1.9. Niveau des pensions par sexe

Le niveau des pensions diminue de 1 % en 2019

Le montant mensuel brut moyen de la pension tous régimes (base et complémentaire) est estimé à 1 570 € fin 2019 (1 800 € pour les hommes et 1 370 € pour les femmes).
Fin 2019, dans un contexte où les pensions des régimes de base ont été revalorisées de 0,3 %, la pension brute moyenne augmente de 0,3 % en euros courants par rapport à fin 2018 mais diminue de 1,1 % en euros constants, car les prix à la consommation ont augmenté de 1,5 % entre la fin 2018 et la fin 2019. La pension nette moyenne diminue également mais dans une moindre mesure (-0,4 % en euros constants entre fin 2018 et fin 2019), du fait notamment de l’annulation de la hausse du taux de CSG pour un certain nombre de retraités.
Depuis le début des années 2000, la tendance était à l’augmentation du niveau moyen des pensions. Cette croissance du pouvoir d’achat des retraités s’explique en partie par l’effet dit de « noria » : Les nouveaux retraités, aux trajectoires de carrière généralement plus favorables, disposent en moyenne de pensions plus élevées que les retraités plus âgés ainsi que ceux récemment décédés. Cet effet est particulièrement important pour les femmes, pour lesquelles les différences entre générations sont plus marquées à cet égard. Ces différences sont dues à une hausse de leur taux d’activité au cours des cinquante dernières années, à une élévation de leur niveau de qualification et à une convergence progressive, quoique partielle, de leurs rémunérations vers celles des hommes, mais elles sont aussi une conséquence de la montée en charge des dispositifs de compensation des interruptions de carrières liées aux enfants (notamment l’assurance vieillesse des parents au foyer).

De 2004 à 2015, conformément à la loi du 21 août 2003 portant sur la réforme des retraites, les pensions de retraite de base étaient revalorisées chaque année selon le taux d'évolution des prix à la consommation hors tabac prévu pour l'année en cours ajusté de l’écart entre l’inflation constatée l’année précédente et celle qui avait été prévue lors de la fixation du taux de revalorisation. D’une année sur l’autre, les évolutions pouvaient ainsi diverger, en cas d’écart entre l’inflation prévue au moment où la revalorisation réglementaire était déterminée, et l’évolution des prix constatée ex post. Ces divergences n’étaient que transitoires, puisqu’elles étaient corrigées lors des revalorisations des années suivantes. Les modalités de calcul de l’indice de revalorisation des pensions ont néanmoins été modifiées par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2016 afin d’éviter cette déconnexion entre l’inflation constatée ou l’inflation prévue et le taux de revalorisation, car elle était susceptible d’altérer la compréhension par les assurés de l’évolution de leur pouvoir d’achat. La revalorisation des pensions se fonde, depuis le 1er octobre 2016, sur la progression de la valeur moyenne de l’indice des prix à la consommation hors tabac sur la période d’août n-1 à juillet n par rapport à la valeur moyenne de l’indice sur la période d’août de l’année n-2 à juillet de l’année n-1. Pour les régimes complémentaires des cadres (Agirc) et des salariés (Arrco), les accords interprofessionnels de 2011, de 2013, de 2015 et de 2019 ont défini des revalorisations spécifiques.
 

Les femmes sont les principales bénéficiaires d’avantages de droits dérivés et de majorations pour enfants

En 2019, les femmes perçoivent une pension de droit direct en moyenne équivalente à 63 % de la pension moyenne des hommes (cf. graphique 2). Cet écart diminue progressivement : les femmes percevaient une pension de droit direct en moyenne équivalente à 54,5 % de celle des hommes en 2004 et à 57,1 % en 2008. La prise en compte des droits dérivés et des majorations pour enfants atténue l’écart de pension entre les femmes et les hommes, la pension des femmes étant alors égale à 75,9 % de celle des hommes.
Le montant moyen de la pension de réversion perçue par une femme est plus de deux fois supérieur à celui perçu par un homme, les hommes bénéficiant, avant leur décès, d'un niveau de pension de droit direct plus élevé que les femmes. Par ailleurs, les hommes bénéficient moins fréquemment d’une pension de réversion que les femmes. Ce résultat tient principalement à une plus grande longévité des femmes et au fait que, dans les couples mariés, les femmes sont en moyenne plus jeunes de 2 ans. En outre, les hommes dépassent plus fréquemment la condition de revenu maximum nécessaire pour bénéficier d’une pension de réversion lorsqu’une telle condition existe.

Plus d’un quart d’une pension tous régimes est versée par un régime complémentaire

Pour l’ensemble des retraités de droit direct, la pension moyenne est versée à hauteur de 71 % par des régimes de base ou intégrés et à 29 % par des régimes complémentaires en 2019 (cf. graphique 3). Toutes les personnes ne sont pas affiliées à un régime complémentaire au cours de leur carrière (affiliés à des régimes intégrés comme la fonction publique par exemple). Si l’on se restreint à des retraités qui ont cotisé une majeure partie de leur carrière à un régime complémentaire, la part complémentaire est plus élevée : ainsi, sur le champ des retraités ayant pour régime principal la Cnav, la MSA salariés ou le SSI, la part de la pension versée par les régimes complémentaires est de 40 %.

Graphique 1 ● Pension moyenne versée au 31 décembre par l’ensemble des régimes (base et complémentaire)

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Note : montant arrondi aux 5 € les plus proches
Champ : bénéficiaires d’un avantage principal de droit direct dans un régime de base ou complémentaire, résidant en France entière ou à l’étranger, vivants au 31 décembre de l’année. Les éléments accessoires autres que la majoration de pension pour 3 enfants (majoration pour conjoint à charge, tierce personne…) et les allocations du minimum vieillesse ne sont pas retracés.
Sources : EACR, EIR, modèle ANCETRE de la DREES.

Graphique 2 ● Avantage de droit dérivé brut mensuel moyen perçu par les bénéficiaires au 31 décembre dans l’ensemble des régimes (base et complémentaire)

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Note : montant arrondi aux 5 € les plus proches
Champ : bénéficiaires d’une pension de droit dérivé (qu’elle soit ou non cumulée avec une pension de droit direct) dans un régime de retraite de base ou complémentaire au cours de l’année n, vivants au 31 décembre.
Sources : EACR, EIR, modèle ANCETRE de la Drees.

Graphique 3 ● Décomposition de la pension de droit direct moyenne entre pension de base et complémentaire en 2019

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Note : la pension brute de base comprend également la part de la pension versée par les régimes intégrés.
Sources : EACR, EIR, modèle ANCETRE de la Drees.
Champ : bénéficiaires d’un avantage principal de droit direct, résidant en France ou à l’étranger, vivants au 31 décembre de l’année. 

Définition : 
Par « retraités de droit direct », on entend l’ensemble des assurés bénéficiant d’un droit propre à une prestation vieillesse versée en rente. Dès lors, sont exclues les personnes bénéficiant exclusivement d’une prestation au titre d’un droit dérivé (pensions de réversion, pensions vieillesse de veufs ou veuves), percevant une prestation de droit direct non contributive au titre du minimum vieillesse (Allocation aux vieux travailleurs salariés - AVTS -, …), ou ayant perçu un versement forfaitaire unique (VFU). 

Sources des données : 
Le modèle ANCETRE (Actualisation annuelle par Calage pour l’Estimation Tous Régimes des Effectifs de retraités) permet d’estimer tous les ans les principales grandeurs tous régimes (effectifs de retraités, montant des pensions, nouveaux retraités, ...).
L’enquête annuelle auprès des caisses de retraite (EACR) repose sur des données administratives fournies par les caisses de retraite. Portant sur la situation en fin d’année de quinze régimes de base et cinq régimes complémentaires en 2019, cette enquête couvre la quasi-totalité du champ des retraités. Les données relatives à l’année n sont disponibles en fin d’année n+1.

L’échantillon interrégimes de retraités (EIR) est également construit à partir des données administratives des caisses de retraite, mais celles-ci sont regroupées par individu. L’EIR permet notamment, contrairement à l’EACR, d’avoir des informations sur les polypensionnés et donc d’estimer le nombre de retraités. Cette base concerne les retraités nés et résidant en France ou à l’étranger.

Le modèle ANCETRE a été conçu pour rapprocher au mieux les données de l’EIR et celles de l’EACR. Il actualise la dernière version disponible de l’EIR en faisant vieillir les retraités déjà présents et en ajoutant de nouveaux retraités. La montée en charge de certains dispositifs comme le recul de l’âge légal est notamment simulée. Les évolutions des effectifs et des pensions des principales caisses de retraite fournies par l’EACR et les évolutions démographiques fournies par l’Insee sont également prises en compte.
 

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