Objectif n°3 : Favoriser la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle

2.9.2. Taux d’emploi des femmes et des hommes selon le nombre et l’âge des enfants

Finalité

L’un des principaux objectifs de la politique familiale française est de faciliter la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle et de réduire les inégalités de genre en la matière. Cet indicateur mesure les effets du nombre et de l’âge des enfants à charge sur la participation au marché du travail des femmes et des hommes âgés de 20 à 64 ans, appréhendée par leurs taux d’activité et d’emploi. À la différence du taux d’emploi, le taux d’activité inclut les personnes au chômage (cf. Construction de l’indicateur).

À la suite de la refonte de l’enquête Emploi en 2021, les résultats sont disponibles jusqu’à l’année 2020, la série s’avérant trop heurtée pour évaluer l’évolution en 2021. Cette refonte effectuée ne permet pas de produire un indicateur d’évolution pour cette année : une mise à jour pourra intervenir dans l’édition 2023. La rupture de série est due en particulier à un changement de prise en compte du congé parental. Désormais, une personne qui cesse son activité pour prendre un congé parental est comptée comme occupant un emploi, quelle que soit la durée de ce congé s’il s’accompagne d’une prestation, alors qu’elle était auparavant comptée comme inactive.
 

Résultats

Depuis 30 ans, les comportements d’activité et d’emploi des hommes et des femmes se sont rapprochés, les taux d’activité et d’emploi des femmes s’étant accrus au fil des générations. En 2020, ces derniers restent toutefois inférieurs de 8,6 points à ceux des hommes, que ce soit pour le taux d’activité (75,3 % contre 83,9 %) ou pour le taux d’emploi (70,1 % contre 78,7 %). En particulier, ils demeurent nettement plus sensibles à la configuration familiale du ménage que ceux des hommes. Les taux d’activité et d’emploi des mères décroissent avec le nombre d’enfants. Les femmes ont un taux d’emploi plus faible et sont plus fréquemment à temps partiel lorsqu’elles vivent en couple.

Graphiques ● Taux d’activité et d’emploi des femmes et des hommes selon le nombre et l’âge des enfants

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* rénovation des enquêtes Emploi en 2013.
** rupture de série : le champ des enquêtes emploi est étendu aux DROM à partir de 2014.
Note : le champ des enquêtes Emploi est étendu aux DROM à partir de 2014. 
Source : INSEE, enquêtes Emploi, traitement DREES.
Champ : France à partir de 2015, France métropolitaine avant, population des ménages, personnes de référence ou conjoints âgés de 20 à 64 ans (âge courant).

Les taux d’activité et d’emploi des mères décroissent avec le nombre d’enfants

La baisse du taux d’activité s’observe dès le deuxième enfant lorsque le plus jeune des enfants est âgé de moins de 3 ans et à compter du troisième enfant lorsque le benjamin est âgé de 3 ans ou plus. La baisse du taux d’emploi est similaire : lorsque la famille comprend au moins un enfant de moins de 3 ans, le taux d’emploi des femmes décroît dès le deuxième enfant mais surtout avec le troisième enfant. Ainsi, en 2020, alors que le taux d’emploi des mères d’un enfant s’élève à 70,2 %, celui des mères de deux enfants est de 65,5 % et celui des mères de trois enfants ou plus s’établit à 39,4 %.
Le taux d’activité des mères croît avec l’âge des enfants et, inversement, le taux d’activité des pères décroît avec l’âge des enfants, à nombre d’enfants donné au sein de la famille. De même, le taux d’emploi des mères n’ayant que des enfants de 3 ans ou plus est plus élevé que lorsque le benjamin a moins de 3 ans. Par exemple, dans les familles comprenant un unique enfant, le taux d’emploi des mères d’un enfant de 3 ans ou plus est supérieur à celui des mères d’un enfant de moins de 3 ans (74,8 % contre 70,2 % en 2020). D’une part, à compter de 3 ans, quasiment tous les enfants sont scolarisés ; cela permet à davantage de mères de reprendre une activité. D’autre part, certaines prestations de la prestation d’accueil du jeune enfant (Paje) ne sont plus servies ou diminuent lorsque le benjamin a 3 ans ou plus. C’est le cas de l’allocation de base, de la prestation partagée d’éducation de l’enfant (Prepare) - ou, avant, du complément de libre choix d’activité (CLCA) - et du complément de libre choix du mode de garde (CMG).

Le taux d’activité des mères est plus élevé lorsqu’elles vivent en couple

Par ailleurs, lorsque l’enfant le plus jeune est âgé de moins de 3 ans, le taux d’activité des mères est plus élevé lorsqu’elles vivent en couple (69 % en 2020) plutôt que sans conjoint (47 %).
La différence entre le taux d’activité des femmes et celui des hommes est la plus élevée dans les configurations familiales où il y a au moins deux enfants dont le plus jeune est âgé de moins de 3 ans. Ce phénomène pourrait s’expliquer par l’existence du congé parental et de la Prepare, qui peut y être associée.

Il est à noter que les hommes et femmes sans enfant à charge ont des taux d’activité et des taux d’emploi faibles : les proportions de personnes jeunes et âgées parmi la population des 20-64 ans, structurellement plus souvent inactives, sont plus élevées dans cette catégorie. 

En 2020, parmi les personnes en emploi, 27 % des femmes occupent un emploi à temps partiel contre seulement 7 % des hommes. Pour les femmes, cette part d’emploi à temps partiel est nettement liée à la configuration familiale : 23 % des femmes sans enfant occupent un emploi à temps partiel contre 44 % des mères de trois enfants ou plus dont le plus jeune est âgé de moins de 3 ans.

Une partie des personnes en emploi à temps partiel subissent cette situation : elles souhaitent travailler davantage et sont disponibles pour le faire. En 2020, 12 % des femmes en emploi sont touchées par le sous-emploi contre 9 % des hommes en emploi.

L’écart entre le taux d’activité et le taux d’emploi reflète le chômage. Historiquement, le chômage est plus fréquent parmi les femmes que parmi les hommes, mais l’écart tend à se réduire sur une longue période. En 2020, la différence sur le champ retenu ici (champ des personnes âgées de 20 à 64 ans vivant en ménage) s’établit à 0,6 point : 6,2 % des hommes actifs sont au chômage contre 6,8 % des femmes actives.
 

Construction de l’indicateur 
Ces indicateurs sont issus des enquêtes Emploi de l’INSEE. Cette enquête a subi en 2013 une refonte complète avec une rénovation du questionnaire et la réécriture de l’ensemble des chaînes de traitement. Des changements intervenus dans le module « Position sur le marché du travail » ont modifié la teneur des réponses apportées par une faible proportion de la population enquêtée et ceci a eu un impact sur les niveaux de l'emploi, du chômage, du halo et de l'inactivité pure. Pour tenir compte de ces modifications, l’INSEE a procédé à une rétropolation des poids pour les années 2003 à 2012.
Depuis 2014, le champ des enquêtes Emploi en continu est étendu aux DROM.
La refonte effectuée en 2021 ne permet pas de produire un indicateur d’évolution pour cette année. La mise à jour pourra intervenir dans l’édition 2023.
Le taux d’activité féminin est obtenu en divisant le nombre de femmes actives (actives occupées et chômeuses) de 20 à 64 ans par la population féminine totale de la même tranche d’âge (en excluant les personnes qui ne sont pas personne de référence ou conjoint au sein de leur ménage). La population active occupée regroupe l’ensemble des personnes qui ont un emploi. Les personnes au chômage sont les personnes âgées de 20 à 64 ans au chômage au sens du Bureau international du travail, c'est-à-dire sans travail durant la semaine de référence, disponibles pour travailler, activement à la recherche d’un emploi au cours des quatre semaines précédentes ou ayant trouvé un emploi débutant au cours des trois mois suivants.

Précisions méthodologiques 
Le champ recouvre les personnes de référence des ménages, ou leurs conjoints, âgés de 20 à 64 ans. En effet, s’agissant ici de ventiler le taux d’activité et le taux d'emploi des hommes et des femmes selon le type de famille, il est pertinent, dans le cas des familles avec des enfants âgés de plus de 20 ans dans le ménage, de se restreindre à l’activité et à la situation par rapport à l’emploi des parents.

Le taux d’emploi d’une classe de la population est obtenu en divisant le nombre d'individus de la classe ayant un emploi par le nombre total d'individus dans la classe. 

La part d’emploi à temps partiel d’une classe est obtenue en divisant le nombre d’individus de la classe ayant un emploi occupé à temps partiel par le nombre d’individus en emploi de la classe.

Le sous-emploi recouvre les personnes qui ont un emploi à temps partiel, qui souhaitent travailler plus d’heures, et qui sont disponibles pour le faire, qu’elles cherchent un emploi ou non. Sont également incluses les personnes ayant involontairement travaillé moins que d’habitude, pour cause de chômage partiel par exemple, qu’elles travaillent à temps complet ou à temps partiel. Cette définition est celle qui prévaut à partir de 2013. En effet, le questionnaire de l’enquête Emploi a été rénové cette année-là pour prendre en compte plusieurs préconisations d’Eurostat visant à faciliter les comparaisons internationales. En particulier, concernant le sous-emploi, la question portant sur le souhait de travailler davantage est depuis cette édition posée en toute généralité, alors qu’elle était auparavant plus restrictive et concernait uniquement le souhait de travailler davantage au cours de la semaine de référence.

Est considéré comme enfant toute personne célibataire qui n’est pas en couple avec une personne de son ménage, ayant un parent (père ou mère) dans son ménage, et n’étant pas elle-même parent (père ou mère) d’une personne de son ménage. Aucune limite d’âge n’est retenue ici pour la définition des enfants.
 

Organisme responsable de la production de l’indicateur : DREES