VFU). 
L’enquête annuelle auprès des caisses de retraite (EACR) repose sur des données administratives fournies par les caisses de retraite. Portant sur la situation en fin d’année de quinze régimes de base et cinq régimes complémentaires en 2019, cette enquête couvre la quasi-totalité du champ des retraités. Les données relatives à l’année n sont disponibles en fin d’année n+1.
L’échantillon inter-régimes de retraités (EIR) est également construit à partir des données administratives des caisses de retraite, mais celles-ci sont regroupées par individu. L’EIR permet notamment, contrairement à l’EACR, d’avoir des informations sur les polypensionnés et donc d’estimer le nombre de retraités. Cette base concerne les retraités nés et résidant en France ou à l’étranger.
Le modèle ANCETRE a été conçu pour rapprocher au mieux les données de l’EIR et celles de l’EACR. Il actualise la dernière version disponible de l’EIR en faisant vieillir les retraités déjà présents et en ajoutant de nouveaux retraités. La montée en charge de certains dispositifs comme le recul de l’âge légal est notamment simulée. Les évolutions des effectifs et des pensions des principales caisses de retraite fournies par l’EACR et les évolutions démographiques fournies par l’Insee sont également prises en compte. Il permet d’estimer tous les ans les principales grandeurs tous régimes (effectifs de retraités, montant des pensions, nouveaux retraités, ...).
Les évolutions entre 2007 et 2008 et entre 2011 et 2012 sont à prendre avec précaution, les données 2004-2007 étant estimées à partir de l’EIR 2004, les données 2008-2011 étant estimées à partir de l'EIR 2008, les données 2012-2016 étant estimées à partir de l'EIR 2012, et les données 2016-2019 étant estimées à partir de l’EIR 2016

Organisme responsable de la production de l’indicateur : DREES-DSS

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