En 2022, en France métropolitaine, parmi les 18 millions de personnes qui ont 60 ans ou plus, 16,7 millions vivent à leur domicile. Parmi eux, 41 % des personnes sont confrontées à des limitations fonctionnelles sévères (problèmes de vue ou d’audition malgré une correction, difficultés pour monter un escalier, trous de mémoire fréquents, difficultés à se faire comprendre des autres, etc.) et 26 %, à des restrictions importantes dans leurs activités quotidiennes en raison d’un problème de santé. L’allongement de l’espérance de vie, et l’arrivée des babyboomer à l’âge de la retraite, créent de nouveaux besoins en matière d’aide et d’accompagnement à domicile. Dans ce contexte, la prévention de la perte d’autonomie devient une priorité de santé publique pour permettre à chacun de continuer à vivre dans son logement, dans des conditions dignes et sécurisées, de retarder l’entrée dans la dépendance et de préserver la qualité de vie des personnes vieillissantes. 

Les dispositifs adaptés aux différents stades de la perte d’autonomie

Depuis la loi « Bien vieillir » de mars 2024, la prévention de la perte d’autonomie est structurée en trois niveaux : primaire, secondaire et tertiaire, permettant de détecter la perte d’autonomie à tout stade de son développement et de mettre en place des dispositifs adaptés en fonction des besoins de la personne. 
Le périmètre de la perte d’autonomie est toutefois difficile à tracer, et interroge sur le ciblage des dispositifs mis en place. A titre illustratif, la prévention primaire, qui vise à éviter l’apparition de la perte d‘autonomie en promouvant un mode de vie sain, ne cible pas spécifiquement les personnes âgées, mais s’adresse à l’ensemble de la population. Elle correspond à des bilans de prévention proposés par l’Assurance maladie aux différents âges de la vie (18-25 ans, 45-50 ans, 60-65 ans et 70-75 ans), ou encore à des ateliers collectifs de prévention, à la vaccination, ou à des aides techniques au logement. 
La prévention tertiaire cible quant à elle bien les personnes âgées, mais intervient lorsque la perte d’autonomie est déjà installée. Elle a pour objectif de limiter ses conséquences, et elle consiste en une prise en charge globale et coordonnée, associant soins médicaux, accompagnement social, rééducation fonctionnelle et soutien psychologique. Les dispositifs mis en place à ce titre peuvent inclure des aides humaines (aide à domicile, auxiliaires de vie), des aides techniques adaptées tels que des fauteuils roulants, l’aménagement du logement, ainsi que l’accès à des structures de répit pour les aidants.
La prévention secondaire intervient chez les personnes âgées dès l’apparition des premiers signes de fragilité, dans le but de repérer les facteurs de risque de perte d’autonomie et d’éviter la dépendance. Elle s’adresse aux personnes présentant des difficultés dans leur déplacements, des pertes d’équilibre, des troubles de la mémoire ou une fatigue inhabituelle. Cette fiche s’intéresse aux dispositifs spécifiquement mis en place dans le cadre de la prévention de la perte d’autonomie des personnes âgées.

Les dispositifs médicaux de prévention de la perte d’autonomie

Le programme ICOPE (Integrated Care for Older People), élaboré par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et déployé en France en 2019, notamment en Occitanie (région expérimentatrice), vise à prévenir la dépendance en identifiant précocement les facteurs de fragilité chez les personnes âgées de 60 ans et plus. Il se déroule en cinq étapes : le repérage auprès d’un professionnel de santé, l’évaluation clinique approfondie, élaboration d’un plan de soins personnalisé, le suivi de parcours de soins régulier par un professionnel ou un aidant formé et enfin la mobilisation des ressources territoriales pour assurer la continuité des soins et l’adaptation de l’environnement. 

Dans le cadre du programme ICOPE, les soins proposés sont adaptés aux besoins de chaque personne, en fonction des fragilités repérées lors de l’évaluation de six fonctions, la mobilité, la cognition, l’audition, la vision, l’humeur et la nutrition. 
Au 1er janvier 2025, plus de 70 000 seniors ont intégré le programme ICOPE, bénéficiant d’un suivi par des professionnels de santé sur leur territoire. L’objectif du déploiement de ce programme est d’atteindre 500 000 participants en cinq ans et 2 millions en dix ans. 

Les dispositifs d’aide humaine et technique adaptée

Au-delà du soin, l’accompagnement et la prévention passent aussi par la mise en place adaptée d’aides humaines et techniques. Le programme OSCAR ou le plan antichute permettent de mettre en place des interventions ciblées, ayant pour objectif de permettre aux personnes âgées de rester le plus longtemps possible à leur domicile.
Le programme OSCAR (Offre de service coordonnée pour l’accompagnement de votre retraite) est un dispositif d’accompagnement pour les retraités ne bénéficiant pas de l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA). Il propose un plan d’aides personnalisé comprenant des prestations telles que la téléassistance, l’accompagnement informatique, le portage de repas, ou encore des conseils en prévention à domicile. Ces prestations sont prises en charge à 100 % par l’Assurance retraite, dans la limite d’un plafond annuel de 500 € par bénéficiaire. 

Le plan national triennal antichute des personnes âgées lancé en 2022, vise à réduire de 20% les chutes mortelles ou invalidantes des personnes de 65 ans et plus d’ici 2024. En effet, chaque année, les chutes des personnes âgées entrainent plus de 100 000 hospitalisations et 10 000 décès. Ce plan s’articule en cinq axes : savoir repérer les risques de chute et alerter, aménager les logements, mettre en place des aides techniques à la mobilité, développer l’activité physique et la téléassistance. 
Enfin, pour aider les personnes à aménager leur logement, le dispositif Ma Prime Adapt’ a été mis en place en janvier 2024, et permet de financer les travaux d’adaptation du logement, tels que l’installation de douches de plain-pied, de barres d’appui, de monte-escaliers ou encore l’élargissement de portes. Portée par l’Agence nationale de l’habitat (Anah), cette aide s’adresse aux personnes en situation de perte d’autonomie ou de handicap, sous conditions de ressources. Elle couvre jusqu’à 70 % du coût des travaux, dans la limite de 22 000 €, selon les revenus du foyer. 

En 2023, 1,6 Md€ de financements publics consacrés à la prévention de la perte d’autonomie

Les financements publics qui consacrés à la prévention de la perte d’autonomie peuvent être évalués à 1,6 Md€ en 2023. Néanmoins, il s’agit d’un champ partiel, les dépenses d’action sociale extralégale des collectivités territoriales, majoritairement mises en œuvre par les communes, ne pouvant être précisément retracées. Ces montants doivent donc être considérés comme minorants, et la fraction de la dépense prise en charge par la Sécurité sociale comme majorante.

Sur le champ retenu, la Sécurité sociale finance près de 90 % des dépenses, et la branche autonomie (CNSA) assure près de la moitié de ces financements. Ces derniers ne correspondant pas à des dispositifs spécifiques de prévention, mais principalement au financement des EHPAD ou SSIAD accueillant des résidents évalués en GIR 5 et GIR 6 (38 %), au versement du forfait autonomie en résidence autonomie et au financement d’actions de prévention via la Conférence des financeurs.


Graphique 1 ● Répartition des dépenses en faveur de la prévention de la fragilité des personnes âgées en 2023

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Source : PLFSS 25 – Annexe 7 Autonomie

Les caisses de retraite mettent en œuvre une politique d’action sociale visant à prévenir la perte d’autonomie, notamment via le dispositif Oscar, mais aussi via la participation de financement des aides à l’adaptation des logements.

La CNAV finance principalement les dispositifs suivants : le programme OSCAR avec un budget de 210 M€, l’évaluation globale des besoins à hauteur de 35 M€, les aides d’urgence pour 6 M€, ainsi que l’aide à l’adaptation du logement pour un montant de 19 M€.

 

Le programme ICOPE : https://www.icope-occitanie.ars.sante.fr/

Le dispositif Ma prime adapt’ : MaPrimeAdapt’ : nouvelle aide pour adapter son logement à la perte d’autonomie

CNSA. (2025, mars). Rapport d'activité des conférences des financeurs de la prévention de la perte d'autonomie 2023. https://www.cnsa.fr/publications/rapport-activite-conferences-des-financeurs-prevention-perte-autonomie

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