1.1. Situation financière de la sécurité sociale

1.1.3. Dépenses des administrations publiques consacrées à la protection sociale et à la santé

Une structure des dépenses relativement stable au sein du secteur public

En 2020, les administrations publiques (APUC, APUL et ASSO) ont versé 745 Md€ de prestations sociales, soit 8% de plus qu’en 2019. La part de leurs dépenses dans l’ensemble des prestations reste cependant stable (92% en 2020, contre 91% en 2019). L’augmentation des prestations versées s’explique par une augmentation généralisée des prestations de protection sociale, qui sont passées de 762 Md€ à 813 Md€ entre 2019 et 2020; une augmentation de 7 % à mettre en lien avec la pandémie de Covid-19.
Sur l’ensemble des dépenses, 71 % des prestations sont versées par les administrations de sécurité sociale (ASSO), pour un total de 579 Md€ en 2020 (cf. graphique 1). 16 % des prestations (soit 131 Md€) sont versées par les administrations centrales (APUC), 5 % (35 Md€) par les administrations locales (APUL) et 8 % (68 Md€) par le secteur privé. 
Entre 2019 et 2020, les dépenses en prestations de protection sociale augmentent fortement pour les ASSO (+6%) et pour les APUC (+21%). Pour les premières, cette augmentation s’explique notamment par une augmentation des prestations versées au titre du risque Maladie, en lien avec la pandémie de Covid-19. Pour les secondes, elle s’explique par les prestations exceptionnelles versées pour soutenir le pouvoir d’achat des ménages et garantir la survie des entreprises, malgré les confinements successifs. Les administrations centrales prennent en effet à leur charge les prestations de solidarité, versées sans conditions de contribution ou d’affiliation à des régimes sociaux. 
Depuis 1990, la structure de financement a peu évolué : les parts des prestations sociales versées par les ASSO et les APUC sont restées relativement stables (cf. graphique 2). Toutefois, la part des prestations versées par les APUL a augmenté, passant de 2% en 1990 à 5% en 2020, tandis que celle versée par le secteur privé a diminué, passant de 11% en 1990 à 8% en 2020. Cette augmentation des dépenses des APUL sur le long terme s’explique par un élargissement de leur rôle : les APUL complémentent l’action de solidarité de l’État, et financent les institutions sans but lucratif au service des ménages (ISBLSM).
 

Près de 10 % de l’ensemble des prestations de protection sociale sont versées par le secteur privé

Si la protection sociale est assurée majoritairement par les administrations publiques, certaines interventions de la sphère privée sont également considérées comme de la protection sociale, soit parce qu’elles répondent à des besoins de personnes fragiles (pour les Institutions sans but lucratif au service des ménages - ISBLSM), soit parce qu’elles suivent une logique de prévoyance collective (pour les sociétés financières et non financières).
Les Institutions sans but lucratif au service des ménages, les mutuelles et institutions de prévoyance versent ainsi chacun 27 Md€ de prestations de solidarité en 2020, soit 3 % de l’ensemble des prestations chacun. Enfin, les prestations versées directement par les entreprises atteignent 14 Md€ en 2020, soit 2 % du total. Il s’agit soit de prestations versées par des entreprises à leurs salariés en complément des prestations légales, soit de prestations versées par certaines grandes entreprises (comme la RATP) qui gèrent elles-mêmes la protection sociale de leurs salariés en lieu et place du régime général. Tandis que la part des prestations versées par les mutuelles et les institutions de prévoyance reste relativement stable depuis 1990, celle versée par les entreprises a diminué (-3 points).

 

Les prestations de protection sociale représentent la moitié des dépenses publiques

En 2020, 53% des dépenses des administrations publiques sont dédiées aux prestations de protection sociale (cf. Graphique 3), en augmentation de 2 points par rapport à 2019. Les dépenses publiques représentent 61,6 % du PIB (+6,3 points par rapport à 2019), dont 32,4% du PIB dédié aux prestations sociales. Une partie des autres dépenses publiques est également liée à la protection sociale : gestion des prestations, définition des politiques publiques, investissements, transferts vers le secteur privé pour financer des prestations, etc.
Entre 1990 et 2020, l’ensemble des dépenses publiques a augmenté de 11,5 points de PIB. En excluant l’année 2020, fortement marquée par la pandémie, cette augmentation est de 5,9 points de PIB entre 1990 et 2019. Cela correspond à la progression des prestations versées par les administrations publiques dans le PIB, la part des autres dépenses publiques (éducation, défense, etc.) étant plus faible en 2019 qu’en 1990 (7% contre 7,5%). La part des prestations de protection sociale dans le total des dépenses publiques est ainsi passée de 45% en 1990 à 51% en 2019, plaçant la protection sociale au cœur de l’enjeu de maîtrise des dépenses publiques. Cette part atteint 53% en 2020, attestant des rôles majeurs de stabilisation et de redistribution joués par la protection sociale.

Graphique 1 ● Dépenses de prestations de protection sociale par secteur institutionnel en 2020

Fi.1.1.3_G1.jpg

Note de lecture : En 2020, les dépenses de prestations sociales ont été de 813 Md€, dont 353 Md€ dédiés au risque vieillesse-survie. Le secteur public a contribué aux prestations de sécurité sociale à hauteur de 745 Md€ (579 + 35 +131).
Source : Comptes de la protection sociale – données provisoires, DREES

Graphique 2 ● Evolution des dépenses de prestations de protection sociale par secteur institutionnel

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Note: Les chiffres en pourcentage représentent la part des dépenses du secteur dans les prestations totales.
Note de lecture: En 2020, les prestations des ASSO ont représenté 71 % des prestations totales, soit 580 Md€ sur les 813 Md€ de prestations totales.
Source : Comptes de la protection sociale – données provisoires, Drees

Graphique 3 ● Part des prestations de protection sociale dans les dépenses des administrations publiques

Fi.1.1.3_G3.jpg

Note : Les prestations sociales sont rapportées à l’ensemble des dépenses (hors éléments imputés) consolidées des transferts internes.
Note de lecture : En 2020, les prestations sociales versées par les APU représentaient 53 % du total de leurs dépenses, et 32 % du PIB.
Source : Comptes de la protection sociale – données provisoires, Drees

Les prestations de protection sociale représentent la moitié des dépenses publiques

En 2020, 53 % des dépenses des administrations publiques sont dédiées aux prestations de protection sociale (cf. graphique 3), en augmentation de 2 points par rapport à 2019. Les dépenses publiques représentent 61,6 % du PIB (+6,3 points par rapport à 2019), dont 32,4 % du PIB dédié aux prestations sociales. Une partie des autres dépenses publiques est également liée à la protection sociale : gestion des prestations, définition des politiques publiques, investissements, transferts vers le secteur privé pour financer des prestations, etc.
Entre 1990 et 2020, l’ensemble des dépenses publiques a augmenté de 11,5 points de PIB. En excluant l’année 2020, fortement marquée par la pandémie, cette augmentation est de 5,9 points de PIB entre 1990 et 2019. Cela correspond à la progression des prestations versées par les administrations publiques dans le PIB, la part des autres dépenses publiques (éducation, défense, etc.) étant plus faible en 2019 qu’en 1990 (7 % contre 7,5 %). La part des prestations de protection sociale dans le total des dépenses publiques est ainsi passée de 45 % en 1990 à 51 % en 2019, plaçant la protection sociale au cœur de l’enjeu de maîtrise des dépenses publiques. Cette part atteint 53 % en 2020, attestant des rôles majeurs de stabilisation et de redistribution joués par la protection sociale.

La France est le pays européen où les administrations publiques dépensent le plus en part de PIB

En 2020, la France est le pays de l’Union européenne pour lesquels la part des dépenses publiques dans le PIB est la plus élevée, atteignant 61,6 % (cf. graphique 4). Elle se situe devant la Grèce, dont les dépenses ont fortement augmenté en lien avec la pandémie, la Belgique et la Finlande. 
La part des dépenses de protection sociale (yc. Santé) dans le PIB atteint 36,3 % en France en 2020 (dépenses de santé et de protection sociale, cf. précisions méthodologiques pour la classification des fonctions des administrations publiques). Les dépenses sociales dans le PIB s’échelonnent de près de 15,6 % en Irlande à 36,3 % du PIB en France, en passant par la Finlande (33,4 %) et l’Italie (33,1 %). Les écarts entre pays de l’Europe des 15 et nouveaux États-membres sont plus marqués encore pour les dépenses sociales que pour le reste des dépenses publiques.
Cependant, ce classement comporte des limites : d’une part, les dépenses sociales ne tiennent pas compte des réductions d’impôts et autres aides fiscales à vocation sociale, puisque la majorité de ces aides ne sont pas comptabilisées en dépenses mais en moindres recettes (seuls les crédits d’impôts sont désormais considérés comme des dépenses de prestations). D’autre part, les dépenses sociales retracées ici sont brutes, et ne tiennent pas compte de l’imposition des prestations sociales.

Graphique 4 ● Dépenses des administrations publiques dans le PIB des pays de l’Union européenne en 2020

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Note de lecture : En 2020, les dépenses des administrations publiques françaises représentaient 61,6 % du PIB. Les dépenses dédiées à la santé représentaient 9 % en France contre 8 % en moyenne dans l’UE-27.
Source : Eurostat – Dépenses des administrations publiques par fonction (COFOG).

Construction de l’indicateur
Sont utilisées dans les trois premiers graphiques les données des comptes de la protection sociale publiés par la Drees, qui permettent d’analyser finement les dépenses de protection sociale effectuées par tous les secteurs institutionnels. 
Les dépenses de protection sociale correspondent aux dépenses assurant la couverture sociale des risques maladie-invalidité-accidents du travail, vieillesse-survie des conjoints, famille, emploi, logement, pauvreté-exclusion sociale.

Choix de la nomenclature internationale
Les dépenses des administrations publiques sont ventilées suivant une nomenclature internationale : la classification des fonctions des administrations publiques (CFAP). Cette nomenclature répartit les dépenses des administrations publiques en dix catégories selon leur finalité : services généraux des administrations publiques ; défense ; ordre et sécurité publics ; affaires économiques ; protection de l’environnement ; logement et équipements collectifs ; santé ; loisirs ; culture et culte ; enseignement ; protection sociale.
Les comparaisons menées par Eurostat portent ainsi sur un champ plus large que celui représenté dans le graphique. La classification des fonctions des administrations publiques de l’ensemble des dépenses par fonction est différente de celle retenue dans les comptes de la protection sociale par secteur institutionnel conformément aux comptes nationaux.

Pour aller plus loin
La protection sociale en France et en Europe en 2020 – édition 2021, Drees.
 

Organisme responsable de la production de l’indicateur : DSS

Téléchargements complémentaires