1.3. Structure des recettes de la sécurité sociale

1.3.3. Recettes par assiette économique (revenus d’activité, de remplacement, du capital, et consommation)

La part financée par les revenus d'activité a baissé de plus de 12 points depuis 2002

Le financement des régimes de base et du FSV est principalement assis sur les revenus d’activité. Leur contribution s’élève à 81,0 % en 2020, incluant pour la maladie, le champ de la protection universelle maladie (PUMa) (cf. graphique 1). Les contributions des autres assiettes économiques sont plus modestes : 11,5 % pour la consommation, 4,6 % pour les revenus de remplacement et 2,9 % pour les revenus du capital.
La structure des ressources classées par assiette économique a quelque peu évolué depuis le début des années 2000. La part des revenus d’activité dans le financement de la protection sociale a reculé à la faveur d’assiettes économiques alternatives. En 2002, la contribution des revenus d’activité était de 93,1 % contre 3,2 %, 3,1 % et 0,6 % respectivement pour les revenus de remplacement, du capital et de la consommation.
La contribution de la consommation au financement du régime général s’est fortement accrue et s’explique essentiellement par la forte hausse de la fraction de TVA affectée à la CNAM en compensation de la transformation du CICE en allégements de cotisations en 2019. Cela provient aussi des relèvements successifs des taxes sur les tabacs et les alcools. Il s’explique également par les dynamiques des recettes de la TVA (TVA brute collectée par les commerçants de gros en produits pharmaceutiques jusqu’en 2012 et TVA nette à compter de 2013) et de la taxe sur les primes d’assurance automobile. L’impact de la CSG sur les jeux dont l’assiette a été élargie à deux reprises, en 2005 et 2010, reste modéré.
La dynamique des cotisations et contributions sur les revenus de remplacement, qui concerne surtout la CSG mise en place en 1991, reste relativement stable jusqu’en 2010, son poids s’accroit ensuite dans la deuxième partie de la décennie 2020 avec l’augmentation de 1,7 point du taux d’imposition en 2018 et l’année suivante en 2019. La contribution des revenus de remplacement au financement du régime général a également été affectée par l’évolution des cotisations sociales sur les revenus de remplacement et dans une bien moindre mesure, par l’instauration de contributions sur les avantages de préretraite à partir de 2004. 
Les prélèvements sur les revenus du capital ont quant à eux progressé en raison de plusieurs relèvements du taux de la CSG et des hausses des prélèvements sociaux sur les revenus du capital. L’instauration en 2011 du prélèvement au fil de l’eau sur les supports en euros et la taxe exceptionnelle sur la réserve de capitalisation ont aussi contribué à sa progression. En 2012, les prélèvements sociaux sur les revenus du capital ont été de nouveau relevés de 2 points, à 5,4 %.
 

Graphique 1 ● Structure des recettes du régime général par assiette économique

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Source : Rapport de la Commission des comptes de la sécurité sociale.
* La mise en place de la protection universelle maladie (PUMa) en 2016 a conduit à agréger, dans les comptes de la caisse nationale d’assurance maladie, et donc du régime général, l’essentiel des cotisations, impôts, taxes et contributions des autres régimes d’assurance maladie. Toutefois, afin d’assurer la comparabilité des exercices, le compte du régime général est aussi présenté sur un périmètre comparable à 2015 (dénommé « certifié », car il correspond au compte Cnam certifié par la Cour des comptes). 

Construction de l’indicateur : 
Les conventions retenues pour répartir les recettes entre les quatre catégories d’assiettes économiques (revenus d’activité, de remplacement, du capital, consommation) sont les suivantes.

Les cotisations des salariés et des employeurs pèsent directement sur les revenus d’activité, celles des retraités et des chômeurs sur les revenus de remplacement.

Les produits de la CSG assis sur les revenus d’activité, de remplacement et du capital sont prélevés sur chaque assiette correspondante. Celui assis sur les revenus des jeux est prélevé sur la consommation. 

Concernant les autres impôts et taxes affectés :

- les droits de consommation sur les tabacs et les alcools, la TVA, les contributions sur les jeux et la contribution tarifaire d'acheminement sont supposés peser sur la consommation totale des ménages,

- le prélèvement social sur les revenus du capital et du patrimoine, le prélèvement « au fil de l’eau » sur les supports en euros et la taxe exceptionnelle sur la réserve de capitalisation et les prélèvements sur les stock-options et attributions gratuites d'actions sont prélevés sur le capital, 

- la taxe sur les salaires, les prélèvements sur les stock-options et les attributions gratuites d’actions, ainsi que le forfait social sont assimilés à des prélèvements sur les revenus d’activité. Sont également pris en compte la contribution sociale de solidarité sur les bénéfices (C3S), les taxes médicaments, la taxe spéciale sur les contrats d’assurance maladie (TSCA).

Les cotisations prises en charge par l’Etat sont considérée comme des cotisations prélevées sur les revenus même si elles ne sont pas directement payées par les salariés.

Enfin, les transferts en provenance d’autres régimes et fonds sont considérés comme étant issu de l’activité.
 

Organisme responsable de la production de l’indicateur : DSS

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