Objectif n°3 : Garantir les moyens nécessaires au système de santé

2.7.2. Assurer une juste rémunération aux professionnels de santé libéraux

Finalité

Cet indicateur présente les rémunérations des différents professionnels de santé libéraux. La source mobilisée ne permet pas de traiter des rémunérations des professionnels hospitaliers et des centres de santé. Ces professionnels disposent pourtant de rémunérations moyennes plus faibles que celles des libéraux. Les rapports seront complétés dans les prochaines éditions afin d’élargir le champ de l’étude à l’ensemble des professionnels de santé. Par ailleurs, les résultats présentés sont antérieurs à la crise sanitaire et au Ségur de la santé. A titre de comparaison, les rémunérations sont rapprochées de celles des salariés Bac + 2, Bac + 3 et des cadres.

Résultats

En 2019, selon l’Insee, le revenu salarié français moyen, net avant impôt, est de 1 800 € par mois. Le revenu moyen des médecins libéraux conventionnés est de 7 700 € par mois et celui des auxiliaires médicaux  de 3 700 € par mois.
Les revenus des salariés ont progressé de 6 % entre 2015 et 2019 (cf. graphique 1). Trois des professions paramédicales ont eu une évolution positive de leurs revenus sur la même période, soit de 5 % pour les orthophonistes, 9 % pour les pédicures-podologues et 23 % pour les orthoptistes. Les infirmiers ont quant à eux connu une baisse de 3 % de leurs revenus par rapport à leur niveau de 2015, tandis que les masseurs-kinésithérapeutes ont légèrement baissé en 2019 pour retrouver des niveaux de revenus égaux à ceux de 2015. Les sages-femmes, dont les revenus avaient baissé de manière importante en 2016, ont connu un rebond en 2019, afin d’atteindre un niveau 5 % plus élevé par rapport à 2015. L’évolution des revenus des médecins libéraux stagne depuis 2017, avec une augmentation globale de 4 % depuis 2015 et une évolution plus marquée pour les spécialistes (+6 %) que les généralistes (+3 %).

Graphique 1 ● Revenus moyens des salariés et des professionnels de santé de 2015 à 2019

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Sources : Insee, CARMF, CARPIMKO, ACOSS.
Champ : Insee (France hors Mayotte, ensemble des salariés hors élus et apprentis stagiaires, salariés agricoles et salaires versés par des particuliers-employeurs), CARMF (professionnels de santé libéraux, France entière), CARPIMKO (auxiliaires médicaux, France entière), ACOSS (professionnels de santé libéraux, France entière).
Note de lecture : Les revenus des salariés ont augmenté de 6 % sur la période de 2015 à 2019

Afin de comparer le revenu des professionnels de santé libéraux et des employés salariés, la diversité de revenus amène à faire une comparaison selon des critères comparables : le niveau d’études et la catégorie socio-professionnelle des salariés.
Les métiers médicaux et paramédicaux nécessitent tous des études supérieures, allant de 3 ans pour un diplôme d’infirmier, de pédicure-podologue ou d’orthoptiste, à 5 ans pour un kinésithérapeute, orthophoniste ou sage-femme et plus de 8 ans d’études pour un médecin. Les données disponibles sur les revenus salariés permettent de faire la comparaison à niveau d’études comparables. À défaut d’avoir les revenus de diplômés de Bac + 5, le revenu moyen des cadres est utilisé comme indicateur.
Les auxiliaires médicaux disposent en moyenne de 3 700 € (cf. graphique 2) par mois et gagnent 19 % de plus que les salariés détenteurs d’un diplôme d’études supérieures de 3 ans et plus. Cette moyenne est tirée par les infirmiers et kinésithérapeutes, nombreux à travailler en libéral et mieux rémunérés que les autres professions paramédicales. En effet, les orthoptistes, orthophonistes et podologues gagnent moins que les salariés avec un Bac + 3 ou plus (respectivement -10 %, -13 % et -23 %), mais plus que la moyenne des salariés avec un Bac + 2 (+27 %, +23 % et +9 %). À noter que les orthophonistes, titulaires d’un Bac + 5, gagnent des revenus légèrement inférieurs à ceux des orthoptistes (2 700 € contre 2 800 €), dont la formation dure 3 ans. La rémunération des infirmiers et kinésithérapeutes est légèrement au-dessus de celle des cadres (+11 % et +9 %) et notablement plus élevée que les Bac + 3 et plus (+26 % et +23 %).
Les sages-femmes sont en bas de l’échelle de rémunération des professionnels de santé ; avec une moyenne de 2 500 € mensuels pour 5 années d’études, cette profession gagne 29 % de moins que les Bac + 5 et 19 % de moins que les Bac + 3.  
Les médecins libéraux gagnent substantiellement plus que les différentes catégories de diplômes. Ainsi, en moyenne, les médecins libéraux gagnent des revenus de 7 700 € mensuels, contre 3 500 € pour les cadres, soit une différence de 4 200 € (+120 %). La différence est plus prononcée pour les médecins spécialistes (+171 %) que les généralistes (+86 %).

Graphique 2 ● Revenus nets mensuels des professionnels de santé libéraux et comparaison à la moyenne des salariés, par niveau de diplôme, en 2019

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Sources : Insee, CARMF, CARPIMKO, ACOSS.
Champ : Insee (France hors Mayotte, ensemble des salariés hors élus et apprentis stagiaires, salariés agricoles et salaires versés par des particuliers-employeurs), CARMF (professionnels de santé libéraux, France entière), CARPIMKO (auxiliaires médicaux, France entière), ACOSS (professionnels de santé libéraux, France entière).
Note de lecture : En 2019, les orthophonistes ont des revenus annuels moyens de 2 700 €, entre la moyenne des Bac + 2 (2 200 €) et celle des Bac + 3 et plus (3 100 €).

La difficulté de la comparaison entre travail libéral et salarié repose sur plusieurs facteurs qui ne sont pas pris en compte. En effet, le nombre d’heures travaillées pour un libéral ne sont pas encadrées et peuvent varier considérablement par rapport à un travailleur salarié. D’autres facteurs tels que la sécurité de l’emploi, la recherche de patientèle, la responsabilité ou la pénibilité ne sont pas pris en compte et faussent la comparaison.
Le revenu salarial de l’INSEE est la somme de tous les salaires perçus par un individu au cours d’une année donnée, nets de toutes les cotisations sociales, de la contribution sociale généralisée (CSG) et de la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS). Le revenu des médecins (CARMF), ainsi que des auxiliaires médicaux (CARPIMKO, hors sages-femmes), sont issus de leurs déclarations de bénéfices non commerciaux. Le revenu des sages-femmes provient quant à lui de l’ACOSS.

Organisme responsable de la production de l’indicateur : DSS

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