1.6. Consommation de soins par habitant

1.6.2. Séjours dans les établissements de santé par région, discipline et catégorie d’hospitalisation

En 2022, la reprise de l’activité hospitalière post-épidémie se poursuit avec moins de nuitées

Après la forte baisse en 2020 du nombre de journées d’hospitalisation en médecine, chirurgie, obstétrique (MCO), Soins Médicaux et de Réadaptation (SMR) et psychiatrie (PSY) du fait de la crise sanitaire liée à l’épidémie de covid-19, cette activité hospitalière reprend depuis 2021, sans pour autant revenir au niveau de 2019, tandis que l’hospitalisation à domicile (HAD) n’a cessé de progresser sur l’ensemble de la période (cf. Tableau 1).
Sur la période 2013-2022, qui englobe la baisse des prises en charge en 2020 et la légère reprise depuis, le nombre total de journées d’hospitalisation - complètes ou non - en MCO, SMR et PSY a diminué d’1 % en moyenne par an. En 2022, le secteur hospitalier a pris en charge 134,1 millions de journées d’hospitalisation, soit une augmentation de 3,3 % par rapport à 2020 (+2,6 % entre 2020 et 2021, et +0,7 % entre 2021 et 2022).
Les journées en MCO constituent toujours plus de la moitié de l’activité globale (cf. Graphique 1) et restent en 2022 en dessous de la valeur de 2013. Dans cette discipline, entre 2013 et 2019, le nombre de séjours a eu tendance à progresser (cf. Tableau 2) mais le nombre de journées d’hospitalisation diminuait déjà car la durée moyenne de séjour passait de 5,7 à 5,5 nuitées et la part d’hospitalisations sans nuitée augmentait (2013-2022).
La baisse de 11,7 % du nombre de séjours MCO en 2020 est finalement compensée en 2022 pour revenir à 18,9 millions de séjours. Après une augmentation en 2020, la durée moyenne de séjour en hospitalisation complète maintient le niveau de 2019 retrouvé en 2021 à 5,5 nuitées. Et la part d’hospitalisations sans nuitée atteint 49 % des séjours MCO en 2022, contre 38 % en 2013. Au-delà du développement des hospitalisations ambulatoires, la mise en œuvre en mars 2020 de l’instruction gradation des prises en charge ambulatoires a engendré un déport d’une activité auparavant réalisée en consultation externe vers l’hospitalisation sans nuitée.
Un quart des journées d’hospitalisation concernent le SMR, où le nombre de journées a le plus augmenté (+2,7 %) entre 2021 et 2022 (cf. Graphique 1), du fait de la progression de l’hospitalisation partielle.
Sur toute la période 2013-2022, le nombre total de journées d’hospitalisation à domicile (HAD) a augmenté chaque année de 5% en moyenne. Plus précisément, le nombre de journées d’HAD pour 1 000 journées d’hospitalisation complète en MCO/ SMR/ PSY n’a cessé de progresser (+6,9% en moyenne par an), pour atteindre 63,5 jours en 2022. En effet, le développement de ce mode de prise en charge a fait l’objet de politiques incitatives.

Tableau 1 ●Nombre de journées d’hospitalisation, par année

Source : PMSI, ATIH
*Nombre de journées= nombre total de nuitées +1 (exemple : 0 nuitée=1 journée)
**Taux de croissance annuel moye

Graphique 1 ● Nombre total de journées en hospitalisation complète ou partielle, par année et par discipline (en millions)

Source : PMSI, ATIH.

Tableau 2 ● Nombre de séjours et durée moyenne de séjours en MCO, par année

Source : PMSI, ATIH.

Un nombre de séjours MCO qui a plus augmenté dans le secteur lucratif depuis 2020

En 2022 comme en 2021, 64 % des séjours de MCO sont réalisés dans des établissements de santé du secteur ex-DG (publics et privés à but non lucratif).
Le nombre de séjours MCO en établissements de santé du secteur ex-OQN a davantage augmenté que celui des établissements ex-DG entre 2020 et 2022 (respectivement +15,8% et +11,9%). En 2022, 71% des séjours MCO en secteur ex-OQN étaient en hospitalisation partielle, contre 39% en secteur ex-DG.
La durée moyenne de séjour (DMS) en hospitalisation complète est plus courte dans le secteur ex-OQN (4 nuitées en 2022), davantage centré sur l’activité chirurgicale et interventionnelle que le secteur ex-DG (6 nuitées), à l’activité majoritairement médicale.
L’écart de DMS entre secteurs est plus marqué en chirurgie (3,7 nuitées en ex-OQN contre 6,4 nuitées en ex-DG) qu’en médecine (5,4 nuitées en ex-OQN contre 6,5 nuitées en ex-DG), tandis qu’il est faible en obstétrique (respectivement 4 et 4,7 nuitées).
 

Toujours moins d’hospitalisation complète en SMR et à temps complet en psychiatrie

En SMR, la progression du nombre de journées en hospitalisation partielle (jour/nuit, ou séances), arrêtée en 2020, a repris jusqu’à atteindre 4,9 millions de journées en 2022, un maximum depuis 2013. Elles représentent ainsi 14,5% des journées réalisées dans cette discipline.
En psychiatrie, les journées d’hospitalisation à temps complet ("prise en charge à temps complet dont hospitalisation à temps plein") sont en baisse constante de 2013 à 2022 (de 18,6 millions à 16 millions de journées). En 2022, toutes les autres formes d’activité représentaient 26% des journées facturées dans cette discipline. Leur nombre de journées hors hospitalisation à temps complet a remonté depuis 2020 mais reste inférieur à celui de 2019.
 

Des disparités régionales toujours marquées en 2022 dans les taux de recours aux soins

Les taux de recours à l’hospitalisation complète rapportent les séjours ou journées d’hospitalisation – selon les disciplines – au nombre d’habitants (cf. précisions méthodologiques ci-après).
Pour étudier les disparités de consommation entre régions, des taux de recours ont été calculés en fonction de la population domiciliée dans la région, quel que soit le lieu de réalisation des séjours, pour 10 000 habitants. Ce calcul permet donc de s’affranchir des phénomènes de fuite et d’attractivité entre régions pour se focaliser uniquement sur la fréquence à laquelle la population recourt à l’hospitalisation (ou à un acte en particulier).

  • Taux de recours standardisés en chirurgie et en médecine en hospitalisation complète 

La Carte 1.a présente les taux de recours standardisés (en neutralisant les différences de profil par âge et sexe) régionaux en chirurgie en hospitalisation complète avec au niveau national un taux de recours de 343 séjours pour 10 000 habitants en 2022. Déclinés à une maille régionale, ces taux font apparaître des disparités régionales de consommation importantes. Mayotte, la Martinique, la Guadeloupe et l’Ile-de-France se situent en-dessous de 300 séjours pour 10 000 habitants. Dans d’autres régions (Nouvelle-Aquitaine, Hauts-de-France, Occitanie, Corse, Auvergne-Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d'Azur et Normandie), les taux sont au moins de 350 séjours pour 10 000 habitants.
Le recours aux soins de médecine en hospitalisation complète est plus fréquent qu’en chirurgie, avec 727 séjours pour 10 000 habitants. Il révèle également des disparités régionales (cf. Carte 1.b). La Réunion, les Hauts-de-France, la Guyane et la Normandie présentent des taux de recours d’au moins 870 séjours pour 10 000 habitants, alors que Mayotte, la Martinique, la Corse, les Pays de la Loire et l’Occitanie sont à moins de 660 séjours pour 10 000 habitants.

  • Taux de recours standardisés en SMR

Les taux de recours standardisés en SMR varient aussi fortement selon les régions. Les Pays de la Loire, la Nouvelle-Aquitaine, la Martinique et Mayotte ont des faibles consommations alors que les populations de la Réunion, la Guadeloupe, la Corse, la Guyane et la Provence-Alpes-Côte d'Azur, sont très consommatrices de SMR (cf. Carte 2). Le taux de recours national en 2022 est de 4 990 journées pour 10 000 habitants en SMR.

  • Taux de recours standardisés en psychiatrie

Pour la psychiatrie, les taux de recours sont également contrastés (cf. Carte 3). En France métropolitaine, les régions Pays de la Loire et Grand Est ont les taux de recours les plus faibles (respectivement 2 445 et 2 505 journées pour 10 000 habitants). En outre-mer, Mayotte est à 350 journées pour 10 000 habitants tandis que la Réunion et la Guadeloupe sont respectivement à 2 447 et 2 888 journées. Les taux de recours aux soins psychiatriques les plus élevés concernent les régions Bretagne et Provence-Alpes-Côte d'Azur, avec des taux supérieurs à 3 800 journées pour 10 000 habitants. Au niveau national, le taux de recours en 2022 est de 3 218 journées pour 10 000 habitants.
 

Carte 1 ● Taux de recours standardisés en nombre de séjours en hospitalisation complète pour 10 000 habitants en 2022

1.a Chirurgie 1.b Médecine

 

Sources : PMSI, ATIH ; recensement de la population, INSEE.

Carte 2 ● Taux de recours standardisés en SMR, en nombre de journées pour 10 000 habitants en 2022

Sources : PMSI, ATIH ; recensement de la population, INSEE.

Carte 3 ● Taux de recours standardisés en psychiatrie, en nombre de journées pour 10 000 habitants en 2022

Sources : PMSI, ATIH ; recensement de la population, INSEE.

Définitions
Dans le PMSI-MCO, un séjour d’une durée inférieure à un jour est classé en « séjour sans nuitée » quels que soient le diagnostic principal et la vocation de l’unité de prise en charge. L’hospitalisation partielle concerne l’accueil de jour ou de nuit et les unités ayant des activités d’anesthésie ou de chirurgie ambulatoire de moins d’un jour. Elle fait partie, avec l’hospitalisation à domicile (HAD), des alternatives à l’hospitalisation à temps complet.

Les taux de recours régionaux bruts traduisent le recours à l’offre de soins de la population domiciliée dans la région, quel que soit le lieu de réalisation (au sein d’un établissement de la région ou non). Ils sont calculés pour 10 000 habitants à l’aide des données de population au 1er janvier 2020, dans les limites territoriales des communes au 1er janvier 2023 produites par l’Insee. Ils sont standardisés selon la méthode de standardisation directe et correspondent aux taux que l’on observerait si chacune des régions avait la même structure par âge et sexe que la population au niveau national. Les données relatives aux habitants de St Pierre et Miquelon, Wallis-et-Futuna, Polynésie Française et Nouvelle Calédonie ne sont pas prises en compte au niveau national.

Pour la médecine et la chirurgie, les taux sont calculés à partir du nombre de séjours en hospitalisation complète et n’incluent pas l’activité interventionnelle, ni les séjours relatifs à la maternité. Concernant les SMR et la psychiatrie, les taux sont calculés à partir du nombre de journées d’hospitalisation, qu’elle soit complète ou à temps complet ou non.

Sources des données : 
Le Programme de Médicalisation des Systèmes d’Information recueille pour chaque séjour des informations sur les caractéristiques des patients (sexe, âge, lieu de résidence), sur le ou les diagnostics et sur les actes réalisés pendant le séjour.
Les données présentées ici proviennent du PMSI, qu’il s’agisse des activités de médecine, chirurgie et obstétrique (MCO), de soins de suite et de réadaptation (SMR), de la psychiatrie ou de l’hospitalisation à domicile (HAD).
Sont comptabilisées les activités d’hospitalisation complète ou partielle des établissements de santé ayant fonctionné en 2022, en France métropolitaine et dans les DROM.

Références complémentaires utiles : ATIH, Analyse de l’activité hospitalière 2022 ; publications par champ.

Organismes responsables de la production de l’indicateur : DGOS

Téléchargements complémentaires

  • Intégralité du REPSS - Maladie - Edition 2024 8 MB   Télécharger
  • Synthèse du REPSS - Maladie - Edition 2024 819 KB   Télécharger
  • Données du REPSS Maladie - Edition 2024 7 MB   Télécharger