Objectif n°1 : Assurer un niveau de vie adapté aux personnes en perte d’autonomie

2.1.2. Contribution de l’allocation aux adultes handicapés (AAH) au pouvoir d’achat de ses bénéficiaires

Résultats

Le montant de l’AAH a augmenté de 24 % en euros constants depuis 2009
L’indicateur retenu ici est l’évolution de l’allocation aux adultes handicapés (AAH), minimum social spécifique à la population reconnue handicapée. Ce minimum social a été, au cours de la dernière décennie, nettement plus dynamique que le RSA (+24 % en euros constants vs. +11 % entre 2009 et 2020, cf. graphique 1), et plus dynamique que l’inflation.
Or, les revenus des personnes en situation de handicap comprennent plus souvent des prestations sociales non contributives. Ainsi, les minima sociaux représentent 8,7 % de leur revenu disponible, contre 1,9 % en population générale (Drees, Panorama 2020 de l’Aide et de l’Action sociales en France, fiche 18).
L’AAH diminue l’intensité et le taux de pauvreté des personnes en situation de handicap. Bien que son montant soit inférieur au seuil de la pauvreté monétaire, elle peut être cumulée avec d’autres prestations ou avec des revenus d’activité. Par exemple, un bénéficiaire de l’AAH ne disposant d’aucun revenu personnel et dont le taux d’incapacité est supérieur à 80 % pourra bénéficier de la majoration pour la vie autonome (105 € par mois). Il percevra également les aides au logement. Ainsi, en 2019, son niveau de vie est supérieur au seuil de pauvreté (116 % de celui-ci). A l’inverse, pour un couple sans enfant ne disposant d’aucun revenu personnel, et dont l’un des membres est bénéficiaire de l’AAH avec un taux d’incapacité supérieur à 80 %, le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté (81 % de celui-ci) (Drees, Panorama 2019, minima sociaux et prestations sociales, fiche 4).

Graphique 1 ● Montant versé au titre de l'AAH et du RSA, pour une personne seule

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Lecture : en euros constants, le montant de l’AAH atteignait, en 2010, 103 % de celui constaté en 2009. Il atteignait 112 % en 2013.
Champ : montants AAH et RSA, en euros constants, base 100 en 2009
Source : Drees-DSS
 

La question dite, du GALI (Global Activity Limitation Indicator ou « indicateur global de restriction d’activité »), vise à évaluer la dimension fonctionnelle de la santé, c’est-à-dire les retentissements que la mauvaise santé et les troubles fonctionnels peuvent avoir sur les restrictions des personnes dans leurs activités du quotidien. La question est formulée ainsi : Êtes-vous limité(e) depuis au moins six mois à cause d'un problème de santé, dans les activités que les gens font habituellement ? Oui, fortement limité(e) / Oui, limité(e), mais pas fortement / Non pas limité(e) du tout.
Sont considérées comme étant handicapées les personnes répondant « oui, fortement » à cette question (Baradji, 2021)

Le niveau de vie d’un ménage est égal à son revenu disponible divisé par le nombre d’unités de consommation (UC) qu’il contient. Les unités de consommation sont calculées selon l’échelle d’équivalence dite de l’OCDE modifiée, qui attribue 1 UC au premier adulte du ménage, 0,5 UC aux autres personnes âgées de 14 ans et plus et 0,3 UC aux enfants de moins de 14 ans. Le revenu disponible d’un ménage, considéré ici, comptabilise tous les revenus, y compris les prestations sociales, et est calculé après déduction des impôts directs. Il correspond ainsi aux ressources dont ce ménage dispose pour consommer et épargner.
Les personnes en situation de handicap bénéficient d’aides spécifiques visant à compenser cette situation : la prestation de compensation du handicap (PCH) permet, par exemple, de financer les dépenses d’aménagements, d’accessoires ou d’options rendus nécessaires par le handicap. D’autres aides sont spécifiques à l’aménagement du logement, l’adaptation du véhicule ou facilitent le recours à une tierce personne pour assister la personne en situation de handicap dans les actes de la vie quotidienne (indicateur n°2-6). Ces prestations en nature ne sont pas prises en compte dans le calcul du niveau de vie (et donc du taux de pauvreté). Les dépenses spécifiques au handicap ne sont d’ailleurs généralement pas prises en compte dans les dépenses de consommation.

L’indicateur présenté en tableau 1 retient une approche relative de la pauvreté, en écart au niveau de vie médian. Trois enquêtes sont mobilisées (SRCV 2018, ERFS 2010 et 2017) et fournissent des ordres de grandeur comparables : selon ERFS 2010, le niveau de vie moyen des personnes handicapées âgées de 15 à 64 ans s’élève à 90 % du niveau de vie médian des personnes sans handicap du même âge – il est de 82% pour les personnes handicapées dont la déficience est sévère. Selon ERFS 2017, comparé à l’ensemble des ménages, le niveau de vie médian mensuel des ménages dont au moins un membre est handicapé est de 84 % de celui de l’ensemble des ménages. Enfin, selon SRCV 2018, le niveau de vie moyen des ménages avec au moins une personne handicapée est de 88% de celui de l’ensemble de la population. Les variations entre les études viennent essentiellement de choix méthodologiques – notamment de définition de la population handicapée. Ces trois enquêtes ont en commun de restreindre le champ aux ménages ordinaires, les personnes handicapées résidant en établissement médicosocial dont, en conséquences, exclues.
 

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