En 2019, plus de 96 % de la population française métropolitaine âgée de 15 ans ou plus bénéficie d’une complémentaire santé. Malgré l’existence de dispositifs publics en faveur des individus les plus pauvres, la non-couverture reste élevée parmi les chômeurs et les retraités modestes ainsi que, plus généralement, parmi les 10 % d’individus au niveau de vie le plus faible. Les contrats collectifs, qui sont en moyenne plus couvrants que les contrats individuels et qui bénéficient d’un meilleur rapport qualité/prix, concernent plus de 80 % des salariés du secteur privé. À l’opposé, plus de 90 % des retraités sont couverts par un contrat individuel. La généralisation en 2016 de la complémentaire santé d’entreprise des salariés du secteur privé a contribué à réduire légèrement le taux de non-couverture de la population, notamment pour les salariés précaires.

En 2019, plus de 96 % de la population française métropolitaine de 15 ans ou plus bénéficie d’une complémentaire santé

Selon l’enquête santé européenne (EHIS), plus de 96 % de la population résidant en France métropolitaine âgée de 15 ans ou plus bénéficie d’une complémentaire santé en 20191. Le taux de personnes sans complémentaire santé, qui s’élève à 3,7 %, a peu varié depuis 2017 (selon l’enquête Statistiques sur les ressources et les conditions de vie [SRCV]). Il atteignait 4,5 % à 5 % entre 2010 et 2014 selon les enquêtes Santé et Protection sociale (ESPS) (cf graphique 1). L’absence de complémentaire santé concerne une faible proportion de la population depuis de nombreuses années, qui diminue progressivement. La généralisation de la complémentaire santé d’entreprise a contribué à cette tendance à partir de 2016 (Pierre, 2022a et 2022b ; Fouquet, 2020), mais c’est au début des années 2000, avec l’introduction de la CMU-C et de l’ACS, que la non-couverture a le plus diminué en France : alors que près de 14 % de la population française de 15 ans ou plus ne bénéficiait pas d’une complémentaire santé en 1996, 8 % n’était pas couverte en 2002 et 6 % environ en 2008.


Graphique 1 ● Evolution du taux de non-couverture entre 1996 et 2019

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EHIS : enquête santé européenne ; ESPS : enquêtes Santé et Protection sociale ; SRCV : enquête Statistiques sur les ressources et les conditions de vie.
*En 2014, l’enquête ESPS a accueilli les questions du module santé européen, se dénommant ainsi EHIS-ESPS.
Lecture : En 2019, 3,7 % de la population française déclare ne pas être couverte par une complémentaire santé.
Champ : Population française métropolitaine.
Sources : Pierre (2022a) ; Irdes, ESPS ; Insee, SRCV ; DREES, EHIS


1 . En Guadeloupe, 91 % des personnes sont couvertes, en Martinique 93 %, en Guyane 80 %, à La Réunion 97 %. À Mayotte, où la CMU-C n’existait pas en 2019, le taux de couverture est de 12 % (Leduc et al., 2021). Sur le champ France entière, le taux de personnes de 15 ans ou plus couvertes par une complémentaire santé en 2019 reste de 96 %, comme en métropole.

Les dispositifs publics de soutien à la souscription d’une complémentaire santé

De nombreux dispositifs publics ont été instaurés pour favoriser la couverture par une complémentaire santé et améliorer la couverture assurantielle de la population. Dès 1979, les décideurs publics ont cherché à étendre les contrats d’entreprise en introduisant des exonérations de cotisations sociales et d’impôts. Les exonérations d’impôts ont ensuite été généralisées aux travailleurs indépendants en 1994 par la loi Madelin, en contrepartie de leur souscription à un contrat individuel. Plus récemment, l’accord national interprofessionnel (ANI) de 2013 a rendu obligatoire la couverture par une complémentaire santé financée en partie par les employeurs à l’ensemble des salariés du secteur privé, à compter du 1er janvier 2016. La généralisation de la complémentaire santé au sein de la fonction publique est par ailleurs d’ores et déjà prévue à partir de 2025. En parallèle, deux dispositifs ont été introduits pour les personnes les plus précaires, en 2000 et en 2005. Le premier, la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C), permettait de bénéficier à titre gratuit d’une couverture de l’ensemble de leurs tickets modérateurs (TM) et de ne pas se voir appliquer de dépassements d’honoraires. Le second, l’aide au paiement d’une complémentaire santé (ACS), proposait aux personnes en situation de pauvreté dont les revenus dépassaient le seuil d’éligibilité à la CMU-C, de bénéficier d’un chèque réduisant le coût de la prime d’un contrat de complémentaire santé. Ces personnes sont également, depuis 2013, exemptées des dépassements d’honoraires pour leurs consultations de médecins. En novembre 2019, la CMU-C et l’ACS ont fusionné au sein d’un dispositif unique simplifié, la complémentaire santé solidaire (CSS) (cf Fiche 2-5-1). Les différentes aides socio-fiscales associées à ces dispositifs contribuent à maintenir un niveau élevé de couverture dans la population, mais elles sont réparties de façon inégale. 

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Téléchargements complémentaires

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  • Synthèse du REPSS - Maladie - Edition 2025 499 KB   Télécharger
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