Objectif n°1 : Développer la prévention

2.1.3. Prévalence du tabagisme quotidien

Finalité

Avec près de 75 000 décès chaque année, le tabac est la première cause de mortalité évitable (cf. indicateur n°1-2-2). Le coût pour la société de cette consommation est estimé à 156 Md€ par an (estimation pour l’année 2019 et en prenant en compte uniquement les 13 millions de fumeurs quotidiens). Les pouvoirs publics mettent en œuvre de nouvelles mesures pour réduire la consommation de tabac dans le cadre du programme national de lutte contre le tabac 2023-2027, en articulation avec les ARS et les programmes régionaux de santé. Une attention particulière est accordée aux enfants et adolescents par le déploiement de programmes de renforcement des compétences psycho-sociales, en partenariat avec le ministère de l’éducation nationale, les rectorats, dans l’enseignement agricole, pour les jeunes confiés à la protection judiciaire de la jeunesse ou à l’aide sociale à l’enfance. De même, le soutien à l’arrêt du tabac est une priorité pour les populations en situation de précarité à faible revenu ou statut socio économiquement modeste, en raison de très fortes inégalités sociales selon le revenu ou l’activité. Les mesures visant à réduire le tabagisme sont présentées dans un paragraphe dédié (cf. infra).

 

Résultats

Les données concernant la prévalence du tabagisme quotidien sont présentées en part de la population.
Chez les jeunes de 17 ans, la prévalence du tabagisme quotidien a baissé significativement entre 2017 et 2022 de 25,1% à 15,6%, de même pour l’expérimentation du tabac (cf. graphique 2). La tendance à la baisse du tabagisme chez les jeunes, observée depuis les années 2000, est rapportée aussi bien chez les filles que chez les garçons de 17 ans, mais l’usage quotidien reste cependant plus souvent le fait des garçons (17 % contre 14,2 % des filles).

Chez les adultes (18-75 ans), la prévalence du tabagisme quotidien a baissé de manière historique entre 2014 et 2019 avec près de 1,9 millions de fumeurs en moins et s’est stabilisée à 24,5 % entre 2019 et 2022, malgré un contexte de crise qui pouvait faire craindre une hausse des consommations. Cette prévalence reste toutefois trop élevée et se traduit par des inégalités sociales marquées : 33,6 % de fumeurs quotidiens chez les personnes aux revenus les plus modestes contre 21,4 % parmi les personnes aux revenus les plus élevés, soit 12 points d’écart en 2022.
Grâce à l’enquête nationale périnatale en 2021, il est observé que la proportion des femmes déclarant une consommation de tabac au 3e trimestre est en diminution par rapport à la précédente enquête (12,2 % en 2021 contre 16,3 % en 2016). 

Graphique 1 ● Prévalence du tabagisme quotidien selon le sexe parmi les 18-75 ans en France métropolitaine

Sources :  Baromètre santé (Santé Publique France) pour la population générale, Enquête Nationale Périnatale (Inserm/DREES/Santé publique France) pour la femme enceinte, étude ESCAPAD (OFDT) pour les adolescents.

En 2020, un quart des adultes de 18 à 75 ans déclaraient fumer quotidiennement (26 %) (cf. graphique 1). Pour l’ensemble de la population des 18-75 ans en 2020, la prévalence du tabagisme et du tabagisme quotidien ne varie pas significativement par rapport à 2019. Cependant, entre 2019 et 2020, la prévalence du tabagisme quotidien a augmenté de 29,8 % à 33,3 % parmi le tiers de la population dont les revenus étaient les moins élevés. Cette augmentation est essentiellement due à une hausse entre 2019 et début 2020, avant le premier confinement, une stabilisation étant notée en post confinement. Les inégalités sociales restent ainsi très marquées en 2020, avec 15 points d’écart entre les plus bas et les plus hauts revenus.

Graphique 2 ● Prévalence du tabagisme quotidien chez les jeunes de 17 ans

Source : Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT)

Concernant le vapotage, en 2022, 41,2 % des 18-75 ans ont déclaré avoir déjà expérimenté la cigarette électronique, proportion en hausse par rapport à 2021 (38,7 %) et la prévalence du vapotage quotidien s’élevait à 5,5 % en hausse significative depuis 2016 (2.5 %).
L’usage de la cigarette électronique à 17 ans est aussi en très nette progression entre 2017 et 2022 : l’usage quotidien a triplé, progressant de 1,9 % à 6,2 %.

La prévalence du tabagisme en France est l’une des plus élevé des pays de l’OCDE : 25,5 % (en 2020) alors que l’Allemagne (14,6 %), le Danemark (13,9 %) et les Pays Bas (14,7 %) ont une prévalence inférieure à 15 % en 2021.
(cf. graphique 3).Depuis 2007, la Norvège, l’Estonie et l’Islande font partie des pays ayant connu la plus forte réduction de la proportion de fumeurs. 

Graphique 3 ● Prévalence du tabagisme chez les plus de 15 ans, en comparaisons internationales

Source : Ocde

Mesures visant à réduire le tabagisme
Le Programme national de lutte contre le tabac (PNLT) 2018-2022, co-porté par les ministères chargés de la santé et des comptes publics et appuyé par d’importants moyens financiers, a permis de déployer des actions de dénormalisation du tabac, d’amplifier le marketing social visant à l’arrêt du tabac, d’améliorer l’accès aux traitements de substitution nicotinique, de développer des actions de prévention vis-à-vis des jeunes et de mener une stratégie globale et cohérente avec l’administration des Douanes pour réduire l’accessibilité financière des produits du tabac tout en amplifiant la lutte contre les déports de consommation sur d’autres produits ou circuits (commerce illicite, achats transfrontalier, etc.). 

Pour atteindre l’objectif de la première génération sans tabac à l’horizon 2032, le nouveau Programme national de lutte contre le tabac 2023-2027 s’appuie sur deux piliers principaux : prévenir l’entrée dans le tabagisme, en particulier chez les plus jeunes – en réduisant l’accessibilité financière du tabac (cf. indicateur Financement n°2-9) , en sortant le tabac des espaces quotidiens ou encore en encadrant les produits du vapotage attractifs auprès des jeunes et mieux accompagner les fumeurs vers l’arrêt du tabac, en particulier les plus modestes d’entre eux. 5 axes sont définis : 

  • Prévenir l’entrée dans le tabagisme, en particulier chez les jeunes,
  • Accompagner les fumeurs, en particulier les plus vulnérables vers l’arrêt du tabac,
  • Préserver notre environnement de la pollution liée au tabac, 
  • Transformer les métiers du tabac et lutter contre les trafics,
  • Améliorer la connaissance sur les dangers liés au tabac et les interventions pertinentes.

26 nouvelles mesures sont détaillées dans le PNLT 2023-2027 : Plan national de lutte contre le tabac - Ministère du travail, de la santé et des solidarités (sante.gouv.fr)
 

Plan national de lutte contre la tabagisme - Soutien à l'arrêt du tabac

L’exercice prévision/réalisation est très largement dépendant de l’évolution des mesures de lutte anti-tabac, telle que l’évolution de la taxation des tabacs et des cigarettes. 
Les données sont issues du Baromètre de Santé publique France (réalisé tous les ans depuis 2016 puis tous les 2 ans à partir de 2024) pour la population générale, de l’enquête nationale périnatale pour les femmes enceintes (dernière édition en 2021), et de l’enquête sur la santé et les consommations lors de l'appel de préparation à la défense (ESCAPAD) pour les adolescents de 17 ans (dernière édition en 2023).
L’indicateur de prévalence du tabagisme quotidien étant donné par des enquêtes déclaratives en population générale, ses résultats sont soumis à un risque de sous-déclaration des personnes enquêtées. La non-réponse totale est corrigée par redressement sur les marges de la population issues du recensement.

Organismes responsables de la production de l’indicateur : ANSP Santé Publique France/DGS

Téléchargements complémentaires

  • Intégralité du REPSS - Maladie - Edition 2024 8 MB   Télécharger
  • Synthèse du REPSS - Maladie - Edition 2024 819 KB   Télécharger
  • Données du REPSS Maladie - Edition 2024 7 MB   Télécharger