1.4. Répartition et honoraires des médecins

1.4.2. Honoraires des médecins libéraux

En 2021, 44 % des médecins exercent une activité régulière libérale, 44 % une activité salariée et 12 % une activité mixte.

Les omnipraticiens, qui représentent un peu plus de la moitié des médecins libéraux, ont perçu en moyenne 15 000€ d’honoraires par mois en 2021

En 2021, les médecins libéraux actifs à part entière (cf. encadré « précisions méthodologiques ») ont perçu en moyenne 270 000 euros d’honoraires issus de leur activité libérale. Les honoraires sont en moyenne plus élevés pour les médecins disposant d'une liberté tarifaire (26 % des effectifs en secteur 2, en 2021), soit de 389 000 € contre 228 000 € pour les médecins de secteur 1. Les médecins de secteur 1 sont tenus de pratiquer les tarifs conventionnés (correspondant à la base de remboursement); en contrepartie d’une prise en charge partielle de leurs cotisations par l’assurance maladie. Les omnipraticiens, qui représentent un peu plus de la moitié des médecins libéraux, ont perçu en moyenne 181 000 euros, contre 379 000 euros pour les médecins spécialistes, qui ont cependant des charges souvent plus élevées.

Un retour à la normale après la crise du Covid-19

L’année 2021 a été marquée par la reprise d’une activité normale des médecins, suite à une année 2020 impactée par l’épidémie de Covid-19. En euros constants (cf. tableau 1), les honoraires des médecins ont augmenté de 8,9 % entre 2020 et 2021, de façon plus marquée pour les spécialistes (+10,0 %) que pour les omnipraticiens (+6,9 %). Les médecins ont ainsi retrouvé des niveaux d’honoraires proches de l’évolution annuelle moyenne observée avant l’épidémie (+2,1 % entre 2017 et 2019 et +2,0 % entre 2019 et 2021). La reprise a été un peu plus forte pour les omnipraticiens (+0,9 % entre 2017 et 2019 et +1,4 % entre 2019 et 2021) que pour les spécialistes (+2,6 % entre 2017 et 2019 et +2,3 % entre 2019 et 2021). La reprise des médecins en secteur 1 (cf. données disponibles dans le fichier excel) a permis de retrouver des niveaux plus proches qu’avant la crise, comparativement aux secteurs 2.

Tableau 1 ● Honoraires annuels des médecins libéraux (issus de l’activité libérale) par spécialité

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Source : AMOS, CNAM, traitement DSS.
Champ : ensemble des médecins actifs à part entière en secteur 1 ou secteur 2 (les médecins en secteur 1 avec droit permanent à dépassement ont été retirés), France entière.
(1) y compris médecine génétique ; (2) y compris hématologie et oncologie médicale ; (3) gynécologie médicale et/ou obstétrique ; (4) chirurgie médicale, maxillo-faciale, plastique reconstructrice et esthétique, thoracique et cardio-vasculaire, vasculaire, viscérale et digestive, générale ; (5) y compris chirurgie orale, maxillo-faciale et stomatologie ; (6) y compris réanimation chirurgicale ou médicale ; (7) médecine nucléaire, oncologie radiothérapie, radiothérapie, radiodiagnostic et imagerie médicale.
Note de lecture : Les honoraires totaux des omnipraticiens s’élèvent à 181 000 euros en 2021. En euros constants, entre 2020 et 2021, ils ont augmenté de 6,9 %.
* L’année 2021 est en euros courants et les années précédentes (de 2017 à 2020) sont en euros 2021 courants (les montants de ces années sont rehaussés de l’inflation observée, mesurée par l’évolution de l’indice annuel des prix à la consommation de l’INSEE). 

En 2021, des disparités selon la spécialité, le secteur de conventionnement …

Les médecins spécialistes libéraux ont des niveaux de rémunération très variables selon la spécialité. Se trouvent en haut de l’échelle les spécialités de radiologie (782 000 €), suivis par l’anatomo-cyto-pathologie (755 000 €) et les ophtalmologues (563 000 €) dont l’activité se compose essentiellement d’actes techniques. La gériatrie et la médecine d’urgence, dont l’activité est majoritairement clinique, figurent en bas de l’échelle des honoraires (respectivement 143 000 € et 142 000 € en 2021). 
Les honoraires des spécialistes de secteur 2 (qui représentent un spécialiste libéral sur deux), sont 14 % plus élevés que ceux des spécialistes du secteur 1, pour un montant de 401 500 € contre 351 900 €. Les spécialistes pour lesquels la différence d’honoraires entre secteur 1 et secteur 2 est la plus importante sont les ophtalmologues (+84 %) et les gynécologues (+70 %). Pour l’ensemble des médecins libéraux, les dépassements des tarifs conventionnés représentent en moyenne 14,2 % des honoraires sans dépassements en 2021. Si l’on considère uniquement les médecins autorisés à dépasser, ces taux de dépassement représentent 29,2 % pour les omnipraticiens et 44,8 % pour les spécialistes.
 

... et le genre

Les honoraires moyens perçus par les omnipraticiennes sont 24 % moins élevés que ceux de leurs homologues masculins (soit 47 000 € de différence annuelle, cf. graphique 1 et encadré « précisions méthodologiques » pour la différence de niveaux d’honoraires entre le graphique 1 et le tableau 1). Parmi elles, celles pouvant réaliser des dépassements ont un écart plus marqué, percevant 37 % d’honoraires en moins que leurs homologues masculins. L’écart moyen de rémunération entre hommes et femmes spécialistes est plus important que chez les omnipraticiens, soit de 33 % (120 000€ en moyenne annuelle), sans différence notable entre secteurs d’activité. La part de femmes exerçant en secteur 2 est légèrement en-deçà de celle des hommes chez les omnipraticiens (5 % contre 8 %), tandis qu’il n’y a pas de différence chez les spécialistes (52 %).

Graphique 1 ● Honoraires annuels des médecins libéraux (issus de l’activité libérale) en 2021

Mal.1.4.2_G1.jpg

Source : AMOS, CNAM, traitement DSS.
Champ : ensemble des médecins ayant perçu au moins un euro d'honoraires au cours de l'année, France entière.
Note : le "secteur 2" désigne ici l'ensemble des médecins disposant d'une liberté tarifaire (y compris non conventionnés et secteurs 1 avec un droit permanent à dépassement).

Graphique 2 ● Décomposition des honoraires sans dépassements des médecins généralistes en 2021
(tous secteurs de conventionnement)

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Source : données remboursables, dépassements d’honoraires, prise en charge des praticiens auxiliaires médicaux (Cnam), traitement DSS.
Champ : Tous régimes, France entière.
* Permanence des soins, rémunération sur objectifs de santé publique, forfait structure, assistants médicaux, rémunérations des praticiens territoriaux (PTMG, PTMA, PIAF), PAERPA et soins de proximité, contrats démographiques (CAIM, COSCOM, COTRAM, CSTM), forfait patientèle médecin traitant.
Note : Par souci de lisibilité, les postes représentant sur le total des honoraires une part, arrondie à l’unité, inférieure à 1 % ont été enlevés du graphique (cf. annexe pour le détail des données).

Sources des données

Les données du tableau 1 et du graphique 1 sont issues depuis 2015 de la base AMOS (assurance maladie-offre de soins) du Système National d’Informations Inter-Régimes de l’Assurance Maladie (SNIIRAM). Les données du graphique 2 proviennent de la statistique mensuelle produite par la Cnam pour les données remboursables, de la base AMOS pour les dépassements d’honoraires et de la Cnam pour la prise en charge des cotisations familiales, vieillesse et maladie des praticiens auxiliaires médicaux.

Indications complémentaires

La Cnam a créé la sous-catégorie des professionnels de santé actifs à part entière (APE) afin d’avoir une base de données de professionnels de santé avec un « profil comparable et une activité homogène et complète, une année donnée ». Ainsi, un « professionnel de santé est dit actif à part entière lorsqu’il est âgé de moins de 65 ans et qu'il exerce son activité du 1er janvier au 31 décembre de l’année considérée dans un cadre conventionné avec l'Assurance Maladie. Les médecins salariés de l'hôpital (dits hospitaliers à temps plein ou HTP) qui exercent une activité libérale complémentaire au sein de l'hôpital (consultations privées) sont exclus du champ des APE ». L’utilisation de cette sous-population est conseillée lorsque l’on s’intéresse aux honoraires moyens des professionnels de santé ainsi que lorsque l’on souhaite comparer les données d’une année sur l’autre.

Les données du graphique 1 et du tableau 1 divergent car elles ne reposent pas sur la même base de données. Le tableau 1 repose sur des effectifs APE (revoir précisions ci-dessus), tandis que le graphique 1 repose sur l’ensemble des médecins ayant perçu au moins un euro d'honoraire au cours de l'année, ce qui biaise vers le bas le montant moyen des honoraires des médecins libéraux. En effet, la moyenne des honoraires est tirée vers le bas par les médecins s’étant installés ou étant partis en cours d’année, les médecins de plus de 65 ans avec une activité partielle ainsi que les hospitaliers à temps plein.

Organismes responsables de la production de l’indicateur : DSS

Téléchargements complémentaires