1.6. Consommation de soins par habitant

1.6.2. Séjours dans les établissements de santé par région, discipline et catégorie d’hospitalisation

En 2020, baisse de l’activité pour toutes les disciplines, excepté l’hospitalisation à domicile

En raison de la crise sanitaire liée à l’épidémie de COVID-19 et notamment de la baisse marquée d’activité lors du premier confinement, le nombre de journées d’hospitalisation a nettement diminué entre 2019 et 2020 pour l’ensemble des disciplines, excepté l’hospitalisation à domicile (cf. graphique 1).
En médecine, chirurgie et obstétrique (MCO), le nombre de séjours a diminué de 11,7 % entre 2019 et 2020 (cf. tableau 1). En effet, les soins non urgents ont été reportés pour permettre l’accueil des patients COVID, dont les séjours ont représenté moins de 2 % de l’ensemble des hospitalisations MCO en 2020 (soit 219 000, cf précisions méthodologiques). L’activité ayant été recentrée sur les pathologies les plus lourdes nécessitant des séjours plus longs, le nombre total de journées MCO a un peu moins diminué que le nombre de séjours.
Les déprogrammations des soins hospitaliers non urgents ont davantage concerné l’activité chirurgicale et interventionnelle que l’activité médicale. En 2020, le nombre de séjours a baissé de 16 % en chirurgie, 14 % en interventionnel, contre 9 % en médecine.
Les journées d’hospitalisation en soins de suite et de réadaptation (SSR) et en psychiatrie (PSY) ont un peu plus diminué qu’en MCO entre 2019 et 2020, notamment du fait d’une baisse importante des hospitalisations partielles, que ce soit pour les hospitalisations de jour en SSR ou pour les prises en charge hors temps complet en PSY.
Seules les hospitalisations à domicile (HAD) enregistrent un nombre de journées plus important en 2020 par rapport à 2019 : +10,8 %. L’activité HAD connaît une croissance continue depuis plusieurs années, mais l’évolution 2019-2020 est la plus élevée depuis 2011. En 2020, l’HAD a été fortement mobilisée en soutien aux établissements MCO. Elle est très présente en surveillance des patients COVID, à la suite d’hospitalisations MCO nécessitant des soins palliatifs et en substitution du MCO pour la chimiothérapie anticancéreuse.

Des activités de MCO différemment impactées selon les secteurs

La majorité des séjours en MCO (64,5 % en 2020) sont réalisés dans des établissements du secteur ex-DG (établissements publics de santé et établissements de santé privés à but non lucratif). 
Globalement, entre 2019 et 2020, la baisse de l’activité MCO est légèrement plus marquée dans le secteur ex-OQN (-12,5 %) que dans le secteur ex-DG (-11,2 %).
Cette évolution globalement semblable masque des différences de structure des activités et de stratégies de déprogrammation par secteur.
Le secteur ex-OQN est davantage centré sur l’activité chirurgicale et interventionnelle que le secteur ex-DG, à l’activité majoritairement médicale. D’ailleurs, près de 9 patients COVID sur 10 ont été pris en charge dans un établissement ex-DG.
La déprogrammation massive des interventions non urgentes au printemps 2020 a eu un impact plus fort sur le secteur ex-OQN. Mais la reprise des activités chirurgicales et interventionnelles a atteint un niveau supérieur à 2019 de juin à septembre, tandis qu’au sein du secteur ex-DG, une augmentation d’activité par rapport à 2019 n’est apparue que pour le mois de septembre.
Lors du dernier trimestre, la baisse d’activité liée au second confinement a été moindre dans le secteur ex-OQN que dans le secteur ex-DG. 
 

Une progression de l’hospitalisation partielle en MCO et SSR freinée en 2020

De 2011 à 2020, la part des séjours de MCO en hospitalisation partielle a continuellement augmenté, passant de 37 % à 44 %. En effet, le nombre de séjours en hospitalisation partielle a augmenté de 30,5 % de 2011 à 2019 quand celui des séjours en hospitalisation complète (au moins une nuitée) a diminué de 3,9 %. En 2020, la baisse du nombre de séjours a autant affecté les hospitalisations partielles que complètes. De ce fait, le nombre total de journées d’hospitalisation en MCO a diminué de 4,0 % de 2011 à 2019, puis de 10,0 % de 2019 à 2020.
Si le nombre de journées de SSR en hospitalisation partielle a également augmenté de 2011 à 2019, en passant de 2,8 à 4,6 millions, le volume d’hospitalisations complètes est resté stable, autour de 33 millions de journées. Ainsi, le nombre total de journées a progressé de 6,0 %. De 2019 à 2020, les journées d’hospitalisation partielle ont diminué de 33 % contre 10 % en hospitalisation complète, dans un contexte où des activités d’hospitalisation de jour ont été déprogrammées du fait de la crise sanitaire.
Concernant la psychiatrie, l’activité est globalement en baisse de 2011 à 2020, quel que soit le mode de prise en charge, de façon encore plus marquée en 2020. Les journées hors prise en charge à temps complet s’élevaient à 8,1 millions en 2011, contre 6,4 en 2019 et 4,7 en 2020.
 

Tableau 1 ● Nombre de séjours en MCO, de journées d’hospitalisation, et durées moyennes de séjour en hospitalisation complète

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Source : PMSI, ATIH.
MCO : médecine, chirurgie, obstétrique ; SSR : soins de suite et de réadaptation ; PSY : psychiatrie ; HAD : hospitalisation à domicile
*Nombre de journées d’hospitalisation = nombre total de nuitées +1 (exemple : 0 nuitée=1 journée).

Graphique 1 ● Journées en hospitalisation complète ou partielle

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Champ : France métropolitaine et DROM (hors Mayotte), y compris le service de santé des armées (SSA) et les titulaires de contrats aidés. L’ensemble du personnel non médical du secteur hospitalier est inclus, à l’exception des stagiaires, étudiants et apprentis.
Sources : Insee, DADS-Grand Format 2011-2016, DADS-DSN 2017-2019, Siasp 2011-2019, traitements DREES.

 

Légère hausse des durées moyennes de séjour en hospitalisation complète MCO en 2020

La durée moyenne de séjour en MCO en hospitalisation complète s’élève à 5,6 nuitées en 2020, en légère hausse par rapport à 2019 (+2,4 %). Les durées moyennes de séjour sont en hausse en chirurgie (+0,8 %) et en médecine (+4,6 %), mais en baisse en obstétrique ( 3,7 %), et ce dans le secteur ex-DG comme dans le secteur ex-OQN, même si les hausses sont plus importantes en secteur ex-DG. C’est dans le secteur ex-DG que la durée moyenne de séjour en MCO est la plus longue (6,0 nuitées contre 4,2 nuitées dans le secteur ex-OQN en 2020). L’écart le plus important entre les secteurs ex-DG et ex-OQN concerne la chirurgie (2,6 nuitées supplémentaires pour le secteur ex-DG). En 2020, à l’échelle régionale en France métropolitaine, les durées moyennes de séjour les plus faibles en MCO sont celles de la Provence-Alpes-Côte d’Azur et de l’Occitanie (5,3 nuitées). À l’inverse, le Centre-Val de Loire a la durée moyenne de séjour la plus longue (6,0 nuitées).

Une tendance générale à la baisse du taux de recours en chirurgie complète mais des disparités régionales marquées dans le recours aux soins

Les taux de recours à l’hospitalisation ont sensiblement diminué entre 2019 et 2020, quelle que soit la discipline. Cependant, les disparités régionales sont restées quasiment identiques.
Pour étudier les disparités de consommation entre régions, une exploitation spécifique des bases PMSI a été effectuée afin d’analyser les taux de recours aux soins de la population. Le taux de recours correspond au nombre de séjours (journées pour les SSR et la psychiatrie) annuels de la population domiciliée dans la région, quel que soit le lieu de réalisation des séjours, pour 10 000 habitants (cf. précisions méthodologiques). Ce calcul permet donc de s’affranchir des phénomènes de fuite et d’attractivité entre régions pour se focaliser uniquement sur la fréquence à laquelle la population recourt à l’hospitalisation (ou à un acte en particulier).

Taux de recours standardisés en chirurgie et en médecine en hospitalisation complète 
La carte 1.a présente les taux de recours standardisés régionaux en chirurgie en hospitalisation complète avec au niveau national un taux de recours de 326 séjours pour 10 000 habitants. Déclinés à une maille régionale, ces taux font apparaître des disparités régionales de consommation importantes. Les régions d’outre-mer, l’Ile-de-France (286 séjours pour 10 000 habitants) ou la Bretagne (315 séjours pour 10 000 habitants) se situent par exemple en dessous de la moyenne nationale. Dans d’autres régions (Corse, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Occitanie, Hauts-de-France, et Nouvelle-Aquitaine), les taux se situent au-delà de 340 séjours pour 10 000 habitants.
De la même manière que pour la consommation de soins de chirurgie, les taux de recours standardisés révèlent des différences régionales dans la consommation de soins de médecine en hospitalisation complète (cf. carte 1.b). Les régions de La Réunion, les Hauts-de-France, la Guyane et la Normandie présentent des taux de recours d’au moins 780 séjours pour 10 000 habitants, alors que la Corse, Mayotte, la Martinique, la Guadeloupe et l’Occitanie sont à moins de 660 séjours pour 10000 habitants. Au niveau national, le taux de recours est de 725 séjours pour 10 000 habitants pour la médecine en hospitalisation complète.

Taux de recours standardisés en SSR
Les taux de recours standardisés en SSR varient fortement selon les régions. Les régions de Mayotte, la Martinique, les Pays de la Loire et la Nouvelle Aquitaine ont des faibles consommations alors que les populations des régions Île-de-France, Provence-Alpes-Côte d'Azur, Corse, Guyane et Guadeloupe sont très consommatrices de SSR (cf. carte 2). Le taux de recours national 2020 est de 4 866 journées pour 10 000 habitants en SSR.

Taux de recours standardisés en psychiatrie
Pour la psychiatrie, les taux de recours standardisés font également apparaître de fortes disparités régionales (cf. carte 3). En France métropolitaine, les régions Grand Est et Pays de la Loire ont ainsi les taux de recours les plus faibles (respectivement 2 466 et 2 481 journées pour 10 000 habitants). Mayotte et la Guyane sont à moins de 600 journées pour 10 000 habitants et la Guadeloupe à 2 028 journées. Les taux de recours aux soins psychiatriques les plus élevés concernent les régions Provence-Alpes-Côte d'Azur, Bretagne, Martinique et Corse, avec des taux supérieurs à 3 800 journées pour 10 000 habitants. Au niveau national, le taux de recours 2020 est de 3 163 journées pour 10 000 habitants.
 

Carte 1 ● Taux de recours standardisés en nombre de séjours en hospitalisation complète pour 10 000 habitants en 2020

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Source : PMSI, ATIH. ©geofla 2019

Carte 2 ● Taux de recours standardisés en SSR en nombre de journées pour 10 000 habitants en 2020

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Source : PMSI, ATIH. ©geofla 2019

Carte 3 ● Taux de recours brut en psychiatrie en nombre de journées pour 10 000 habitants en 2020

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Source : PMSI, ATIH. ©geofla 2019

Définitions : 

Dans le PMSI-MCO, un séjour d’une durée inférieure à un jour est classé en « séjour sans nuitée » quels que soient le diagnostic principal et la vocation de l’unité de prise en charge. L’hospitalisation partielle concerne l’accueil de jour ou de nuit et les unités ayant des activités d’anesthésie ou de chirurgie ambulatoire de moins de un jour. Elle fait partie, avec l’hospitalisation à domicile (HAD), des alternatives à l’hospitalisation à temps complet.

Les patients COVID sont ceux ayant effectué au moins un séjour en hospitalisation complète pour lequel un diagnostic de COVID-19 a été codé en position de diagnostic principal ou relié, selon la classification CIM-10 (U07.1, U07.10, U07.11, U07.14 ou U07.15). Il s’agit donc de patients dont le motif de recours est la COVID-19.

Le taux de recours régional brut par activité de soins se définit comme le ratio entre le nombre de séjours en médecine et chirurgie (de journées en SSR et psychiatrie), en 2020, pour 10 000 habitants. Ce taux traduit le recours à l’offre de la population domiciliée dans la région, quel que soit le lieu de réalisation des séjours/journées (au sein d’un établissement de la région ou non). Les taux de recours en médecine et chirurgie n’incluent pas l’activité interventionnelle. Les séjours classés dans les catégories majeures de diagnostic (CMD) 14 et 15 en MCO (relatifs à la maternité) ont été exclus. Le taux de recours au niveau national ne tient pas compte des données relatives aux habitants de St Pierre et Miquelon, Wallis-et-Futuna, Polynésie Française et Nouvelle Calédonie.

Le taux de recours standardisé est calculé selon la méthode de standardisation directe. Il correspond au taux que l’on observerait si chacune des régions avait la même structure par âge et sexe que la population de référence. La population de référence ne prend pas en compte les habitants de St Pierre et Miquelon, Wallis-et-Futuna, Polynésie Française et Nouvelle Calédonie.

Ces taux sont calculés à l’aide des données démographiques de l’Insee : données de population au 1er janvier 2018 dans les limites territoriales des communes au 1er janvier 2021.

Sources des données : 
Le Programme de Médicalisation des Systèmes d’Information recueille pour chaque séjour des informations sur les caractéristiques des patients (sexe, âge, lieu de résidence), sur le ou les diagnostics et sur les actes réalisés pendant le séjour.
Les données présentées ici proviennent du PMSI, qu’il s’agisse des activités de médecine, chirurgie et obstétrique (MCO), de soins de suite et de réadaptation (SSR), de la psychiatrie ou de l’hospitalisation à domicile (HAD).
Sont comptabilisées les activités d’hospitalisation complète ou partielle des établissements de santé ayant fonctionné en 2020, en France métropolitaine et dans les DROM.
Les données 2019 ont été recalculées afin de prendre en compte les corrections apportées par certains établissements en 2021 sur les séjours terminés en 2019.
 

Organismes responsables de la production de l’indicateur : DGOS

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