1.1. Dépenses de santé

1.1.1. Dépenses de santé dans le produit intérieur brut (PIB)

La dépense courante de santé représente 12,4 % du PIB en France en 2020

La dépense courante de santé représente 12,4 % du PIB en 2020. En 2019, avec une dépense courante de santé au sens international (DCSi) représentant 16,8 % du produit intérieur brut (PIB), les États-Unis sont de loin en tête des pays de l’OCDE. Cinq points derrière les États-Unis, l’Allemagne dépense 11,7 % de son PIB pour la santé, devant la Suisse (11,3 %) et la France (11,2 %).
En moyenne, les États membres de l’UE-28 consacrent 10 % de leurs PIB aux dépenses de santé. Il existe néanmoins une division géographique marquée en Europe au regard de la santé : les pays de l’UE-15 consacrent en moyenne 10,3 % de leurs PIB aux dépenses de santé mais ces dernières sont plus faibles dans les pays du sud de l’Europe (de 8 % à 9,5 %). Pour les nouveaux membres de l’UE qui ont intégré l’OCDE (NM), les dépenses de santé représentent en moyenne 6,9 % du PIB en 2019.

La hiérarchie des pays en tête du classement est sensiblement modifiée lorsque l’indicateur de comparaison retenu est la dépense courante de santé exprimée en parité de pouvoir d’achat (PPA) et par habitant. Pour cet indicateur, la France se situe au 8e rang des pays de l’UE 28, à un niveau proche du Canada, de la Belgique ou du Luxembourg. La dépense de santé en PPA s’élève, en France, à 4 067 euros par habitant en 2019, soit deux fois moins qu’aux États-Unis (8 320 euros par habitant). L’écart est plus modéré avec l’Allemagne qui consacre 959 euros PPA de plus par habitant.
 

Graphique 1 ● Dépense courante de santé au sens international (DCSi) en 2019

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* Les données pour les cinq pays de l’UE-28 non membres de l’OCDE, la Bulgarie, la Croatie, Chypre, Malte et la Roumanie portent sur l’année 2018. Elles sont mises à disposition par Eurostat dans le respect de la convention SHA.
Note : Les données pour la France ont été actualisées pour l’année 2019 par rapport aux données diffusées par l’OCDE ou Eurostat pour tenir compte des révisions décrites en annexe 3. Elles correspondent aux données de la partie sur la France de cet ouvrage.
Sources : DREES, comptes de la santé (pour la France) ; OCDE, Eurostat, OMS, Système international des comptes de la santé (SHA).

Graphique 2 ● Taux de croissance annuel moyen de la DCSi

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Source : OCDE, Eurostat, OMS, Système international des comptes de la santé (SHA)

Depuis 2013, les dépenses de santé sont à nouveau plus dynamiques au sein des pays de l’OCDE pris dans leur ensemble. Dans les six pays étudiés ici, la DCSi à prix courants est croissante entre 2013 et 2019, et seules les dépenses de santé de l’Espagne et de l’Italie diminuent encore entre 2013 et 2014.
Les dépenses de santé progressent d’environ 4 % par an entre 2013 et 2019 en Allemagne. La croissance est du même ordre aux États-Unis, avec néanmoins un dynamisme plus marqué à partir de 2014 et la mise en œuvre du Patient Protection and Affordable Care Act (ACA ou Obamacare). L’Espagne et le Royaume-Uni connaissent également une croissance dynamique de leurs dépenses de santé, avec un peu plus de variations au cours de la période observée, voire une progression heurtée pour l’Espagne (notamment entre 2015 et 2016).
La France et l’Italie ont des profils plus stables et une croissance de leurs dépenses à prix courants d’environ 2 % en moyenne par an. En France, cette progression est régulée par l’objectif national des dépenses d’Assurance maladie (Ondam). 

Tableau 1 ● Structure de la consommation de soins et de biens médicaux

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* Optique, prothèses, orthèses, véhicules pour handicapés physiques, petits matériels et pansements.
Source : DREES, comptes de la santé, édition 2021.

En 2020, les soins hospitaliers publics sont le premier facteur de croissance de la consommation de soins et de biens médicaux

En 2020, la consommation de soins et de biens médicaux (CSBM) est évaluée à 209,2 Md€, soit 3 109 euros par habitant. Elle progresse de 0,4 %, le rythme de croissance le plus faible jamais observé depuis 1950, du fait des effets de la crise sanitaire.
Au niveau agrégé, cette croissance est portée par deux secteurs : les soins hospitaliers publics, qui contribuent à hauteur de +2,0 points à la croissance de la CSBM, et les dépenses des laboratoires d’analyses (+0,8 point de contribution à la croissance). Tous les autres secteurs contribuent négativement à la croissance, en particulier les soins de ville hors laboratoires (-1,2 point) et les médicaments en ambulatoire (-0,5 point). 

Tableau 2 ● CSBM en valeur avec ses principales composantes et en volume

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Source : DREES, comptes de la santé, édition 2021.

En 2020, la crise sanitaire limite à 0,4 % la hausse de la consommation de soins et de biens médicaux

Les dépenses de soins hospitaliers du secteur public, qui augmentent de 5,6 % en 2020, deviennent le premier contributeur à la croissance de la CSBM. Cette hausse est essentiellement portée par celle des rémunérations qui bénéficient de primes exceptionnelles et de majorations des heures supplémentaires versées par l’Assurance maladie pour les personnels les plus exposés à l’épidémie, ainsi que des hausses de salaires mises en œuvre dans le cadre des accords du Ségur de la santé. La hausse de la dépense est également à rapprocher des surcoûts liés à la prise en charge des patients atteints par la Covid-19 (équipements pour la réanimation, tests diagnostiques, etc.). Toutefois, l’activité recule en volume (-9,9 % en 2020 après une croissance nulle en 2019) en raison notamment des déprogrammations de soins non urgents pour faire face à la pandémie.
La consommation de soins du secteur hospitalier privé, qui diminue de 2,4 %, contribue négativement à la croissance de la CSBM à hauteur de -0,3 point contre +0,3 point en 2019. La diminution de l’activité touche pratiquement tous les secteurs (médecin-chirurgie-obstétrique [MCO], soins de suites et de réadaptation [SSR], psychiatrie), à l’exception de l’hospitalisation à domicile (HAD) et des dépenses de médicaments en sus.
Les soins de ville hors laboratoires diminuent de 4,8 % après +2,9 % en 2019. De nombreux secteurs ayant subi de fortes baisses d’activité lors du premier confinement entre mars et mai 2020. Seule la dépense des soins infirmiers augmente ; elle progresse de 7,2 %, après +3,4 % en 2019. Contrairement aux autres praticiens libéraux, l’activité des infirmiers a peu été affectée par les mesures de restrictions sanitaires et a notamment été portée par la demande de prélèvements nasopharyngés pour les tests PCR, à partir du mois de juin 2020.
Les dépenses de laboratoires d’analyses augmentent de 37,4 % en valeur. La mise en œuvre des tests PCR, dans le cadre de la stratégie du triptyque Tester-Alerter–Protéger de lutte contre la Covid-19, a contribué à la très forte progression du volume des analyses et des prélèvements (croissance de +39,0 % en volume par rapport à 2019).
La consommation de médicaments en ambulatoire (y compris rétrocessions hospitalières, rémunérations forfaitaires et remises conventionnelles) baisse de 3,4 % en 2020. La diminution des dépenses de médicaments se poursuit ainsi pour la sixième année consécutive. En 2020, elle est à rapprocher principalement de la baisse de prix des médicaments remboursables de 7,0 % en 2020 et de la progression des remises conventionnelles qui viennent minorer les dépenses de 2,5 milliards d’euros (après 1,6 milliard en 2019).
Les dépenses du poste des biens médicaux s’élèvent en 2020 à 16,7 milliards d’euros, en baisse de 2,0 % en 2020. En lien avec la chute des ventes lors du premier confinement, l’optique médicale, qui constitue le tiers du poste, diminue de 7,3 % en 2020. 
Enfin, les dépenses de transports sanitaires continuent de ralentir (-9,4 %) en 2020. Les dépenses de transports par VSL et par taxi ont davantage diminué (respectivement  -17 % et  -11 % en 2020) que celles par ambulance (-3 %), la prise en charge des patients atteints de la Covid-19 ayant été exclusivement effectuée par ambulance. 

Les comptes de la santé, publiés chaque année par la DREES, présentent différents agrégats :

Consommation de soins et biens médicaux (CSBM) :
La CSBM, agrégat central des comptes de la santé, représente la valeur totale des biens et services qui concourent directement au traitement d’une perturbation de l’état de santé. Cette dépense inclut l’ensemble des biens médicaux et soins courants, y compris ceux des personnes prises en charge au titre des affections de longue durée (ALD). Elle exclut en revanche diverses composantes de la dépense liées notamment à la gestion et au fonctionnement du système ainsi qu’aux soins de longue durée, comptabilisées dans la dépense courante de santé. 
La CSBM couvre le champ des consommations effectuées sur le territoire national par les assurés sociaux relevant des régimes français et les personnes prises en charge au titre de l’aide médicale de l’État (AME) ou des soins urgents (soins des personnes en situation irrégulière sur le territoire français).

Plus précisément, la CSBM regroupe :
-    la consommation de soins des hôpitaux publics et privés (y compris les médicaments et les dispositifs médicaux) ;
-    la consommation de soins de ville (soins dispensés par les médecins et les auxiliaires médicaux, soins dentaires, analyses médicales et cures thermales, rémunérations forfaitaires des professionnels de santé) ;
-    la consommation de transports sanitaires ;
-    la consommation de médicaments et d’autres biens médicaux en ambulatoire (optique, orthèses, prothèses, véhicules pour handicapés physiques [VHP], matériels, aliments, pansements et produits d’origine humaine [POH]).

Dépense courante de santé au sens international (DCSi) :

Pour réaliser des comparaisons internationales, on utilise la dépense de santé au sens large, aussi appelée au sens international (DCSi). Celle-ci inclut la consommation des soins et de biens médicaux (CSBM) mais également les dépenses de soins de longue durée, de prévention et celles liées à la gouvernance des systèmes de santé. Les dernières données harmonisées au niveau international disponibles portent sur l’année 2019.

Pour plus de détails se reporter à la publication « Les dépenses de santé en 2020. Résultats des comptes de la santé », DREES, Collection Panoramas de la DREES - Santé, septembre 2021.
 

Organismes responsables de la production de l’indicateur : DREES

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