1.6. Consommation de soins par habitant

1.6.1. Consultations de médecins en comparaison internationale

Le nombre moyen de consultations médicales par habitant est un indicateur qui permet d’apprécier les conditions de recours aux soins en France par rapport aux autres pays. Les consultations retenues dans les comparaisons internationales de l’OCDE sont réalisées par les médecins en cabinet, dans le cadre de visites au domicile des patients ou dans les services de consultations externes des hôpitaux et des cliniques.

De grandes disparités du nombre de consultations de médecins par habitant entre les pays de l’OCDE

La France enregistre 5,9 consultations par habitant en 2018. Au sein de l’OCDE, les disparités du nombre de consultations entre pays sont importantes (de moins de 3 consultations par habitant par an au Mexique et en Suède à près de 17 en Corée) et dépendent, outre des différences d’état de santé de la population et de facteurs culturels, de différences structurelles liées à l’organisation du système de soins, notamment en matière d’accès aux soins ou de répartition médecine de ville - hôpital. Le taux de consultations est également déterminé par les modes de rémunération des médecins ou encore la densité médicale. Ainsi, les pays dans lesquels le paiement à l’acte domine ont tendance à enregistrer un plus grand nombre de consultations (Japon, Allemagne, Belgique), alors que ceux dans lesquels l’exercice de la médecine est plus fréquemment salarié ou assorti d’une rémunération à la capitation (forfait par patient) semblent en avoir moins (Royaume-Uni, Finlande, Espagne). Ceci ne se vérifie toutefois pas pour tous les pays. Aux Pays-Bas par exemple, la rémunération des médecins se fait principalement à la capitation et ce pays enregistre presque 9 consultations par habitant en 2019.
Les disparités entre pays peuvent parfois s’expliquer par l’organisation des ressources humaines du secteur. En particulier, l’extension des compétences et responsabilités des professions infirmières et paramédicales (physician assistants, advanced nurse practitioner) peuvent contribuer à réduire les taux de recours à des médecins. En particulier, dans certains pays, les paramédicaux peuvent renouveler des prescriptions pour les malades chroniques. Tel est le cas au Royaume-Uni, au Danemark et en Finlande, qui affichent en effet des consultations médicales moindres par habitant.
 

Augmentation du nombre de consultations dans la majorité des pays entre 1990-2019

Selon les données de l’OCDE, le nombre moyen de consultations par habitant a augmenté dans la majorité des pays entre 1990 et 2019, sauf au Japon, en Hongrie, en République Tchèque, en Espagne, en Belgique et au Royaume-Uni où il a diminué (cf. graphique 1). La moyenne des pays de l’OCDE est de 6,8 consultations par habitant en 2017. La France se situe en position médiane avec 5,9 consultations par habitant. On retrouve le Japon en tête des pays où le taux de consultations est le plus élevé, avec en moyenne 12,6 consultations par habitant. Les médecins japonais prescrivent mais aussi distribuent les médicaments, ce qui explique ce nombre plus élevé de consultations. À l’opposé, le faible nombre de consultations par habitant en Finlande (4,4) s’explique d’après l’OCDE par l’activité des médecins qui se concentre sur les cas les plus graves ou complexes, les autres patients étant pris en charge par d’autres professionnels de santé comme les infirmiers. Les États Unis enregistrent aussi l’un des taux les plus faibles avec 4 consultations par habitant. Ce phénomène est sans doute à rapprocher du fait que l’OCDE mesure le nombre de consultations aux États-Unis à partir de données d’enquêtes, qui peuvent être sous-estimées en comparaison aux sources administratives. En effet, pour l’année 2000, où l’on dispose d’éléments de comparaison entre ces deux sources, le nombre moyen de consultations variait aux États-Unis de 3,7 à 8,9 entre données d’enquêtes et informations administratives. Enfin, la Turquie présente le plus fort accroissement du nombre de consultations sur la période 1990 - 2019 (7 % de croissance annuelle moyenne), en raison d’une amélioration de l’accès aux soins grâce notamment à l’augmentation de la densité de médecins sur la période. 

Graphique 1 ● Nombre annuel de consultations de médecins par habitant 1990-2019

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Source : OCDE 2019
*sauf Allemagne (1991), Espagne (1993), États-Unis (1995) *sauf Allemagne (1991), Espagne (1993), États-Unis (1995), OCDE (2000)
** sauf Espagne (2020), France (2018), Portugal (2012), Etats-Unis (2011), Royaume-Uni (2009), OCDE (2017)

Indications complémentaires :

Dans les données Eco Santé de l’OCDE, le nombre de consultations médicales par assuré est défini comme le rapport entre le nombre de contacts avec un médecin (généraliste ou spécialiste) et la population totale. Le nombre de consultations comprend : les visites au cabinet du médecin, les visites faites par des médecins dans des cadres institutionnels (hôpitaux ou cliniques) et les visites à domicile. Les consultations par téléphone en sont en principe exclues, même s’il demeure plusieurs pays où elles sont comprises (par exemple l’Espagne, l’Irlande et le Royaume-Uni).

Des disparités existent également entre pays dans la couverture des différents types de consultations, notamment les consultations dans les services de consultations externes des hôpitaux. Les données des Pays-Bas excluent les consultations pour soins maternels et infantiles. Celles du Portugal excluent les visites aux médecins libéraux, tandis que celles du Royaume-Uni ne prennent pas en compte les consultations de spécialistes en dehors des consultations externes des hôpitaux. En Allemagne, les consultations de médecins ne représentent que le nombre de cas de traitements médicaux selon les règles de remboursement du régime d’assurance-maladie (un traitement ne prend en compte que le premier contact sur une période de trois mois même si le patient consulte plus souvent un médecin). Le nombre de consultations par assuré est donc un indicateur à prendre avec précaution, les écarts observés étant difficiles à interpréter.

Enfin, un indicateur qui se fonde sur le nombre de consultations, ne reflète pas la productivité des médecins, dans la mesure où la durée et l’efficacité de la consultation peuvent varier et certains actes ne sont pas pris en compte dans cet indicateur (travaux administratifs et de recherche, suivi des patients chroniques).

Sources des données : 
Les données sur les consultations proviennent principalement de sources administratives (issues des systèmes d’information des régimes d’assurance maladie, comme le GKV en Allemagne, l’Inami en Belgique, la Cnam en France), bien que dans certains pays, elles soient issues d’enquêtes de santé avec entretien (Espagne, Italie, Pays-Bas, Royaume-Uni et Suisse). Les estimations provenant d’enquêtes auprès des ménages sont en général plus faibles en raison du biais de remémoration et du taux de non réponse. 

Les données pour la France ont connu des révisions à la hausse qui se sont traduites par deux ruptures de série en 2000 et en 2001 : la première est liée à l’inclusion des départements d’outre-mer en 2000 ; la seconde tient à la comptabilisation des consultations hospitalières à partir de 2001. Une rupture de série concerne aussi les Pays-Bas pour l’année 2014.

Pour aller plus loin :
Pour plus de détails, se reporter à la publication annuelle de l’OCDE, Panorama de la santé.
 

Organismes responsables de la production de l’indicateur : DSS

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