1.12. Bénéficiaires du minimum contributif au régime général

Créé en 1983, le minimum contributif relève le montant de la retraite de base servie aux assurés du secteur privé qui remplissent les conditions pour bénéficier d’une pension au taux plein mais dont les salaires reportés au compte sont faibles.
Le minimum contributif est le minimum de pension servi par le régime général (concernant les salariés et travailleurs indépendants) et celui des salariés la Mutualité Sociale Agricole (MSA). Y sont éligibles les assurés MSA et les assurés du régime général ayant droit à une pension à taux plein, soit parce qu’ils justifient de la durée d’assurance tous régimes requise pour obtenir une pension à taux plein ; soit parce qu’ils sont reconnus inaptes ou invalides ; soit parce que, quelle que soit leur durée validée, ils partent à la retraite dès l’âge d’obtention automatique du taux plein. 
Depuis 2004, plusieurs mesures législatives ont été mises en place pour renforcer la dimension contributive du dispositif (cf. précisions méthodologiques). 
 

Une tendance à la baisse du nombre de nouveaux bénéficiaires

La part des flux portés au minimum contributif est passée de 41 % en 2006 à 20 % en 2019 pour les retraités anciens travailleurs salariés (cf. graphique 1). Lorsque l’on ajoute les retraités anciens travailleurs indépendants, cette part est de 14 % en 2020. Son évolution sur la période est sensible à l’évolution de la structure des flux de départ en retraite et aux modifications réglementaires. 
Le 1er avril 2009 est instauré la règle des 120 trimestres cotisés tous régimes pour bénéficier de la majoration. Entre 2009 et 2011 la part des flux portés au minimum contributif a fluctué autour de 45 % suite à des effets de structure de la population. Les départs à 60 ans furent moins nombreux avec l’entrée en vigueur du relèvement de l’âge légal instauré par la réforme de 2010, les départs à 65 ans furent beaucoup plus nombreux avec l’arrivée à cet âge de la génération 1946, première génération du baby-boom. Or ces variations de départs influent fortement sur la part de bénéficiaires du minimum contributif, qui se trouve proportionnellement moins importante parmi les départs à 60 ans qu’à 65 ans. Depuis 2012, on observe une chute du nombre de bénéficiaires (malgré un léger rebond en 2013). Cette baisse brutale, due à la mise en place du minimum contributif tous régimes, est expliquée par deux facteurs. D’une part, la comparaison de la pension tous régimes au plafond autorisé peut engendrer un écrêtement total de la majoration au titre du minimum contributif, le calcul s’opérant auparavant régime par régime. D’autre part, certains assurés n’ont pas encore rempli la condition de subsidiarité, c’est-à-dire avoir demandé toutes ses retraites personnelles à l'ensemble des régimes de base et complémentaires, français et étrangers. En effet, pour beaucoup d’assurés potentiellement bénéficiaires du minimum contributif, le calcul n’a pas encore été effectué au moment de leur départ en retraite (le calcul définitif du minimum contributif peut prendre plusieurs années, si l’assuré est affilié à plusieurs régimes et ne fait pas valoir l’ensemble de ses droits à retraite simultanément). Dans ce cas, si le montant théorique du minimum contributif dépasse le seuil de 15 % du minimum entier majoré (105,8 € par mois au 1er janvier 2021), une avance est versée si l’assuré remplit la condition de subsidiarité. Sinon, la majoration au titre du minimum contributif n’est pas versée tant que le calcul n’a pas été effectué. 
Avant le changement de la législation en 2012, et sur le champ des retraités anciens travailleurs salariés, environ 254 900 assurés partant en retraite cette même année auraient pu bénéficier du minimum contributif (cf. tableau 1). Suite au changement législatif, 199 800 retraités le perçoivent réellement au 31 décembre 2020 (cf. graphique 1). 
Parallèlement, l’évolution du nombre de bénéficiaires du minimum contributif depuis 2012 est corrélée à l’évolution des départs à la retraite, affectés par les effets de la réforme 2010 (recul de l’âge légal) et du décret du 2 juillet 2012 (accès élargi à la retraite anticipée). Avec la montée en charge de la réforme des retraites de 2010, le nombre de départs en retraite fluctue chaque année en fonction du nombre de mois au cours desquels aucun départ à l’âge légal n’est possible. En 2020, la chute du nombre de bénéficiaires du minimum contributif est en partie liée au fait qu’au 31 décembre 2020, le nombre de départs à la retraite de 2020 n’est pas complet. En effet, il manque les départs rétroactifs, c’est-à-dire les retraités dont le dossier sera clôturé en 2021 mais qui seront comptabilisés parmi les retraités de l’année 2020. 
Par ailleurs, le calcul du minimum contributif tous régimes n’a pas encore été effectué pour un nombre important de retraités de l’année 2020. Les données collectées dans l’EIRR (Échanges inter-régimes de retraite) sont incomplètes et ne permettent pas le calcul du minimum contributif dès l’année suivante.

Graphique 1 ● Nouveaux retraités dont la pension est portée au minimum contributif (MICO) du régime général

Re.1.12_G1.jpg

Source : Cnav constaté, situation fin 2020 (échantillon 1/20e).
Champ : assurés pour lesquels le calcul du minimum contributif a été effectué. 
Note : Entre 2006 et 2019 (partie gauche du graphique), sont comptabilisés les retraités, anciens travailleurs salariés. A partir de 2019* (partie droite du graphique) sont comptabilisés les retraités anciens travailleurs salariés et les indépendants.

Graphique 2 ● Montant moyen du MICO des nouveaux bénéficiaires du MICO

Re.1.12.G2.1.jpg

Source : Cnav constaté, situation fin 2020 (échantillon 1/20e).
Champ : assurés pour lesquels le calcul du minimum contributif a été effectué. 
Note : Entre 2006 et 2019 (partie gauche du graphique), sont comptabilisés les retraités, anciens travailleurs salariés. A partir de 2019* (partie droite du graphique) sont comptabilisés les retraités anciens travailleurs salariés et les indépendants.

Graphique 3 ● Poids moyen du MICO dans la pension totale des nouveaux bénéficiaires du MICO

Re.1.12.G2.2.jpg

Source : Cnav constaté, situation fin 2020 (échantillon 1/20e).
Champ : assurés pour lesquels le calcul du minimum contributif a été effectué. 
Note : Entre 2006 et 2019 (partie gauche du graphique), sont comptabilisés les retraités, anciens travailleurs salariés. A partir de 2019* (partie droite du graphique) sont comptabilisés les retraités anciens travailleurs salariés et les indépendants.

Graphique 4 ● Distribution cumulée des flux de nouveaux bénéficiaires du MICO en 2020

Re.1.12.G3.jpg

Source : Cnav constaté, flux de l’année 2020 (échantillon 1/20e).
Champ : assurés pour lesquels le calcul du minimum contributif a été effectué en 2020 pour les retraités anciens travailleurs salariés et indépendants.
Note : la valeur du montant global des pensions du dernier centile correspond à des montants de pension globale supérieurs au seuil de l'écrêtement car il s'agit d’assurés qui bénéficient de la majoration pour tierce personne qui est exclue du montant de la pension comparée au seuil d’écrêtement.

Tableau 1 ● Nouveaux retraités potentiellement bénéficiaires du minimum contributif

Re.1.12_T1.jpg

Source : Cnav constaté, situation fin 2020 (échantillon 1/20e). 
Note : Entre 2012 et 2019 (partie gauche du tableau), sont comptabilisés les retraités, anciens travailleurs salariés. A partir de 2019* (partie droite du tableau) sont comptabilisés les retraités anciens travailleurs salariés et les indépendants. Les femmes principales bénéficiaires

Les femmes représentent 75 % du flux des pensionnés anciens travailleurs salariés portés au minimum contributif en 2019 (et 76 % en 2020 en intégrant les anciens travailleurs indépendants). En 2019, parmi l’ensemble des anciens travailleurs salariés bénéficiaires du minimum contributif, 44 % partent avec le taux plein car ils justifient de la durée d’assurance requise pour leur génération (et les femmes sont plus nombreuses que les hommes). 26 % bénéficient du taux plein parce qu’ils partent à partir de l’âge automatique du taux plein (et les femmes sont plus nombreuses dans ce cas) et environ 31 % car ils sont reconnus inaptes ou invalides (ou s’ils partent en départ anticipé pour handicap, amiante ou incapacité permanente) et les hommes sont davantage concernés. En 2020, avec l’intégration des anciens travailleurs indépendants, la répartition selon les trois motifs de taux plein reste similaire : 46 % bénéficient du taux plein par la durée, puis 22 % par l’âge et enfin 32 % par la reconnaissance de l’inaptitude ou de l’invalidité.

Depuis la mise en place de la mesure d’écrêtement, parmi les assurés anciens travailleurs salariés pour lesquels le calcul du minimum contributif a été effectué en 2019, 36 % ont vu leur majoration réduite à zéro (écrêtement total) car la pension tous régimes dépassait le montant du minimum contributif potentiel à servir (cette part est identique en 2020 avec l’intégration des anciens travailleurs indépendants). Ce cas est plus fréquent chez les assurés ayant cotisé à plusieurs régimes que chez les assurés ayant effectué toute leur carrière au régime général (59 % parmi les polypensionnés contre 1 % parmi les monopensionnés). En outre, la part des assurés dont le minimum contributif n’est pas réduit (pas d’écrêtement) est plus importante chez les femmes que chez les hommes.
 

Un montant moyen de 134 € par mois en 2020, soit un tiers de la pension servie

En 2020, pour les retraités anciens travailleurs salariés et indépendants, le montant moyen de la majoration versée au titre du minimum contributif est de l’ordre de 134 € par mois (en euros constants à valeur 2020), les hommes bénéficiant d’une majoration en moyenne plus importante que les femmes (140 € pour les hommes, contre 132 € pour les femmes). (cf. graphique 2). Depuis 2012, l’écart entre hommes et femmes s’est nettement réduit. Ceci s’explique par la mise en place de l’écrêtement du minimum contributif. Comme une partie significative des polypensionnés voient leur majoration réduite à zéro, ceci modifie la structure des bénéficiaires restants, composée majoritairement de monopensionnés dont les montants de minimum contributif sont plus importants (le minimum contributif étant proratisé en fonction de la durée validée au régime général). Enfin, le poids de la majoration du minimum contributif dans l’ensemble de la pension des bénéficiaires servie par la Cnav est de 31 % en 2020, en légère baisse depuis 2012 (de 4 points) (cf. graphique 3).
La distribution cumulée de la pension globale servie par le régime général en 2020 aux nouveaux bénéficiaires du minimum contributif anciens travailleurs salariés et indépendants (hors minimum vieillesse et pension de réversion) est représentée par le graphique 4. La moitié des femmes bénéficiaires à une pension mensuelle inférieure à 589 € (527 € pour les hommes). 
Concernant le montant de la majoration du minimum contributif perçu par les nouveaux retraités anciens travailleurs salariés et indépendants de l’année 2020, on constate que la médiane est inférieure à la moyenne, puisque la moitié des femmes (respectivement des hommes) perçoit un montant mensuel inférieur à 125 € (respectivement 131 €). Les 5 derniers centiles reçoivent des montants largement supérieurs à la moyenne : chez les hommes ils perçoivent environ 312 € par mois et chez les femmes 277 € par mois.

Source des données : Les données proviennent de la Cnav et couvrent la métropole et les DOM.

Construction de l’indicateur : La part des flux portés au minimum contributif est construite en rapportant le nombre des nouvelles pensions qui sont relevées au niveau du minimum contributif (éventuellement majoré) au flux total des nouvelles pensions (droits contributifs directs) de l’année. Ces deux grandeurs sont mesurées sur un échantillon au 1/20e de la population totale des assurés sociaux. Elles sont exprimées en date d’effet.
Jusqu’en 2019, les données concernent les retraités anciens travailleurs salariés. A partir de 2019*, les données sur les anciens travailleurs indépendants sont intégrées dans le flux de départs à la retraite du régime général (source : Système d’Information Statistique de Liquidation Unique des Régimes Alignés – SIS Lura). 
Les données collectées lors des échanges inter-régimes de retraite (EIRR) sont utilisées pour vérifier l'attribution et le montant des retraites de l'intéressé, comme le montant servi au titre du minimum contributif par la Cnav, le montant théorique potentiel du minimum contributif (avant écrêtement), l’information sur le statut du minimum contributif (calculé ou en attente des informations), ou encore la date de subsidiarité, permettent de construire cet indicateur.
Les données sont calculées à partir des pensions liquidées pour lesquelles il y a effectivement eu un versement. Les données n’intègrent donc pas les pensions déjà liquidées dont le versement n’est pas encore intervenu. L’indicateur est donc susceptible d’être révisé sur le passé.

Evolution du dispositif : La réforme du 21 août 2003 (art. 26) a instauré une majoration du minimum contributif au titre des seules périodes ayant donné lieu au versement de cotisations à la charge de l’assuré. Les périodes considérées comme cotisées sont les périodes ayant donné lieu à des cotisations à un régime de base français. Au 1er avril 2009, le dispositif du minimum contributif majoré a été modifié : la majoration est désormais attribuée sous la condition de totaliser au moins 120 trimestres cotisés tous régimes.
Depuis le 1er janvier 2012, pour avoir droit au minimum contributif, l’assuré doit avoir demandé toutes ses retraites personnelles à l'ensemble des régimes de base et complémentaires, français et étrangers, ainsi que des organisations internationales (condition de subsidiarité). Un mécanisme d’écrêtement du minimum contributif a également été mis en place : le total des retraites personnelles (base et complémentaire) de l’assuré ne doit pas dépasser le plafond autorisé pour le minimum contributif. Ce seuil a fait l’objet d’une revalorisation exceptionnelle de 9 % en 2014 dans le cadre des mesures de justice prévues par la dernière réforme des retraites : il est ainsi passé de 1 028 € en 2013 à 1 120 € en 2014. Depuis 2014, le plafond est revalorisé chaque année aux mêmes dates et dans les mêmes conditions que le Smic et s’établit à 1 203,35€ depuis le 1er janvier 2021. Si le plafond autorisé est dépassé, la majoration due au titre du minimum est réduite. 
Le minimum contributif est servi intégralement dès lors que les assurés justifient d’une durée validée dans le régime au moins égale à la durée requise pour l’application du taux plein, compte tenu de l’année de naissance de l’assuré ; à défaut, il est servi au prorata de la durée d’assurance validée dans le régime. Lorsqu’il est servi entier, le minimum contributif majoré est très proche du niveau du minimum vieillesse, mais ce minimum de pension servi par le régime de base est également complété par la retraite servie par les régimes complémentaires (Arrco, Agirc…).

Barème des montants moyens du minimum contributif*
Re.1.12_G5.jpg 

Source : Cnav constaté, situation fin 2020.
*Montants du minimum contributif et du minimum contributif majoré, pour une carrière complète (hors pensions servies par les régimes complémentaires), avant écrêtement éventuel à partir de 2012. Les montants sont exprimés en euros courants, en valeur au 1er janvier de l’année jusqu’en 2008, et au 1er avril entre 2009 et 2014. Les montants au 1er avril 2014 sont identiques à ceux du 1er avril 2013 en raison de l’absence de revalorisation entre ces deux dates. Entre 2015 et 2017, les montants sont exprimés en valeur au 1er octobre de l’année. Les montants au 1er octobre 2018 sont identiques à ceux du 1er octobre 2017.

 

Organisme responsable de la production de l’indicateur : CNAV

Téléchargements complémentaires