1.3. Naissance et Maternité
Aujourd’hui, le congé maternité agrège une période prénatale, pouvant être précédée par un congé pathologique et une période post-natale. Sa durée dépend du rang de naissance de l’enfant. Pour le premier ou deuxième enfant, le congé maternité est de 16 semaines, dont 6 avant la date présumée d’accouchement et 10 après. Le congé prénatal peut être abrégé, sur avis médical favorable, d’au plus 3 semaines, qui se reportent sur la période postnatale. Lorsque la poursuite d’une activité professionnelle est incompatible avec la fin de la grossesse, le congé prénatal peut être précédé par un congé pathologique, de deux semaines au plus. En cas d’état pathologique, le congé postnatal peut quant à lui être prolongé de 4 semaines. À partir du troisième enfant, ou en cas de naissances multiples, le congé maternité est allongé.
Le congé paternité est instauré en 2002, afin de permettre aux pères de s’investir davantage dans la parentalité et de lutter contre les inégalités femmes-hommes. Les 11 jours de congé prévus initialement ont été portés à 25 à partir de 2021. En cas de naissances multiples, le congé est prolongé à 32 jours. Il peut être fractionné :
Ce congé est accordé après la naissance, au père biologique du nouveau-né, ou au conjoint ou concubin de la mère ou à la personne liée à elle par un pacte civil de solidarité
Les congés maternité comme paternité peuvent être prolongés par des dispositifs conventionnels, négociés par les partenaires sociaux et financés par les employeurs qui en définissent alors les modalités, notamment le taux d’indemnisation et la durée.
Au cours des dernières années, le nombre de congés maternité a diminué de près de 20 %, passant de 450 000 en 2016 à 370 000 en 2023 (cf. graphique 1). Dans le même temps, le congé paternité a lui aussi baissé, mais dans une proportion moindre (-9 %), passant de 340 000 en 2016 à 310 000 en 2023. Cette baisse s’explique en partie par une baisse des naissances1, celles-ci ayant diminué de 13 % entre 2016 et 2023.
La part des parents au régime général ayant bénéficié d’un congé maternité ou paternité pour 100 naissances est globalement stable sur la période : autour de 55 % pour les mères et 45 % pour les pères. De légères variations sont observées d’une année sur l’autre, pouvant refléter une évolution du nombre de naissances multiples, une déformation de la part des parents affilés au régime général, des transformations du marché de l’emploi ayant affecté la part des parents éligibles ou encore des comportements de recours.
En 2023, les pères relevant du régime général se sont arrêtés en moyenne 23 jours pour la naissance de leur enfant, contre 1282 jours pour les mères. Ces durées moyennes masquent toutefois des hétérogénéités fortes de durées, correspondant à des différences de droits liées au rang de naissance des enfants, et à la prise ou non d’un congé pathologique (cf. graphique 2). Ainsi, en 2023 :
7 % des mères sont indemnisées 182 jours, soit 26 semaines, la limite pour un congé indemnisé pour un troisième enfant.
Pour les pères, il n’existe pas de différence de durée d’indemnisation selon le rang de l’enfant, ni de congé pathologique. Cependant, contrairement aux mères, l’ensemble du congé paternité n’est pas obligatoire. Aussi, plus de 60 % des pères maximisent leur durée de congé (25 jours), et 4 % uniquement les 4 jours de congés obligatoires. Les autres recourent entre 5 et 24 jours.
Graphique 1 ● Fréquence des jours de congés maternité et paternité indemnisés en 2023 au régime général (RG)

Source : Calculs DSS/SD6/6B-6C d’après données DCIR/SNDS
Graphique 2 ● Congés maternité et paternité indemnisés au régime général

Source : Calculs DSS/SD6/6B d’après données DCIR/SNDS
Si le nombre de congés maternité a globalement diminué, leur durée est restée stable dans le temps. Depuis 2016, le congé maternité moyen est d’environ 128 jours. Jusqu'en 2021, les pères s’arrêtaient en moyenne 11 jours à l’arrivée leur enfant. Suite à la réforme de 2021, qui a porté la durée du congé paternité à 25 jours, la durée moyenne des congés de paternité atteint 24 jours.
L'IJ versée aux parents dépend de leur revenu brut des 3 derniers mois (12 mois en cas d'activité saisonnière ou non continue), divisé par 91,25, correspondant au nombre moyen de jours dans un trimestre, afin de déterminer un revenu journalier. Ce revenu journalier est borné au niveau du PASS mensuel, et abattu d’un taux forfaitaire de 21 % permettant de tenir compte des cotisations sociales et contributions obligatoires. En 2024, le montant d’IJ maximum est de 100,36 € par jour. L’IJ est assujettie à la CSG et à la CRDS à un taux de 6,7 %.
En 2023, le montant brut moyen d’IJ maternité versées est de 59 €, soit 1 790 € par mois. La même année, le montant moyen d’IJ paternité est de 70 €. L’écart d’IJ moyenne entre les pères et les mères reflète principalement les inégalités salariales observées entre les femmes et les hommes sur le marché du travail, bien que celles-ci soient en partie estompées par le plafonnement de l’IJ au PASS (cf. graphique 3).
Graphique 3 • Distribution des montants moyens d’IJ maternité et paternité en 2021 au régime général

Source : CNAM
Lecture : En 2021, les 10% des mères avec l’IJ la plus faible avaient une IJ moyenne de 23 €. Pour les pères, ce montant était de 38 €. Les 10% des pères et des mères ayant les IJ les plus hautes avaient des IJ correspondant au plafond, soit 89 €.
En 2023, la branche maladie a versé un total de 3,9 Md€ au titre des congés maternité (83 %) et paternité (17 %). L’IJ est versée aux bénéficiaires directement par la CPAM. Toutefois, alors que le financement du congé prénatal est intégralement pris en charge par la CNAM (1,2 Md€), depuis 2023, celui du congé postnatal fait l’objet d’un transfert de la CNAF vers la CNAM (2,1 Md€). De même, si le congé paternité est versé par l’assurance maladie, il est financé par la branche famille à hauteur de 0,7 Md€ en 2023.
Depuis 2015, l’ensemble des dépenses d’IJ ont augmenté de 0,7 Md€, passant de 3,2 Md€ à 3,9 Md€ en 2023, soit une hausse de 19 %. La hausse des dépenses observées depuis 2015 est particulièrement importante pour le congé paternité, notamment en lien avec l’allongement de la durée moyenne de congé à partir de 2021, qui fait plus que compenser la baisse concomitante des effectifs de bénéficiaires.
1Est ici retenu le nombre de naissances vivantes estimé par l’INSEE.
2Cette durée moyenne est une estimation provisoire, qui ne tient pas compte des congés les plus longs, initiés en 2023 terminés en 2024. Cette durée moyenne pourra donc être légèrement revue à la hausse dans les données définitives. A titre indicatif, la durée moyenne d’arrêt pour les femmes en 2022 était de 130 jours en 2022
Source des données :
Les données présentées sont issues du Système national des données de santé (SNDS), extraites par la DSS ou pas la Caisse nationale de l’Assurance maladie (CNAM).
Pour aller plus loin
Organisme responsable de la production de l’indicateur : DSS
Intégralité du REPSS - Famille - Edition 2025
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Synthèse du REPSS - Famille - Edition 2025
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Données du REPSS - Famille - Edition 2025
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