1.4. Répartition et honoraires des médecins

1.4.1. Densité départementale des médecins généralistes et spécialistes

Au 1er janvier 2021, on comptait en France 228 000 médecins (médecin généraliste et spécialistes). En forte hausse depuis les années 1980, avec une croissance supérieure à celle de la population, les effectifs de médecins augmentent à un rythme qui a progressivement ralenti depuis 2006. La densité de médecins s’élève à 339 médecins pour 100 000 habitants en 2020, un niveau similaire à celui observé en 2019. Des déséquilibres persistent parfois dans l’offre de soins, ce qui soulève, in fine, la question de la répartition géographique et de l’organisation des soins sur le territoire national. Il est donc important d’apprécier les disparités territoriales.

Des disparités territoriales

En 2021, en France, la densité moyenne des médecins généralistes est de 150 pour 100 000 habitants, avec 57 % de libéraux. Pour les spécialistes la densité est de 189 pour 100 000 habitants avec 34 % de libéraux. Si l’offre de soins de premier recours est globalement satisfaisante sur l’ensemble du territoire, et si les distances d’accès restent correctes, l’accès aux soins spécialisés semble plus contrasté.
Pour les omnipraticiens (définition dans la méthodologie), la densité la plus forte est constatée dans le département des Hautes-Alpes (266 généralistes pour 100 000 habitants), puis dans les départements de Paris intra-muros (239 généralistes pour 100 000 habitants), et de la Savoie (204 généralistes pour 100 000 habitants). A contrario, les départements qui présentent les plus faibles densités sont, outre Mayotte (49 généralistes pour 100 000 habitants), l’Eure, la Seine-et-Marne et l’Eure-et-Loir qui présentent une densité de généralistes inférieure à 100 praticiens pour 100 000 habitants.
Pour les médecins spécialistes, les densités les plus élevées sont observées dans les départements des plus grandes agglomérations, avec Paris en tête (635 pour 100 000 habitants), puis à niveau moindre les départements du Rhône avec Lyon, des Alpes-Maritimes avec Nice, et les Bouches-du-Rhône avec Marseille (respectivement 282, 279 et 268 spécialistes pour 100 000 habitants). Les départements les moins denses sont ceux de Mayotte et de l’Eure (respectivement 37 et 72 spécialistes pour 100 000 habitants). 12 autres départements n’atteignent pas les 100 spécialistes pour 100 000 habitants.

Une baisse du nombre de généralistes et une hausse de celui des spécialistes

Entre 2012 et 2021 la densité des médecins généralistes baisse (-7 %) au niveau national, mais les évolutions sont très contrastées selon les départements (cf. carte 2). Le département dont la densité a crû le plus fortement est la Guadeloupe (+23 %). Viennent ensuite, mais dans des proportions moindres, la Martinique (16 %), la Savoie (15 %), la Guyane (+14 %), le Morbihan (+12 %), la Réunion et le Finistère (+10 %). A contrario, l’Île de France concentre de fortes décroissantes : les huit départements qui composent la région connaissent tous une baisse d’au moins 10 % de leur densité sur la période, 7 d’entre eux subissent une baisse d’au moins 15 % (la Seine-Saint-Denis, l’Aisne, l’Eure-et-Loir, le Val d’Oise, la Seine et Marne, l’Essonne, l’Yvelines).
S’agissant des spécialistes, la densité est en revanche en hausse entre 2012 et 2021, avec un taux de croissance de 4 %. Les départements dont la densité de spécialistes à le plus fortement progressé sont le Territoire de Belfort (+35 %), la Réunion (+30 %), la Guadeloupe (+28 %) et la Somme (+27 %). En région Île de France, l’évolution positive la plus marquée concerne Paris intra-muros (+15 %). A contrario, les départements où la baisse de la densité de spécialistes est la plus forte sont l’Ain (-13 %), la Creuse (-10 %) et la Meuse (-9 %).
 

Carte 1 ● Densité de médecins pour 100 000 habitants au 1er janvier 2021

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Sources : RPPS 2021, ASIP-Santé ; estimations de population 2021, Insee ; traitements Drees. ©geofla 2019

Carte 2 ● Taux d’évolution des densités des médecins entre 2009 et 2020

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Sources : Répertoire Adeli 2009, Drees ; RPPS 2020, ASIP-Santé ; estimations de population 2009 et 2020, Insee ; traitements Drees. 
Note : Mayotte n’est pas représenté ici, car les données ne sont pas disponibles pour 2009. ©geofla 2019

Près d’un généraliste sur deux a plus de 55 ans

Au niveau national, 46 % des médecins généralistes ont plus de 54 ans. La part des généralistes de plus de 55 ans est particulièrement faible en Guyane (30 %) et n’atteint pas les 40 % dans 12 autres départements : la Haute-Vienne, la Somme, la Haute-Savoie, la Savoie, les Pyrénées-Atlantiques, le Morbihan, la Marne, le Maine et Loire, la Loire-Atlantique, la Loire, l’Ille-et-Vilaine, le Finistère, le Doubs et le Calvados. (cf. carte 3). Elle dépasse les 50 % dans 44 départements et 60 % dans 5. Le vieillissement des médecins généralistes dans ces départements où la densité de généralistes est souvent déjà en dessous de la moyenne nationale, risque d’y fragiliser l’accès aux soins dans les prochaines années.
La part des spécialistes âgés d’au moins 55 ans est de 45 % au niveau national. Elle atteint son plus bas niveau en Ille-et-Vilaine et en Loire-Atlantique (33 %) mais reste inférieure à 40 % dans 22 départements. Elle est la plus élevée dans le Lot avec 69 %. Dans 38 départements la part des 55 ans et plus est supérieure à 50 %, dans 14 elle est supérieure à 60 %.

On retrouve une densité de médecins au-dessous de la moyenne dans les départements où le vieillissement des praticiens est fort. Combiné au vieillissement général de la population française, l’accès aux soins dans ces départements pourrait être fragilisé dans les années à venir.

Carte 3 ● Part des médecins âgés de 55 ans et plus au 1er janvier 2021

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Source : RPPS 2021, ASIP-Santé ; estimations de population 2021, Insee ; traitements Drees. ©geofla 2019

Définition : 
Les omnipraticiens regroupent les médecins généralistes et les MEP (médecins à expertise particulière). Les MEP ne sont pas considérés comme des spécialistes bien qu’ils aient un domaine « d’expertise particulière » :
Tu trouveras sur internet la distinction entre les différents MEP, à savoir :
-    Les « MEP proches de la médecine générale » : médecine gériatrique, médecine du sport, médecine d’urgence, médecine de catastrophe, etc. et ;
-    Les « MEP éloignés de la médecine générale » : allergologie, angiologie, diabétologie, médecine légale etc.

Sources des données : 
Ces indicateurs sont réalisés à partir du Répertoire partagé des professions de santé (RPPS) qui recense au plan national, mais aussi régional et départemental, les médecins de santé en activité. Le RPPS a remplacé Adeli comme source d’analyse de la démographie des médecins à la Drees depuis le 1er janvier 2012. Avec le RPPS, le conseil de l’Ordre des médecins est désormais le guichet principal pour les professionnels inscrits au tableau. Le RPPS renseigne donc sur l’ensemble des caractéristiques sociodémographiques et professionnelles du médecin telles que déclarées à leur guichet. Les données du RPPS sont élaborées à partir d’une confrontation des données des Ordres, de l’Assurance maladie (la Cnam) et du Centre national de gestion (CNG).
Ces données sont établies par la Drees. Les effectifs ainsi dénombrés portent sur les médecins généralistes et spécialistes, libéraux et salariés, exerçant dans le secteur ambulatoire, à l’hôpital ou en centres de santé.

Construction de l’indicateur : 
Le taux d’évolution de la densité de médecins généralistes et de spécialistes est calculé à partir des effectifs départementaux de praticiens des années 2008 et 2019 (données issues des répertoires Adeli et RPPS).

Ces indicateurs apportent une information partielle concernant l’ampleur des inégalités territoriales car c’est à un niveau plus fin (commune, bassin de vie) que la question de la couverture des besoins de soins, et notamment de premier recours, doit être analysée.

Pour aller plus loin : 
Pour plus de détails sur l’analyse de la démographie, se reporter aux rapports de l'Observatoire National de la Démographie des Professions de Santé et aux études de la Drees sur le sujet : 
« 10 000 médecins de plus depuis 2012 », Études et Résultats, n°1061, mai - Marie Anguis, Hélène Chaput, Claire Marbot, Christelle Millien et Noémie Vergier (Drees), 2018, 
« Déserts médicaux : comment les définir ? Comment les mesurer, », Dossier de la Drees n°17 ;
« Les médecins d’ici à 2040 : une population plus jeune, plus féminisée et plus souvent salariée », Études et Résultats n°1011 ;
« Accessibilité aux professionnels de santé libéraux : des disparités géographiques variables selon les conditions tarifaires », Études et Résultats n°970 ;
« L’accessibilité potentielle localisée (APL) : une nouvelle mesure de l’accessibilité aux médecins généralistes libéraux », Études et Résultats n°795.
 

Organismes responsables de la production de l’indicateur : DSS

Téléchargements complémentaires