Objectif n°3 : Garantir une offre adaptée sur tout le territoire
Cet indicateur contribue à mesurer les disparités en matière de prise en charge de la perte d’autonomie chez les personnes âgées, à partir de l’équipement. L’analyse en offre de places médico-sociales concerne à la fois le niveau de l’offre en établissements et services médico-sociaux et en établissements de soins de longue durée (ESLD).
Les disparités sont mesurées à l’aide de coefficients de variation (écart-type rapporté à la moyenne exprimé en pourcentage). Plus le coefficient de variation est élevé, plus les valeurs sont dispersées autour de la moyenne - une diminution du coefficient de variation signifie donc une réduction des écarts territoriaux.
En 2024, les taux d’équipements observés continuent leur régression, passant ainsi d’une moyenne nationale pour 1000 personnes âgées de 118 places en 2021 à 106 places en 2024. Cette baisse n’a pas été homogène sur le territoire, l’écart interdépartemental ayant augmenté de deux points pendant cette même période. Les taux d’équipement par département affichent une dispersion de 19 % autour de la moyenne nationale en 2024.
Plus généralement sur la période 2017-2024, les écarts interdépartementaux ont augmenté au fil des années, passant de 18 % en 2017 à 20 % en 2024, tandis que les écarts interrégionaux sont restés relativement stables autour de 17-18 %. Parallèlement, la capacité d'accueil moyenne des établissements et services médico-sociaux pour personnes âgées en France métropolitaine a diminué de manière significative de 14 % entre 2017 et 2024. Cette tendance à la baisse peut s’interpréter comme une diminution de la capacité des établissements et services médico-sociaux pour personnes âgées en France métropolitaine à faire face à la demande au cours de cette période, sous l’hypothèse que la proportion de personnes âgées ayant besoin d’un accompagnement médico-social n'a pas diminué sur la même période.
En termes de financement, après avoir diminué sur une tendance longue, les écarts inter-régionaux et surtout interdépartementaux ont augmenté de façon significative sur les deux dernières années, sans que le développement de l’offre en structure n’ait considérablement évolué.
Graphique 1 ● Ecart de taux d’équipements pour les personnes âgées

Source : traitement CNSA sur données Drees (FINESS)
Champ : France métropolitaine.
Lecture : en 2024, on compte en moyenne sur la France métropolitaine 106,4 places en établissements et services pour 1 000 personnes âgées de 75 ans et plus ; la moitié des départements dispose d’au moins 112,4 places pour 1 000 personnes âgées. On observe pour les régions une dispersion des taux d’équipement de 18 % autour de la moyenne nationale. Si l’on considère les départements, la dispersion est de 20 % autour de la moyenne nationale.
Graphique 2 ● Ecart de dépense d’équipements pour les personnes âgées de 75 ans et plus

Source : CNSA/Cnam - dépenses assurance maladie en euros par personne âgée
Champ : France métropolitaine.
*: valeurs régionales de l'indicateur tenant compte de la réforme
Lecture : en 2024 on compte en moyenne sur la France hors DOM une dépense de 2 918 € par personne âgée : la moitié des départements enregistre une dépense d’environ 3000 € par personne âgée. Sur ce secteur on observe pour les régions une dispersion de la dépense par personne âgée de 8 % autour de la moyenne nationale. Si l’on considère les départements, la dispersion est de 18 % autour de la moyenne nationale.
Analyse des disparités de capacités d’accueil
En résumé, les écarts interdépartementaux ont peu augmenté au fil des années, passant de 18 % en 2017 à 20 % en 2024, tandis que les écarts interrégionaux sont restés relativement stables autour de 17-18 %. Parallèlement, la capacité d'accueil moyenne des établissements et services médico-sociaux pour personnes âgées en France métropolitaine a diminué de manière significative, passant de 121,5 en 2017 à 106,4 en 2024.
Analyse des disparités financières
La mesure financière des écarts territoriaux exprimée en euros pour une personne âgée met en évidence : une diminution certaine des écarts interdépartementaux sur l’ensemble de la période 2006-2019 (-1,5 point) bien qu’irrégulière. En 2020, les écarts ont enregistré une hausse significative (+8,3 points par rapport à 2019) expliquée par le contexte sanitaire qui a marqué plus de départements que d’autres. Cela s’est traduit par des financements massifs pour les régions les plus affectées. L’impact des politiques régionales est également visible : d’une part, la période de la réforme territoriale portée par la Loi NOTRe a permis de continuer de resserrer les écarts interrégionaux et interdépartementaux, et d’autre part l’évolution des écarts interdépartementaux vs. les écarts interrégionaux à partir de 2019 montre que les ARS conduisent des politiques qui atténuent les effets d’offre et de consommation de soins. En 2021, les écarts inter-régionaux ont continué de diminuer de manière très significative en raison de la poursuite d’allocations crédits exceptionnels alloués dans le cadre du COVID ainsi que pour le Ségur de la Santé. Depuis 2022, en revanche, les écarts interdépartementaux et interrégionaux croissent sensiblement pouvant marquer la poursuite des effets redistributifs d’une politique d’organisation de l’offre à destination des personnes âgées, le dynamisme différencie de l’activité des infirmiers libéraux selon les territoires, les délais d’installation des dispositifs notamment lorsque ceux-ci sont co-financés avec les départements, etc. Il faut aussi souligner le poids des dépenses de ville qui génèrent de fortes variations inter-régionales.
Construction de l’indicateur
Les disparités d’équipements concernant les établissements et services pour personnes âgées sont désormais mesurées par les coefficients de variation des taux d’équipement et de la dépense en euros pour 1 000 personnes âgées de 75 ans et plus. Le coefficient de variation correspond à l’écart-type des taux d’équipement pour 1 000 personnes de 75 ans et plus, mesuré alternativement entre les départements et les régions, rapporté à la moyenne globale de la France métropolitaine et exprimé en pourcentage. L'écart type est la mesure de dispersion la plus couramment utilisée en statistique pour mesurer la dispersion de valeurs autour de la moyenne.
Les indicateurs portent sur le périmètre des établissements et services médico-sociaux pour personnes âgées financés totalement ou partiellement par l’assurance maladie (identique à celui retenu dans l’indicateur n°1-11) et relèvent :
Le taux d’équipement pour 1 000 personnes âgées de 75 ans et plus est calculé en rapportant le nombre total de places en établissements et services médico-sociaux en faveur des personnes âgées de ces territoires (données FINESS) à la population des 75 ans et plus, estimée par l’Insee pour chaque année au 19 janvier 2022 et multiplié par 1 000.
La dépense en euros par personne âgée est calculée en rapportant la dépense de la branche autonomie relative à la prise en charge de la perte d’autonomie en faveur des personnes âgées (données Cnam) à la population âgée de 75 ans et plus (source Insee estimée chaque année au 19 janvier 2022).
Précisions méthodologiques
L’interprétation des évolutions des dispersions du taux d’équipement peut être affectée par l’hétérogénéité des pratiques locales pour la création de places nouvelles (en termes de choix de programmation, de politique de coût ou de diversification de l’offre, de choix de promoteurs et de délais de réalisation…). Par ailleurs, le recours aux actes infirmiers de soins (AIS) pour les bénéficiaires de plus de 75 ans, financés par les soins de ville, vient compléter l’offre d’équipement existante relative à la prise en charge des personnes âgées. Les accompagnements fournis par les Services autonomie à domicile (hors soins) ne sont pas non plus pris en compte, faute de données disponibles (cf. indicateurs n°1-11 et 1-12). En effet, tant le recours aux soins infirmiers libéraux que l’activité des SAD-aide ne peuvent pas être traduits en taux d’équipement, et sont donc exclus du périmètre de l’indicateur de taux d’équipement
Ainsi, la représentation de l’offre est partielle.
La réforme territoriale, prise en compte dans le calcul des indicateurs à partir de 2016, a eu un impact exclusivement sur les régions, mais a étendu la possibilité de modulation des priorités entre les départements pour les régions ayant fait l’objet d’un regroupement.
Organisme responsable de la production de l’indicateur : CNSA
Intégralité du REPSS - Autonomie - Edition 2025
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Synthèse du REPSS - Autonomie - Edition 2025
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Données du REPSS - Autonomie - Edition 2025
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