Dispositifs spécifiques
L’allocation du fonds de cessation anticipée d’activité des travailleurs de l’amiante (Fcaata, institué par les LFSS de 1999, 2000 et 2001) est servie aux travailleurs atteints de maladies professionnelles liées à l’amiante. Ces travailleurs peuvent bénéficier d’une retraite anticipée pour un âge compris entre 50 ans (âge minimal d’entrée dans le dispositif) et 65 ans. L’allocation cesse d’être versée lorsque le bénéficiaire remplit les conditions requises pour bénéficier d’une retraite à taux plein (soit, au plus tard, à 65 ans). En effet, le décalage progressif de l’âge légal et de l’âge du taux plein prévu par les lois réformant les retraites de 2010 et de 2023 ne s’appliquent pas aux allocataires ; en contrepartie, un transfert au bénéfice de la Cnav est porté à la charge du fonds.
Cette allocation est destinée à trois catégories de travailleurs :
Pour que les travailleurs de ces secteurs soient éligibles à l’allocation, les établissements des listes 1 et 2 doivent figurer sur une liste établie par arrêté des ministres chargés du travail, de la sécurité sociale et du budget.
Au 31 décembre 2024, en données cumulées depuis la création du Fonds, 68 % des allocataires sont entrés dans le dispositif en tant qu’anciens salariés d’un établissement inscrit sur la liste 1, 28 % étaient d’anciens salariés d’établissements de la liste 2 et 4 % étaient atteints d’une maladie liée à l’amiante (liste 3) (cf. Graphique 1). Les listes ont peu évolué jusqu’en 2022, la quasi totalité des entreprises des secteurs éligibles au dispositif y étant déjà inscrites. Toutefois, l’arrêté du 29 décembre 2022 a inscrit de nouveaux ports sur la liste, expliquant le rebond des effectifs fin 2024, et dont on pouvait voir les prémisses fin 2023. On constate une forte progression des entrées, et une baisse encore plus importante des sorties, ce qui laisse envisager un changement de tendance des effectifs à court terme. Les entrées au titre de la liste 2, en recul depuis 2003, sont reparties à la hausse (+18 % en 2024), tandis que le nombre d’entrées au titre des maladies professionnelles, longtemps stable en valeur absolue et en baisse rapide depuis début 2007, a progressé de 14 % en 2024. Par ailleurs, en régression globale depuis 2003, les entrées au titre de la liste 1, qui suivent une tendance à la baisse depuis 2018, ont progressé de 24 % en 2024.
À partir de 2008, compte tenu de la durée de présence dans le Fonds, estimée à environ 5 ans en moyenne, le nombre de bénéficiaires présents dans le dispositif du Fcaata commence à se réduire, sous l’effet d’une progression continue des flux de sortie. En 2024, le nombre de bénéficiaires croît pour la première fois depuis 16 ans, soit 100 allocataires en plus par rapport à 2023 (cf. Graphique 2). Après une forte croissance au début des années 2000, l’effectif d’allocataires du Fcaata a décru tendanciellement depuis 2010, passant, conformément aux prévisions, sous la barre des 10 000 en 2020.
Le montant mensuel de l’Acaata servie est proportionnel aux derniers salaires perçus par le bénéficiaire (cf. précisions méthodologiques). Son montant moyen atteint 2 703 € mensuels en 2024 (cf. Graphique 3) et augmente fortement sur un an (+7,3 %), l’allocation ayant bénéficié d’une revalorisation de 5,3 % en moyenne annuelle. Contrairement au nombre de bénéficiaires du Fcaata, le montant mensuel moyen de l’Acaata brute croît continuellement sur la période. Cette augmentation est due aux revalorisations annuelles des allocations déjà liquidées et aux montants plus élevés attribués aux nouveaux allocataires.
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Graphique 1 ● Flux annuels de nouveaux allocataires du Fcaata par mode d’entrée

Source : Cnam (application AGATA), jusqu’en 2024.
Graphique 2 ● Effectifs d’allocataires du Fcaata au 31 décembre

Source : Cnam jusqu’en 2022 (chiffres arrondis) et projections CCSS de septembre pour 2023.
Graphique 3 ● Montants mensuels bruts moyens de l’Acaata

Source : Cnam jusqu’en 2022 et projections CCSS de septembre pour 2024.
Construction de l’indicateur
Le nombre de personnes présentes en préretraite Fcaata est comptabilisé par différence entre les flux mensuels de nouveaux allocataires et les flux mensuels de sortie du dispositif - pour motif de décès ou de départ en retraite. Ces données sont fournies par l’application AGATA de la Cnam.
Le nombre de personnes indemnisées par le FIVA et celui d’allocataires du Fcaata ne sont pas cumulables, certaines victimes pouvant bénéficier des deux.
L’allocation des travailleurs de l’amiante est calculée en fonction de la moyenne actualisée des salaires mensuels bruts des 12 derniers mois d’activité salariée (pour lesquels ne sont pas prises en compte les périodes d’activité donnant lieu à rémunération réduite). Elle est égale à 65 % du salaire de référence dans la limite du plafond de la sécurité sociale (soit 3 925 € mensuels en 2024), et à 50 % de ce salaire pour la fraction comprise entre une et deux fois ce plafond.
Toutefois, le montant de l’allocation ne peut être inférieur à 120 % du montant minimal de l’allocation spéciale du Fonds national de l’emploi (AS-FNE), soit 1 187,25 € bruts mensuels pour 2024, sans toutefois être supérieur à 85 % du salaire de référence de la personne. Une fois liquidée, l’Acaata est revalorisée chaque année comme les pensions.
Organisme responsable de la production de l’indicateur : DSS
Intégralité du REPSS - ATMP - Edition 2025
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Synthèse du REPSS - ATMP - Edition 2025
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Données du REPSS - ATMP - Edition 2025
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