Finalité

Les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) interviennent dans l’attribution de nombreux droits et prestations au profit des enfants ou des adultes en situation de handicap. L'évaluation de la situation de l'usager par l'équipe pluridisciplinaire, qui permet de déterminer son droit à la compensation, de lui proposer l’attribution de droits et prestations, une allocation, l’attribution d’une carte, ou de l’orienter vers un établissement ou un service, représente la phase cruciale de l'instruction des dossiers. Les droits et prestations sont attribués par la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH)  Les délais de traitement des dossiers sont un des indicateurs relatifs à l’accès aux droits des personnes en situation de handicap. C’est pourquoi le gouvernement a fixé plusieurs objectifs, notamment de fournir une réponse en moins de quatre mois concernant l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH), et en moins de trois mois pour les demandes d’allocation adulte handicapé (AAH). Cette fiche revient, plus globalement, sur les délais constatés par la CNSA entre la recevabilité  de la demande en MDPH et la décision prise ou l’avis rendu.

Résultats

En 2023, près de 1,8 million de personnes ont déposé au moins une demande d’attribution de droits aux MDPH, ce qui représente un peu plus de 26 personnes pour 1 000 habitants. A la suite de ces demandes, 3,8 millions de droits ont été attribués par les MDPH. Comme en 2022, 42 % de ces droits accordés sont liés à l’emploi (y compris l’allocation aux adultes handicapés – AAH), 29 % aux attributions de cartes de stationnement ou d’invalidité. 
Les délais moyens de traitement sont restés globalement stables entre 2022 et 2023 (cf. tableau 1) : ils se sont élevés à 4,6 mois pour les prestations enfants (après 4,4 en 2022), 4,7 pour les prestations adultes (stable par rapport à 2022). Les durées d’attributions peuvent cependant différer significativement entre les prestations. Pour les orientations scolaires par exemple, la durée moyenne de traitement s’est élevée à 3,9 mois en 2022 (3,8 mois en 2022), tandis que pour les prestations de compensation du handicap (PCH), la durée est restée nettement plus élevée (5,9 mois en 2023, un délai identique à celui observé en 2022). Cet écart s’explique par le fait que ces attributions sont plus complexes à instruire dans la mesure où elles peuvent nécessiter une visite à domicile et l’intervention de plusieurs professionnels extérieurs à la MDPH : la PCH est une aide individualisée par nature.

Tableau 1 ● Délai moyen de traitement par les MDPH selon la nature de la demande
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Source : CNSA, Résultats de l’enquête annuelle adressée aux MDPH. 

Depuis le 1er janvier 2019, les personnes dont le handicap n’est pas susceptible d’évoluer favorablement n’ont plus à renouveler certaines demandes de droits : ces droits leur sont maintenant attribués à vie pour faciliter leurs démarches administratives. Cette mesure concerne l’allocation adulte handicapé (AAH)  et la carte mobilité inclusion (CMI). Depuis le 1er janvier 2020, elle concerne également la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH).
De la même manière, et pour simplifier le parcours des parents, l’allocation d’éducation de l’enfant en situation de handicap (AEEH) est attribuée jusqu’aux 20 ans de l’enfant dont le handicap ne présente pas d’évolution favorable. Cette mesure est applicable depuis le 1er janvier 2019.
 

Construction de l’indicateur

Depuis 2007, la CNSA adresse aux MDPH un questionnaire relatif à leur activité et à leur fonctionnement. Celui-ci détaille, entre autres par prestation, droit, orientation et avis, l’activité de la MDPH (en termes de demandes, de premières demandes, de décisions et d’accords, de délai moyen de traitement des demandes, etc.).
Le délai moyen de traitement est calculé en tenant compte du nombre de jours écoulés entre la date de recevabilité de la demande et la date de la décision relative à chacune de ces demandes pour toutes les décisions prises au cours de l’année considérée, divisé par le nombre de décisions prises au cours de l’année, divisé par 30,4375 (valeur utile pour que l’unité de compte soit le mois).
Le délai moyen de traitement des demandes correspond au nombre de jours écoulés entre la date de recevabilité de la demande et la date de la décision relative à chacune de ces demandes.

Pour la deuxième année consécutive, les données individuelles contenues dans l’entrepôt de données national issu des systèmes d’information harmonisés des MDPH (le « Centre de données ») ont été agrégées pour compléter les données déclarées par les MDPH. L’année 2023 observée à travers la campagne d’enquête 2024 repose sur les données déclaratives de 96 MDPH, complétées des données du SI harmonisé pour 64 MDPH.

Par ailleurs, les données présentées font l’objet de redressements statistiques (qui consistent à remplacer une valeur manquante ou aberrante par une valeur statistiquement plus plausible basée sur d’autres informations disponibles) afin de fournir des résultats représentatifs pour la France entière. Elles peuvent dès lors différer de celles présentées dans des communications qui reposent sur les données déclarées, sans dimension de redressement statistique. Elles peuvent également différer des séries précédemment diffusées, et portant sur l’activité des MDPH, car les critères et méthodes d’imputation ont été retravaillées entre les exercices.

Précisions méthodologiques 
Les délais présentés sont à nuancer pour plusieurs raisons :

  • D’abord, le délai est ici calculé selon la date de recevabilité de la demande ; or, certaines MDPH le calculent à partir de la date du dépôt de la demande. Ainsi, calculé à partir de la date de dépôt, le délai moyen de traitement des demandes est majoré des délais de réception des pièces obligatoires et des pièces complémentaires, qui n’incombent pas aux MDPH mais aux personnes.
  • Pour les enfants, il existe un droit d’option entre la PCH et les compléments d’AEEH, qui doit être systématiquement étudié, à chaque renouvellement. Compte tenu du fait que le délai moyen de traitement de la PCH est plus long que celui de l’AEEH, l’étude du droit d’option augmente le délai moyen de traitement de l’AEEH car les deux propositions sont soumises conjointement à la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) pour décisions.
     

Organisme responsable de la production de l’indicateur : CNSA

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  • Synthèse du REPSS - Autonomie - Edition 2025 504 KB   Télécharger
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