1.7. Allocation aux adultes handicapés (AAH)

Le suivi des bénéficiaires de l’allocation aux adultes handicapés (AAH) informe sur l’évolution de la prévalence du handicap et sur le niveau de compensation apporté par les pouvoirs publics aux personnes concernées.

Le nombre de bénéficiaires de l’AAH est de 1,24 million fin 2020

L'allocation aux adultes handicapés (AAH), créée par la loi du 30 juin 1975, est une aide financière qui permet d'assurer un minimum de ressources aux personnes âgées de 20 ans ou plus (16 ans si le bénéficiaire n’est plus à la charge d’un foyer allocataire des prestations familiales), en situation de handicap ou atteintes d'une maladie chronique ou invalidante. Cette aide est attribuée sous deux types de conditions. D’une part sous certaines conditions médicales (critères d’incapacité), examinées par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH) constituée dans chaque Maison départementale des personnes handicapées (MDPH). D’autre part sous certaines conditions administratives (critères d’âge, de résidence et de ressources), étudiées par les organismes payeurs (Cnaf et MSA, cf. précisions méthodologiques). Elle se distingue des autres minima sociaux, en ce qu’elle est une prestation individuelle avec prise en compte des ressources « familialisées », qu’elle prend en compte la composition familiale lors de la détermination du niveau de la prestation (sans impact cependant sur le montant lorsqu’il n’y a pas de ressources) et qu’elle interagit avec la prime d’activité.
Fin 2020, 1,24 million de foyers bénéficient de l’allocation adultes handicapés (cf. graphique 1) . Il s’agit de la première aide en nombre d’allocataires à destination des personnes en situation de handicap. En tenant compte des conjoints et des enfants à charge, l’AAH couvre 2,4 % de la population.

Depuis 2002, l’AAH a connu 3 grandes phases d’évolution. Sur la période 2002-2007, le nombre de bénéficiaires a augmenté de 1,6 % par an en moyenne, en ralentissement par rapport aux années précédentes, où il progressait en moyenne de 2,5 % par an. La croissance des effectifs s’explique en partie par l’augmentation de la population âgée de 45 à 60 ans (générations du baby-boom), la prévalence du handicap augmentant avec l’âge. L’augmentation de l’espérance de vie des personnes handicapées et donc de la durée de perception de l’AAH contribuent également à la progression des effectifs.
De 2007 à 2012, la progression du nombre de bénéficiaires s’est accélérée, pour s’établir à + 4,2 % par an en moyenne. Cela fait suite à de l’assouplissement des conditions d’accès à l’allocation, notamment avec l’augmentation des plafonds d’éligibilité dans le cadre du plan de revalorisation de 25 % de l’AAH sur cette période. En 2011, s’y est ajouté le recul de l’âge minimal de départ à la retraite qui repousse la fin de droit à l’AAH, pour les personnes dont le taux d’incapacité est compris entre 50 % et 79 %.

Entre 2013 et 2020, le nombre de bénéficiaires de l’AAH progresse moins rapidement. Il a retrouvé une croissance comparable à celle qui était observée avant 2002, soit +2,8 % par an en moyenne. 2019 et 2020 marquent des années avec des évolutions singulières, + 5,3 % en 2019 et + 1,4 % en 2020.

Ainsi, depuis 10 ans, en raison des évolutions démographiques, du contexte économique, du recul de l’âge moyen de la retraite et des revalorisations successives de la prestation, les effectifs de bénéficiaires ont augmenté de plus d’un tiers, soit 323 000 personnes. 

La croissance est essentiellement portée par les bénéficiaires dont le taux d’incapacité est compris entre 50 et 80 % (+ 90 % depuis 2010), et dans une moindre mesure par les bénéficiaires dont le taux d’incapacité est supérieur ou égal à 80 % (+ 7 %). En 2020, 52 % des allocataires bénéficient de l’AAH au titre d’une incapacité supérieure à 80 %.
L’AAH est versée à taux plein au bénéficiaire qui ne dispose d’aucune ressource prise en compte après l’application des diverses mesures favorables (certaines catégories de ressources ne sont pas du tout prises en compte, d’autres ne le sont que partiellement). L’AAH au taux partiel complète les ressources des allocataires dont le montant des revenus est inférieur à celui de l'AAH.
Près d’un bénéficiaire sur deux est une femme (48 %). 56 % des femmes perçoivent l’AAH à taux plein, contre 62 % des hommes (cf. graphique 2 et précisions méthodologiques).
La situation la plus fréquente est celle d’un homme percevant l’AAH à taux plein, avec un taux d’incapacité supérieur à 80 % (17 % de l’ensemble des bénéficiaires de l’AAH en 2020). En juin 2020, plus des trois quarts des bénéficiaires de l’AAH par la Cnaf sont des personnes isolées, pour 92 % d’entre elles, sans enfant. 
 

Graphique 1 ● Bénéficiaires de l'allocation aux adultes handicapés (AAH)

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Source : Cnaf, MSA

Graphique 2 ● Répartition des bénéficiaires de l'AAH selon le sexe, le taux d'incapacité et le type d'allocation en décembre 2020

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Source : Cnaf, MSA 
Champ : France entière.

 

Les bénéficiaires de l’AAH sont inégalement répartis sur le territoire

En 2020, 24 personnes âgées de 20 ans ou plus sur 1000, bénéficient de l’AAH sur l’ensemble du territoire. Ce taux varie fortement selon les départements. Il est inférieur à 15 pour 1000 en Haute-Savoie, dans les Yvelines ou à Mayotte, et supérieur à 40 pour 1000 en Lozère, et dans la Nièvre (cf. cartes). Dans des travaux récents, la Drees a montré que les trois quarts des écarts entre départements s’expliquent par des facteurs sociodémographiques (âge, état de santé de la population, comportements à risques), sanitaires (offre d’hébergement dans les établissements dédiés aux personnes handicapées) et économiques (chômage, niveau de vie du territoire) .

La proportion de bénéficiaires de l’AAH à taux plein parmi l’ensemble des bénéficiaires, s’établit à 59 % pour la France entière. Elle est la plus faible dans la Lozère, le Cantal, la Mayenne, la Haute-Loire, la Manche, et l’Aveyron (inférieure à 50 %), et dépasse 70 % dans les DROM. Les départements dans lesquels la part des bénéficiaires au taux plein est la plus élevée sont en moyenne davantage marqués par le chômage et de faibles niveaux de vie. Ceci est lié au fonctionnement même de la prestation : l’AAH étant une prestation différentielle, son montant à taux plein n’est versé qu’en l’absence d’autres ressources.

En juin 2020, parmi les bénéficiaires de l’AAH, 81 % n’ont pas d’activité professionnelle, 10 % une activité en milieu ordinaire et 8 % travaillent en établissement et service d’aide par le travail (ESAT).
 

Cartes ● Répartition des bénéficiaires de l’AAH selon le département, en 2020

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Source : Cnaf, MSA. ©geofla 2019

Sources des données : Données sur les bénéficiaires de l’AAH de la Cnaf et de la MSA.

Précisions sur le dispositif : 

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Montant de l'AAH. L’AAH est une prestation différentielle, calculée par référence à un montant maximum (le taux plein), fixé par décret. De 900 € par mois depuis novembre 2019, il a été porté à 902,70 € au 1er novembre 2020 puis à 903,60 € au 1er avril 2021. L’AAH peut varier selon la situation professionnelle, les ressources, la situation de famille et le nombre de personnes à charge du bénéficiaire. En présence de ressources, elle est versée à taux réduit. Enfin, l'AAH est attribuée pour des durées variables en fonction du taux de handicap et de sa nature, susceptible ou non d'évolution favorable. 

Compléments de l’AAH : Sous certaines conditions liées à l’occupation d’un logement indépendant, l'AAH peut être cumulée avec la majoration pour la vie autonome (MVA) qui s’élève à 104,77 € par mois. Le complément de ressources (CPR) d’un montant de 179,31 €, a été supprimé au 1er décembre 2019. Cependant, les personnes percevant cette aide continuent d’en bénéficier sous réserve de remplir les conditions d'attribution. En juin 2020, 13 % des bénéficiaires de l’AAH percevaient une MVA, et 5 % un CPR. 

Pour en savoir plus : Se référer aux publications « Prestations légales – aides au logement – revenu de solidarité active », Cnaf et « Panorama des minimas sociaux », Drees.
 

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