1.5. Prestations sociales et familiales versées par la Cnaf
En 2024, en euros constants, les masses de prestations versées par la banche famille (les prestations familiales, les aides au logement, l’action sociale et les minima sociaux) ont globalement renoué avec une croissance positive (+1,9 %, après trois années consécutives de baisse) (cf. tableau 1). Depuis 2010, ces dépenses ont crû à un rythme annuel moyen de 1,1 % en euros constants, passant ainsi de 83,7 Md€ à 96,1 Md€ entre 2010 et 2024. Cette progression en 2024 est principalement imputable à l'augmentation des minima sociaux (+2,1 %) et des prestations familiales (+1,6 %), tandis que l'évolution des aides au logement reste modeste (+0,1 %).
Les prestations familiales ont représenté 36 % du total des prestations servies par la branche en 2024, s’établissant à 34,2 Md€.
Sur la dernière décennie, ces dépenses ont enregistré une diminution de 1,3 % en moyenne par an, une évolution réflétant les réformes successives de la politique familiale et la baisse de la natalité. Plus particulièrement, entre 2015 et 2022 elles ont diminué de 2,0% par an en moyenne. Les années 2015 et 2016 ont marqué une réduction notable des dépenses allouées aux prestations familiales, en grande partie en raison des mesures d’aménagement de la PAJE et de la modulation des allocations familiales en fonction des ressources des bénéficiaires. En 2017, la diminution des dépenses liées à la PAJE a persisté, exerçant une pression sur la dynamique globale des prestations, tandis que, dans le même temps, les prestations d’entretien ont induit un effet haussier. Le ralentissement des dépenses en matière d’accueil du jeune enfant trouve principalement son origine dans la réduction de l’utilisation de la Prestation Partagée d’Éducation de l'Enfant (PreParE). Entre 2018 et 2019, les prestations familiales en euros constants ont continué leur repli, conséquence d'une natalité en déclin, d’un recours réduit au congé parental depuis la mise en place de la PreParE, et de la montée en charge de l'alignement des plafonds et montants de l'allocation de base sur ceux, plus modestes, du complément familial. En 2020, elles ont de nouveau diminué, mais à un rythme plus modéré (-0,5 % après -1,8 % en 2019), résultant de deux effets opposés : d’une part, un rebond des prestations d’entretien (+2,6 %) dû à la revalorisation exceptionnelle de 100 € de l’allocation de rentrée scolaire pour soutenir les familles modestes face à la crise sanitaire, et d’autre part, une forte contraction des dépenses pour la petite enfance (-7,2 %), principalement liée à la baisse de recours aux modes de garde payants durant le confinement du printemps 2020. La baisse a été beaucoup plus significative en 2021 (- 5,8 %) sous l’effet combiné du transfert du financement de l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH) à la CNSA, désormais comptabilisé dans les dépenses versées pour compte de tiers, et du contrecoup de la revalorisation exceptionnelle de l’allocation de rentrée scolaire de 100 € décidée l’année d’avant. En 2022, portées par le fléchissement des prestations d’entretien en faveur de la famille (-1,2 %) et de la PAJE (-2,7 %), les prestations familiales ont enregistré une baisse relativement modérée (-1,5 %). À partir de 2023, les dépenses liées aux prestations familiales ont retrouvé une dynamique positive (+0,9 %), portées par la progression des prestations d’entretien en faveur des familles (+2,0 %), mais freinées par le recul de la PAJE (-1,5 %). La tendance à la hausse de ces prestations s’est poursuivie en 2024. L’ampleur plus marquée de la hausse (+1,5 %) s’explique principalement par le passage à une croissance positive de la PAJE (+0,1 %, après -1,5 %), tandis que la dynamique des prestations d’entretien en faveur des familles est restée globalement stable (+1,8 %)
Les dépenses d’action sociale de la Cnaf (prestations de service, places en crèche, etc.) ont progressé sur la période 2015-2024 à un taux annuel moyen de 2,5 % en euros constants). En 2024, ces dépenses se sont accrues de +6,3 % pour s’établir à 7,1 Md€, après 6,7 Md€. Cette évolution reflète notamment la volonté des pouvoirs publics de renforcer l'offre de places en crèche, se traduisant par une augmentation des dépenses d'environ 1,1 Md€ en euros constants sur l'ensemble de la période.
Entre 2015 et 2024, les dépenses d’aides au logement ont connu une diminution de 2,8 % par an en moyenne. Leur valeur réelle a diminué de près de 2,3 Md€ de 2017 à 2020, avec l’entrée en vigueur des mesures de réaménagement prévues par les lois de finances pour 2018, notamment la mise en place d’une réduction de loyer de solidarité (RLS) pour les allocataires d’APL du parc social entraînant une baisse des APL et la suppression des aides au logement dans le secteur de l’accession pour les nouveaux prêts signés à partir du 1er février 2018. Ces dépenses ont nettement diminué en 2021, puis à nouveau en 2022, en enregistrant deux baisses significatives de respectivement 1,5 Md€ et 1,0 Md€ en euros constants. L'année 2021 a en effet été marquée par la réforme des aides au logement, qui a consisté à prendre en compte les revenus contemporains pour le calcul des aides, alors qu'elles étaient auparavant calculées sur la base des revenus perçus deux ans auparavant. Désormais, le montant des allocations est actualisé chaque trimestre en fonction des revenus des 12 derniers mois. Ainsi, les dépenses liées aux aides au logement en 2021 et 2022 ont largement dépendu des revenus des années 2020 et 2021, particulièrement affectés par la crise. Dans un contexte de reprise économique, ces dépenses, sensibles à la conjoncture, ont diminué en 2023 dans une proportion modérée (-0,5 Md€), avant de connaître une légère augmentation en 2024 (+0,1 Md€).
Les minima sociaux versés par la branche famille ont augmenté chaque année entre 2015 et 2020 (8,8 % par an en moyenne).. En 2019, la revalorisation exceptionnelle du barème de la prime d’activité décidée dans le cadre des mesures d’urgence économique et sociales de décembre 2018 (hausse de 90 € du bonus individuel, à compter du 1er janvier 2019) a conduit à une nette hausse des montants versés (+4,7 Md€ constants par rapport à 2018). En 2020, les dépenses de minima sociaux ont principalement été portées par l’aide exceptionnelle de solidarité versée dans le cadre de la crise du Covid-19 (+2,2 Md€ constants). L’année 2021 marque une rupture, avec une baisse de ces dépenses (-3,8 % en euros constants), et ce malgré la comptabilisation dans cette catégorie de l’AEEH désormais financée par la CNSA. Ce repli résulte essentiellement de l’extinction des aides exceptionnelles de solidarité versées au titre de la Covid-19 qui ne représentaient plus que 0,4 Md€ en 2021 après 2,2 Md€ en 2020 en euros constants. Suite à la mise en place de l’indemnité inflation, une aide exceptionnelle de 100 € par bénéficiaire à la charge de l'État pour préserver le pouvoir d'achat face à l'inflation de fin 2021, les minima sociaux sont restés quasi-stables en 2022. Ces dépenses ont enregistré, l’année suivante, une chute de 3,2 % en raison de la réduction du montant de la prime inflation, qui a diminué de 1,0 Md€ en 2023 par rapport à 2022. En 2024, sous l’effet de la hausse des dépenses liées à la situation de handicap (+0,9 Md€ au titre de l’AAH, et +0,1 Md€ au titre de l’AEEH), les minima sociaux ont rebondi (+2,1 %)
La part des prestations universelles (allocations d’entretien en faveur de la famille et prestation d’accueil du jeune enfant notamment) financées par la branche famille a légèrement diminué en 2024, passant de 72,9 % à 72,6 % d’une année à l’autre.
Tableau 1 ● Masse des prestations familiales, d'action sociale, en faveur du logement, handicap et minima sociaux (financées et/ou versées par la branche famille) - euros constants

* Le financement de l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé a été transféré à la CNSA lors de l’intégration de cette dernière au régime général ; ainsi, à partir de 2021, les dépenses d’AEEH sont comptabilisées dans la catégorie des minima sociaux versés pour compte de tiers alors qu’elles remontaient jusqu’alors dans les autres prestations familiales.
Note : les prestations sont dites universelles quand leur accès n’est pas conditionné aux conditions de ressources des bénéficiaires; ces conditions de ressources ne peuvent intervenir que pour moduler le montant de prestation accordé (cf. méthodologie indicateur n°1-3).
Source : Cnaf, rapports de la commission des comptes de la Sécurité sociale.
Champ : prestations tous régimes, métropole et DOM.
Précisions sur le financement des prestations
Les prestations financées par la branche famille sont les prestations familiales légales (allocations d’entretien en faveur de la famille et prestation d’accueil du jeune enfant notamment). De plus, la Cnaf finançait une fraction des APL jusqu’en 2015 et la totalité de l’ALF jusqu’en 2016. Enfin, la dépense relative à l’action sociale est financée par la branche famille dans le cadre du Fonds national d’action sociale (Fnas).
Les dépenses financées par la branche dépassent celles qui sont présentées dans cette fiche. En effet, la branche finance aussi des transferts à destination de la branche vieillesse qui assurent : d’une part, la prise en charge des cotisations pour l’assurance vieillesse des parents au foyer (AVPF) ; et d’autre part, la prise en charge des majorations de pensions de retraite pour enfants.
Par ailleurs, la Cnaf verse aussi des prestations financées par l’État ou les conseils départementaux. Il s’agit : d’une part, d’aides au logement, à savoir la fraction restante de l’APL (l’intégralité depuis 2015) et l’allocation de logement sociale (ALS), ainsi que l’allocation logement familiale (ALF) depuis 2016 ; d’autre part, des minima sociaux, tels que le revenu de solidarité active (RSA) et l’allocation aux adultes handicapés (AAH), ainsi que la prime d’activité.
Organisme responsable de la production de l’indicateur : DSS
Intégralité du REPSS - Famille - Edition 2025
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Synthèse du REPSS - Famille - Edition 2025
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Données du REPSS - Famille - Edition 2025
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