La répartition de la mortalité par grands groupes de pathologies (cf. Tableau 1) évolue peu d’une année sur l’autre, mais de manière relativement régulière. Les tumeurs restent, depuis 2004, la première cause de mortalité pour l’ensemble de la population devant les maladies de l’appareil circulatoire, dont la part continue de chuter. En 2022, 673 000 décès ont été enregistrés en France entière, dont 172 000 des suites de tumeurs et 140 000 de maladies circulatoires. Ces deux groupes représentent près de la moitié (46 %) de l’ensemble des décès. Le nombre de décès dus à la Covid-19 recule, passant 61 000 décès enregistrés en 2021 contre 41 000 décès en 2022, notamment avec la montée en charge de la vaccination anti-Covid. La part des morts violentes (accidents, suicides et autres causes externes de décès) augmente sensiblement, représentant un décès sur quinze en 2022.

La part des grands groupes de causes est différente chez les hommes et chez les femmes. Chez les hommes, les tumeurs (28 %) et les maladies de l’appareil circulatoire (20 %) constituent les deux premières causes de décès. Chez les femmes, les tumeurs sont également la première cause de décès mais avec une part nettement inférieure que chez les hommes (23 %). Cependant, la part des décès pour des maladies de l’appareil circulatoire est supérieur chez les femmes (22 %) que chez les hommes.


Tableau 1 ● Principales causes de décès en 2022

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Source : Inserm-CépiDc.
Champ : Décès de personnes résidant en France et étant décédées en France, Métropole et DROM.

Une surmortalité masculine

La mortalité prématurée décrite dans cette deuxième partie de la fiche concerne les décès survenus avant l’âge de 65 ans. L’analyse de la mortalité prématurée est particulièrement informative pour le décideur dans la mesure où il s’agit, pour la plupart des cas, de décès qui auraient pu être prévenus par des actions adaptées. Par exemple, pour la mortalité prématurée liée au cancer, des actions sur les facteurs de risque (notamment le tabac et l’alcool), sur le dépistage et sur la prise en charge du cancer à un stade plus précoce seraient susceptibles de limiter la mortalité prématurée (voir les indicateurs de l’objectif n°1 : Développer la prévention). Afin de contextualiser, le nombre de décès prématurés survenus avant 65 ans s’élevait à 100 367 pour la France entière, ce qui représente globalement 15,2 % de l’ensemble des décès.

En 2021, le taux de mortalité prématurée standardisé (cf. précisions méthodologiques) s’élève à 189 décès pour 100 000 personnes. Après une longue période d’amélioration (-46 décès par 100 000 personnes entre 2005 et 2019), le taux de mortalité standardisé augmente sensiblement en 2020-2021 en raison des décès liés à la Covid, passant ainsi de 185 en 2019 à 188 en 2020, puis 189 décès pour 100 000 personnes en 2021.

Pour info, le nombre de décès prématurés survenus avant 65 ans s’élevait à 100 367 pour la France entière, ce qui représente globalement 15,2 % de l’ensemble des décès.

Le taux de mortalité est très inférieur chez les femmes (126,3) comparé à celui des hommes (255,2) et ce malgré une baisse du taux de mortalité d’autant plus marquée chez les hommes (-74 décès pour 100 000 personnes) que chez les femmes (-17 décès pour 100 000 personnes) sur la période 2005-2019. (cf. Graphique 1).

La comparaison des taux standardisés de mortalité prématurée dans les pays de l’Union européenne place la France un peu en dessous de la moyenne européenne et de l’Allemagne, mais derrière ses autres voisins européens pour l’année 2021. Le classement de la France est moins bon chez les hommes (15/28) que chez les femmes (10/28) (cf. Graphique 2). Les pays ayant des taux de mortalité prématurée nettement supérieurs à la moyenne des pays de l’Europe sont principalement ceux qui ont adhéré depuis peu à l’Union européenne (hormis la Slovénie, Malte et Chypre).


Graphique 1 ● Taux standardisés* de mortalité prématurée

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* Taux de mortalité prématurée standardisé : taux de mortalité pour 100 000 personnes que l'on observerait dans une zone si elle avait la même structure par âge que la population de référence.
** France métropolitaine pour taux brut 15-24 ans.
Champ : France entière pour taux standardisé,
Sources : Cépidc


Graphique 2 ● Mortalité prématurée dans l’Union européenne en 2017 - Taux standardisés

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Source : Eurostat.

Construction de l’indicateur :

Le taux de mortalité prématurée standardisé est un indicateur classique, présent dans de nombreuses bases de données, qui témoigne de la mortalité survenue avant un âge donné, habituellement 65 ans. Cet indicateur est présent (sous forme standardisée) dans les bases d’Eurostat.

Pour comparer globalement la mortalité dans des populations différentes ou entre des périodes différentes, on ne peut utiliser le taux brut de mortalité car il ne tient compte ni des différences de structure d'âge entre différentes populations ni de l’évolution de la structure d’âge au cours du temps. Ainsi, une région dont la population est âgée peut avoir un taux brut de mortalité relativement élevé uniquement du fait de sa structure d'âge. Pour éliminer cet effet de l'âge, on utilise des taux standardisés, en se fondant sur la structure démographique de la population standard européenne.

Organismes responsables de la production de l’indicateur : DSS

Téléchargements complémentaires

  • Intégralité du REPSS - Maladie - Edition 2025 7 MB   Télécharger
  • Synthèse du REPSS - Maladie - Edition 2025 499 KB   Télécharger
  • Données du REPSS Maladie - Edition 2025 5 MB   Télécharger